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Les ONG locales de développement et la question de pérennisation de leurs acquis dans la préfecture de Kankan ( Guinée).

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par Mamadou Sounoussy DIALLO
Université de Kankan ( Guinée) - Master II recherche en sociologie 2012
  

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SECTION 2 : L'ETUDE DE CAS

2 .1. CAS 1 : APROFIG COMME ONG AYANT PERENNISEE CES ACQUIS

2.1.1. LES MECANISMES PERENNISATION DES ACQUIS DE L'ONG

Depuis plus de deux décennies, les ONG sont opérationnelles dans la préfecture de Kankan. Elles sont intervenues dans divers domaines du développement local : éducation, santé, protection de l'environnement ; des droits des femmes et des enfants, appui aux OCB par le renforcement des capacités institutionnelles, techniques et financières mais aussi dans la bonne gouvernance locale.

La pérennisation des acquis de l'APROFIG résulte d'un certains nombres de stratégies ou de mécanismes de pérennisation initiés et mis sur pied depuis les premières heures de la naissance de l'ONG. Un responsable de l'ONG indique : 

« Nous avons crée notre association sur des bases bien définis avec une vision et une mission déterminées. C'est celles de l'autopromotion, de contribuer à l'amélioration des conditions socioéconomiques de nos bénéficiaires. Ainsi le principe directeur d'une organisation durable a été observé et respecté c'est celui du volontariat et de l'aspect non lucratif des activités ».

Une organisation, pour être durable doit pourvoir avoir une certaines autonomies tant technique, humaine mais aussi et surtout financière à défaut desquelles une structure ne pourra entreprendre une activité petite soit elle. Une organisation pour exister, demande des préalables ainsi un autre employé permanent souligne :

« une ONG est comme une personne, elle besoin d'un logement, d'un personnel d'entretien, d'un équipement mobilier, d'être en contact avec les autres, de l'argent pour fonctionner c'est ce que l'APROFIG a compris et a plus ou moins réunis avant d'entreprendre toute autre chose ».

LES MECANISMES DE PERENNISATION QUE L'ONG INITIE A L'INTERNE

La pérennisation des acquis de l'APROFIG passe d'abord et avant tout par des mécanismes internes à l'organisation. Un membre fondateur s'exprime en ses termes :

« A la création de notre association, nous nous sommes dit qu'il faut d'abord se fixer des objectifs à court terme et moyen terme mais aussi ses objectifs doivent être spécifiques mesurables et atteignables dans le temps et dans l'espace. D'abord c'est de savoir de quoi nous sommes forts ? La réponse fut immédiatement ce que nous avons la volonté d'aller de l'avant et de loin. Ainsi le premier signe pragmatique ce que chacun a main dans la poche sans pourtant autant se demander ce que sera son gain plus part »

Selon les entretiens de terrain, l'ONG APROFIG développe des mécanismes de pérennisation qui reposent d'une part sur l'appropriation et la capitalisation de tout ce qui est fait, d'autre part par les implications de tous les acteurs et partenaires : bénéficiaires, bailleurs de fonds les parents, les autorités de l'éducation, les structures déconcentrées, les l'APEAE, les autorités locales et les élus locaux et l'organisme de relais qui est l'ONG mais aussi à travers la création des AGR.

Ainsi un enquêté dira « A travers la création des AGR comme notre centre informatique avec connexion internet et la scolarité de l'école des jeunes filles, l'ONG fonctionne à temps plein avec un personnel prit en charge par elle

LES MECANISMES DE PERENNISATION QUE L'ONG INITIE AU NIVEAU DES SES POPULATIONS CIBLES

En milieu bénéficiaire, l'ONG APROFIG définis des axes prioritaires de durabilité sans lesquelles toutes les actions entreprises ressemble « la construction d'un édifice sur une dûmes de sable » ; ainsi un chargé du suivi/évaluation des activités de l'ONG dira aussi:

« Pour la durabilité de nos activités à côté du suivi/évaluation mensuel que nous effectuons, il nous a paru nécessaire de mettre en place des comités locaux de gestion et organismes locaux de suivi/évaluation pour chacune de nos activités réalisées, impliquer aussi les femmes professionnelles ou modèle tout au long de la planification, l'exécution et le contrôle et l'initiation des communautés bénéficiaires à l'autoévaluation ».

L'analphabétisme étant un des facteurs qui freine la durabilité des activités, or la plupart des bénéficiaires relèvent de cette couche défavorisée et vulnérable de la population ainsi le chargé de formation de l'ONG dira :

« Pour la pérennisation nos acquis les bénéficiaires doivent s'approprier de ceux-ci dans leur culture locale c'est-à-dire dans leur langue locale c'est pourquoi nous initions et mettons en oeuvre les activités de formation et d'alphabétisation. D'ailleurs tous nos modules de formation sont soit en N'ko, en M'balikou ou encore en arabe harmonisé, cela a permis aux communautés bénéficiaires de se rendre compte que ce qui est fait n'est pas fait contre elles mais c'est pour elle tout de suite, elles en ont prit et s'approprié ».

Pour le chargé de subvention « les communautés bénéficiaires doivent être initiées à l'esprit d'entreprenariat pour leur autonomie ; créer des volets budgétaires pour leur motivation, promouvoir le transfert des compétences à tous les niveaux des bénéficiaires ».

Les mécanismes de pérennisation que l'ONG initie au niveau des ses populations cibles reposent essentiellement sur le savoir faire qui demande l'implication et la responsabilisation des bénéficiaires à toutes les étapes du processus des opérations ; le suivi et l'évaluation permanant des actions par les bénéficiaires eux même ; le partage de l'information; la sensibilisation et la motivation de tous les acteurs.

La création des activités génératrices des revenus pour avoir un fond d'entretien des acquis et en vue de les rendre durable, le respect et l'application des textes et clauses de contrat entre les bénéficiaires et l'ONG d'une part et d'autre part entre l'ONG et ses partenaires financiers et techniques peuvent assurer la pérennité des acquis. La concertation permanente entre l'ONG et tous les partenaires, développer l'esprit civique et l'analyse situationnelle des activités menées, renforcer les capacités institutionnelles des bénéficiaires et des agents de l'ONG ; ce qui permettra de laisser des traces indélébiles.

COMPORTEMENTS, ATTITUDES, PERCEPTIONS ET REPRESENTATIONS DES COMMUNAUTES BENEFICIAIRES SUR LES ACTIVITES PAR L'ONG APROFIG

Les comportements et attitudes des bénéficiaires face aux activités de l'ONG sont certes mitigés. Les entretiens menés au près des bénéficiaires de la commune urbaine et de quelques Communes rurales voisines laissent entrevoir des attitudes d'acceptation des activités dans le court terme. Ce qui ne signifie pas l'inexistence d'une résistance au changement ou un attachement aux valeurs traditionnelles, mais cet état de fait relève plutôt d'une décision d'individuelle ou d'un groupuscule.

ACCEPTATION DES CHANGEMENTS INDUITS PAR L'ONG CHEZ LES BENEFICIAIRES

L'ONG aide à améliorer les capacités au niveau des différents acteurs (État, société civile, secteur privé) tout en veillant à une bonne coordination de leurs interventions pour une meilleure efficacité. Elle les implique dans un processus d'analyses des problèmes de développement spécifique au village pour définir des programmes et projets efficients de développement. Aux dires d'un enquêté :

« Le manque de ressources propres ou de système de financement propre à l'ONG semble en être un facteur de blocage. Si le principe d'instituer des mécanismes de ressources propres figure dans la plupart des activités, il existe des nombreuses difficultés pour la mise en place de ce dit mécanisme. »

Les communautés bénéficiaires manifestent une acceptation de la plus part des changements induits par l'APROFIG, le coordinateur des programmes souligne :

 « Quand on démarrait nos activités, nous avons trouvé très peu des OCB qui ont atteint l'échelle UN du niveau de maturité d'une organisation. Il n'y avait pas de traces qu'on pouvait capitaliser. Ainsi nos appuis ont permis d'obtenir la documentation qu'il faut pour leur existence comme structure officielle ».

Tableau 5.5. Description du niveau de maturité d'une organisation

Niveau de

maturité

Description du niveau

0

L'organisation est en gestation, les objectifs ne sont pas encore clairement définis. Les documents juridiques et administratifs ne sont pas complets. Les membres ne se reconnaissent pas et il n'y a pas de financement.

1

L'idée de la mise l'organisation est formalisée. Les AG et les AC se tiennent. Les objectifs et les stratégies sont maintenant définis. Les documents sont disponibles et les membres se reconnaissent conformément aux textes de fondement de l'organisation, plus l'acquis du niveau 0

2

Les ressources humaines, financières et techniques sont disponibles. Les documents sont bien tenus et les réunions sont régulières, plus l'acquis du niveau 1

3

Les activités sont planifiées, exécutées et suivies de façon formelle. Des capacités en gestion et la promotion de l'esprit associatif sont initiés. Les outils de gestion de conflits sont élaborés et sont appliqués, plus l'acquis du niveau 2

4

Elaboration des techniques de négociation, de plaidoyer et de diversification des partenaires locaux, nationaux et internationaux. Elaboration des microprojets et recherches des fonds nécessaires pour sa réalisation, plus l'acquis du niveau 3.

5

Evaluation de sa propre gestion, capitaliser les acquis déjà enregistrés. Capacité de s'autofinancer ou/et de financer d'autres structures locales à la base. Acquisition d'une crédibilité au près des citoyens, de l'Etat et des bailleurs de fonds, plus l'acquis du niveau 4

Source : entretien de terrain 2011

La même personne renchérit en ces termes « la plus part des promoteurs des OCB n'avaient une formation leur permettant de tenir une structure ; mais après notre passage ces structures peuvent tenir tant sur le plan organisationnel que sur celui de la recherche des partenaires ou encore chercher un financement d'une activité sans aucune véritable aide extérieure. »

AMELIORATION DES CONNAISSANCES ET LEUR MODE D'UTILISATION PAR LES BENEFICIAIRES

En effet, si les préoccupations de l'ONG sont la promotion de la fille en milieu rural et urbain, les réalités du terrain laissent apparaître que, la femme occupe une place centrale dans la Société Maninka, non seulement à cause de son rôle dans l'économie domestique mais aussi par celui qu'elle joue dans l'éducation et la santé des enfants. Elle est aussi une actrice économique active dans l'agriculture vivrière et du secteur informel.

Les modules de formation administrés en matière des droit de la femme ou de la jeune fille ont nettement améliorés l'image celles-ci dans leur société où elles étaient reléguées au dernier plan de la sphère socioéconomique et politique, à propos un enquêté indique «  les femmes sont aujourd'hui chef de groupement, d'association. Elle assure des responsabilité qui ne lui étaient dévolues dans les temps »

En dépit de ses nombreux rôles et responsabilités, la femme reste infériorisée, tenue loin des décisions qui la concernent au premier chef : sa santé, son travail, son statut, ses enfants, sa famille...la culture locale freine de ce fait l'équité et ne concours pas à sa promotion. Un autre renchérit en ces termes « la femme n'est plus faite seulement pour faire des enfants et entretenir un foyer mais elle peut participer efficacement à tout le processus de développement. »

Dans les zones rurales Maninka, la polygamie est très répandue. La nuptialité est précoce et intense chez les femmes et les hommes finissent par se marier en moyenne entre 18 et 20 ans dans les milieux ruraux. Les mutations que subit la famille relèvent d'un compromis culturel entre les normes et valeurs antérieures régissant la société et les impératifs économiques imposés par des rapports extérieurs. Au début les prêts, les subventions et les faits aux communautés étaient orientés dans des activités non lucratives un facilitateur en bonne gouvernance économique et sociale indique :

« Avant quand les communautés bénéficient d'un financement, d'un prêt ou d'une subvention directement, elles pensent  l'investir dans le mariage, le remariage, les sacrifices funéraires, la circoncision, les baptêmes ou dans d'autres domaines où elles ne trouvent qu'une satisfaction morale. Nous avons changé cette donne en suivant et accompagnant celles-ci du dossier d'appel d'offre jusqu'à la mise en oeuvre des activités jusqu'à la réutilisation des ressources générées. »

Du fait des perturbations économiques, de l'urbanisation et de migrations démographiques, la famille en milieu rural connaît de fortes pressions dans le sens de sa dislocation, ce qui se traduit tant par la baisse de l'autorité parentale, l'affaiblissement des solidarités traditionnelles, l'accroissement du nombre de divorces et du nombre de femmes " chef de ménage".L'expérience montre que les populations rurales sont rarement appelées à participer à cette phase non moins importante des actions de développement. Certains responsables locaux ont déclarés :

« Que les communautés sont en mesure de prendre part dans les études d'implantation, car elles fournissent des informations sur les pratiques culturales, les traditions, nécessaires au projet. Les paysans ont leurs mots à dire dans le choix des techniques car ils connaissent mieux que quiconque leur milieu. Ils participent donc à la conception des projets. Les paysans prennent part en général à l'exécution des projets: creusage des puits, ramassage de sable et de pierres, construction de latrines par exemple. Cette participation spontanée ou bénévole, est perçue en général comme un facteur de diminution des coûts des projets ».

Ceci devient, un facteur politique qui prépare les populations à prendre en charge les projets une fois réalisés.  Après de nombreuses années de fonctionnement, force est de constater que l'ONG APROFIG a engendré des résultats qui satisfont ''les parties'' les bénéficiaires directs. Les dits résultats sont aussi bien quantitatifs que qualificatifs comme le précise cet enquêté : « Nous ne cesserons jamais de louer les efforts de APROFIG dans l'appui à nos communautés .La plus part des structurées locales ayant bénéficiées des appuis de l'ONG, sont maintenant capables de tenir les documents administratifs (cahier de PV, journal de caisse ou de banque ».

Pour cet autre instituteur de son état déclare « Depuis l'intervention de l'APROFIG dans mon école, cela a diminué considérable nos charges pour la scolarité de nos enfants ». Il ajoute que :

« La pérennisation des acquis de l'ONG est rendue possible grâce à l'existence d'animateurs et de facilitateurs villageois, d'animateurs communautaires, tous fils du terroir. Ils ont reçu des formations dans la planification du développement local, la maîtrise d'ouvrages et le suivi - évaluation participatif. Cette synergie entre ONG et AC ou AV permet à certaines structures locales de préfinances une activité jusqu'à la hauteur de 5 à 15 %.»

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