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Technique et esthétique des photographies de la 7ème édition du festival de la photographie contemporaine de Bamako

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par Mélanie BEREHOUC
Université Paris III Sorbonne nouvelle - Master 1 conception et direction de projets culturels 2009
  

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3.3 La tradition picturale qui donne à voir des tableaux

Pierrot Men39 est certainement le meilleur exemple dans le domaine de la photographie picturale qui donne à voir de véritables tableaux. Peintre de formation, à travers son appareil, tout devient graphique. Dans ces clichés, les ombres, les personnages, l'architecture ou la nature deviennent les touches de tableau de vie. Ses photos en noir et blanc étaient la base de travail pour ses tableaux, jusqu'au jour où il bascule complètement dans la photographie en 1985.

Sans titre Fianarantsoa, Madagascar, 1999.

39 Pierrot Men est un photographe de Madagascar, né en 1954.

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Ces productions de tableaux photographiques sont techniquement l'équivalent de peintures avec l'outil photographique, comme en témoigne leur grand format. Mais il les organise en série, comme s'il s'agissait d'enquêtes topographiques, ce qui procure à son travail un caractère de neutralité, pour éviter tout effet de dramatisation.

Mystic « Ankober », 2006.

Dans le même registre, nous pouvons citer la série Mystic « Ankober » de 2006, de Michael Tsegaye40. Également peintre de formation, à travers le noir et blanc, il atteint une harmonie sereine qui se reflète dans ces paysages de Ankober que l'on peut comparer à des portraits. Il y a un équilibre très évocateur qui montre des scènes de la vie de tous les jours dans une configuration mystique. Avec une technique invariable et rigoureuse, le photographe procède de manière systématique en plaçant la nature au centre de l'image, minimisant le rôle des individus. Ce faisant, l'artiste introduit plusieurs source de distraction dans ses clichés (individus, nuages, ou fumée et environnement).

40 Michael Tsegaye est un photographe éthiopien, né 1975.

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***

À la suite de nos analyses, nous venons de voir qu'il n'existe pas une technique et un esthétique commun à tous les photographes mais bel et bien plusieurs manières d'appréhender le travail d'une photographie et différentes visions esthétiques. Comme nous venons de le voir, leur parcours professionnel intervient dans la manière d'appréhender chaque sujet au niveau technique. Le côté esthétique de la photographie devient, par conséquent, unique à chaque artiste. Le point commun qui unit ces photographes c'est la modernité et leur démarche subjective qui caractérise tout artiste contemporain aujourd'hui.

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TRANSITION

Cette seconde partie nous permet d'affirmer que la vision esthétique objective imposée aux studiotistes a laissé sa place à une recherche esthétique subjective de chaque photographe. À l'instar, des photographies contemporaines que nous avons étudiées, les photographies de studio contiennent des déterminations esthétiques multiples toujours cachées par l'image finie. Elles sont le reflet de l'état historique des conventions sur le beau, et en même temps, elles représentent l'évolution locale à l'échelle de l'individualisation sociale, des connaissances du soi et du monde des objets. Comme nous le savons, les codes esthétiques étaient définis et chaque photographie de studio montrant les mêmes caractérisques techniques et esthétiques, c'est pourquoi les recherches de Jean-Bernard Ouédraogo mettent en exergue des habitus communs aux studiotistes du Burkina Fasso.

Aujourd'hui, nous sommes en présence d'une Afrique résolument moderne, qui s'est détachée des traditions anciennes. La production photographique présentée lors du festival montre l'évolution des mentalités puisque nous avons mis en exergue la professionnalisation du métier et son orientation vers le monde international. Tandis que la photographie de studio était centrée sur les traditions du continent et des individus, l'apparition du festival a permis de connaître et de faire connaître ces artistes qui « É jouent un rôle dans la société. Ils inventent leur vocabulaire. Ils rêvent et dénoncent la vérité au quotidien ». C'est dans ce contexte que nous pouvons comprendre cette citation de départ qui explique que chaque artiste a un rôle à jouer dans la société. C'est grâce aux oeuvres que nous pouvons accéder à la réalité du monde qui nous entoure. Ces photographies sont bien plus que des archives documentaires car elles permettent de casser la vision d'une Afrique ancienne, tournée vers ses traditions. Aujourd'hui, les photographes ont une démarche contemporaine en inventant leur propre langage sur une réalité que nous apprenons à connaître.

Afin d'être le plus complet possible sur notre étude sociologique des photographies contemporaines, il nous reste un aspect à analyser qui est la diffusion et la réception des oeuvres. Dans le dernier chapitre, nous allons mettre en exergue les différents moyens de communications établis par les organisateurs du festival afin de remplir son rôle de révélateur d'artistes au monde entier. Nous verrons quelles mesures sont mises en oeuvre par Cultures

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France (principal partenaire du festival) pour permettre aux artistes d'être exposés à l'étranger, et parfois de signer un contrat avec une galerie.

En parallèle de cette étude, nous pourrons analyser la réception des oeuvres pour percevoir les usages sociaux de la photographie. Nous préconisons deux approches, afin d'être le plus précis possible, la première étude portera sur l'étranger et l'autre sur la ville de Bamako et plus largement la population Africaine. Nous pourrons ainsi déterminer quelle est la place accordée aux photographes et leur production en Afrique.

« Etre photographe, c'est être solide et courageux, mais aussi avoir un objectif bien précis »

Mariétou Sissoko41

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41 Propos recueillis lors d'un entretien avec la Maison Africaine de le Photographie, premier numéro de l'éditorial : www.fotoafrica.org

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