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Technique et esthétique des photographies de la 7ème édition du festival de la photographie contemporaine de Bamako

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par Mélanie BEREHOUC
Université Paris III Sorbonne nouvelle - Master 1 conception et direction de projets culturels 2009
  

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2. Invention de nouvelles formes

Comme nous venons de le constater, les photographies étudiées se présentent sous des aspects différents. Cependant, leur réalisme nous permet de retracer le geste du photographe, son regard, sa personnalité mais aussi ses influences et sa technique. Dans cette sous-partie, nous allons nous intéresser à sa technique.

4%

4%

4%

6%

4%

21%

Techniques

25%

19%

13%

Photo montage Recherche de perspective Photo artistique Photo prise au sol Photo portrait

Photo préparée - mise en scène

Mode rafale

Photo studio

Photo prise à la volée

Ce premier graphique nous montre les différentes façons de travailler des photographes. En effet, les oeuvres proposées ont été élaborées selon des techniques différentes dont la principale catégorie (25%) peut être qualifiée de « photographie artistique ». Ces photographes ont cherché à exprimer le beau empirique au travers de leur appareil photo. A contrario, la deuxième catégorie de photographies (21%) correspond aux photos prises à la « volée » c'est à dire que les photographes ont photographié leur sujet au hasard selon les traditions du reportage photo. À côté de ça, on trouve les photographies montages (19%) et les photographes qui ont favorisé la recherche de perspective dans leur prise de vue (13%).

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À côté de ces résultats, nous allons également trouver des photographies de type portrait (6%), des prises de vue tirées uniquement du sol (4%), des photographies préparées en avance avec des mises en scène particulière (4%), certains photographes ont favorisé la technique du mode rafale de leur appareil photo numérique (4%) et enfin, des clichés pris selon la technique des studio photo (4%). On notera également que environ 30% des photographes n'ont pas préparé leur prise de vue contre 70%.

Ces premières données, nous permettent de constater un premier élément : cette nouvelle génération d'artiste est hétérogène. Nous pouvons déjà déceler différentes personnalités artistiques qui utilisent des techniques parallèles. Ces différences s'expliquent par leur formation. En effet, certaines formations vont favoriser le reportage photographique à la technique, d'autres l'inverse. Comme nous le savons, il existe plusieurs métiers de photographes : photographe-reporter, photographe de mariage, photographe d'architecture, photographe de studio, etc. Qu'on soit en Afrique ou en Europe, il existe différentes façons de réussir dans ce métier et de se spécialiser dans un domaine bien précis. Cette spécialisation va dépendre des études suivies. En l'occurrence, les analyses précédentes nous montrent que les photographes africains ont aujourd'hui, différents profils professionnels.

La différence se poursuit dans le choix de l'utilisation de la couleur ou des clichés en noir et blanc. Ils sont majoritairement 55% à réaliser des photographies en couleurs, contre 41% en noir et blanc. Seul 4% utilisent les deux techniques. On notera le retour important du noir et blanc dans les clichés. En effet, comme nous l'avions expliqué, avant l'arrivée des studios photo, les anciens privilégiaient le noir et blanc car, selon eux, cela correspondait plus à la réalité du monde. Les studiotistes vont eux privilégier les clichés en couleur, symbole de modernité à l'époque. Aujourd'hui, on s'aperçoit que les deux techniques sont utilisées de façon presque égale. Si on prend quelques exemples de photographes connus dans le monde entier comme Cartier-Bresson ou Doisneau, leur photographie comptait un grand nombre de clichés en noir et blanc. L'ouverture des photographes africains à l'internationale leur a permis de connaître ces oeuvres et d'avoir le choix technique et artistique. Tandis que les studiotistes étaient guidés et régis par des codes techniques et esthétiques, la nouvelle génération se retrouve confrontée à une liberté artistique d'où ce retour au noir et blanc.

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De même, on l'a déjà expliqué, pour un studiotiste, l'erreur du placement est fatale pour l'agencement harmonieux des objets et des individus puisque tout est régi et codé par des règles bien précises. On sait également qu'ils recherchaient la netteté dans leur cliché, symbole d'une bonne photographie, refusant ainsi d'explorer le potentiel de leur appareil photo. C'est à partir de ces éléments que nous avons choisi d'analyser le choix du cadrage et de l'optique des photographes africains contemporains.

Cadrage et optique

Centrage / net

Décentrage / net

Centrage / flou

Décentrage / flou

Choix du cadrage variable /

net

Choix du cadrage variable / flou

8%

31%

18%

4%

37%

2%

Les photographies analysées sont à 37% décentrées et nettes, contre 31% qui ont leur sujet centré et net. Il faut savoir que le décentrage d'une photographie est un fait contemporain, ainsi que le flou et l'iréel qui correspond ici à 4% de photographies centrées et floues contre 18% décentrées et floues. On notera quelques photographes qui ont opté pour des cadrages variables dont 8% sont nets et 2% sont flous.

Toutes ces données nous permettent de constater que ces artistes cherchent à casser les codes de la photographie de studio. Rappelons-le les studiotistes devaient rester en accord avec la vision naturelle d'où la recherche de la netteté et proscrire les positions anarchiques. Aujourd'hui, les photographes africains ont dépassé cette mentalité et explorent les possibilités techniques qu'offrent le numérique ou l'argentique.

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