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Les ONG locales de développement et la question de pérennisation de leurs acquis dans la préfecture de Kankan ( Guinée).

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par Mamadou Sounoussy DIALLO
Université de Kankan ( Guinée) - Master II recherche en sociologie 2012
  

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2.2. DIFFICULTES RENCONTREES PAR L'ONG DANS L'EXECUTION DES ACTIVITES

Dans le cadre de la réalisation de ses activités, l'ONG est confrontée à de contraintes d'ordres techniques matériels et financières d'une part, et d'autres part à des contraintes liées aux aspects organisationnels, analphabétisme, pauvreté, besoin lucratif ou du gain immédiat, migration de certains membres de certaines structures cibles vers les zones minières et d'autres centres de négoce...le coordinateur des activités s'exprime :

« Le problème qui nous fatigue de plus et qui fait que chaque fois on réinvente la roue c'est le mode financement des bailleurs. Les fonds sont souvent obtenus sous forme de sous-traitance, le processus est long et compliqué. Tant que c'est le bailleur qui planifie et décide de tout par l'entremise d'un l'intermédiaire sans aucune indépendance. Dans ces conditions, il sera très difficile de parler de pérennisation des actions des ONG locales de développement ».

Bailleurs de

fonds

Schéma 5.1. Mode de financement des actions des ONG locales de développement à partir d'un bailleur de fond externe

ONG locales

OCB/

Bénéficiaires sires

Consortium

d'ONG internationales

Projet

Ce schéma montre que la coopération entre les bailleurs et les organismes de relais que sont les ONG locales de développement aux dires du coordinateur des programmes ne sont pas directs ce qui fait tout le financement ne va pas là où il doit y aller:

« Les bailleurs donnent des instructions au projet qui regroupé un ensemble d'ONG souvent internationales quelques fois des ONG nationales ayant acquis une certaines notoriétés dans le champ du développement local ; le projet à son tour recrute des ONG locales qui constituent un organisme de relais. Elles aussi font la sélection des OCB qui sont les dernières bénéficiaires. Donc la chaine est compliquée et conduit vers une léthargie dans l'obtention des fonds dans le temps impartie de l'exécution des activités »

Ainsi l'idéal pour la plus part des interviewés serait qu'il y ait une franche et directe collaboration entre l'organisme de relais que sont les ONG locales voir schéma ci-dessous.

Schéma 5.2. Mode de financement idéal des ONG

Du bailleur de fond

Organisme de relais (les ONG locales)

Aux Organismes de relais (les ONG

locales)

Dans cet autre schéma, le constat est qu'il ya l'absence d'intermédiaire et que la chaine devient moins compliquée et moins longue mais aussi les actions deviennent directes ainsi le pour le chargé de subvention de l'ONG :

« Si la collaboration est franche et directe cela démunirait considérablement la mauvais gouvernance interne et l'éparpillement des fonds constatée dans ces derniers temps dans l'obtention des marchés et dans le décaissement des fonds. Le constat est qu'aujourd'hui près de 50% des financements vont dans le fonctionnement interne ; avant d'atteindre les bénéficiaires directs cela trouve que le montant est beaucoup morcelé »

DIFFICULTES TECHNIQUES, FINANCIERS ET DE LOGISTIQUES DE L'ONG

Les insuffisances des moyens techniques, financiers et logistiques ne favorisent pas le suivi régulier des activités, la coordination des activités des antennes du réseau APROFIG, le maintien des employés temporaires et autres cadres permanents de l'ONG, constituent des problèmes récurrents qui empêche le plus souvent la pérennisation des acquis. La mauvaise utilisation des ressources de l'ONG et la faible implication des bénéficiaires dans les activités. Cette insuffisance a entraîné aux dires d'un agent communautaire « La mauvaise gestion, un manque de transparence, une rareté des séances de capitalisation des acquis au niveau de l'ONG et des structures bénéficiaires entraine la non pérennisation, car l'ONG ne dispose d'aucun fonds propre pour la mise en place et l'exécution, voir de la poursuite d'une activité antérieure.»

Dans une localité en pleine mutation où la prédominance de l'économique est de rigueur, le partenariat ONG/communautés semble être contraignant. La dépendance des aides extérieures pose des véritables problèmes de pérennisation à l'ONG.

Les entretiens ont permit de comprendre que par exemple que l'ONG APROFIG avait envisagé la construction d'une école régionale des jeunes filles dans la préfecture de Kankan, qui n'a toujours pas vu jour pour des économique permettant de réaliser un tel ouvrage. Et cela fait qu'aujourd'hui l'ONG est entrain de perdre ses produits (élèves) qui font la fierté des autres collèges et lycée de la place  et d'ailleurs. Le renforcement des capacités institutionnelles des OSC/OBC et antennes de partenariat ; la formation des responsables en management ... qui malheureusement n'ont pas pu être réalisées, faute de disponibilité financières et certainement la faiblesses de ses ressources humaines pour la mise en place des autres activités.

La mentalité des communautés qui ont eu des mauvaises habitudes dans le cadre de développement et le manque de volonté de celles-ci pour opter pour nouvelles attitudes ou des nouveaux comportements en vue d'une autopromotion et un développent durable. La pauvreté, l'analphabétisme, la mauvaise gouvernance, et surtout le manque de fonds d'entretien et de pérennisation après la phase projet ou après le retrait du bailleur qui n'en prévoit dans le financement global, la faiblesse de l'autofinancement et la mobilisation des ressources internes entraînent la perte des acquis.

LE RETOUR AU STATU QUO DES BENEFICIAIRES A LA CASE DE DEPART

En effet, la mise en la place des politiques de lutte contre la pauvreté interpelle tant les Chercheur(e) s que les acteurs politiques et les agents de développement face à une réalité mondiale, qui se décline différemment selon les contextes où l'intervention des ONG gagne le terrain Et elles laissent le plus souvent des traces qui ne perdurent pas. Cette étude sur les ONG qui oeuvrent pour le développement nous ont montré que, en matière de gestion sociale, économique, politique et environnementale durable. Les ONG locales restent très actives que sous l'impulsion des organismes internationaux qui ont fait de ces questions leur priorité.

Le continent Africain a évidement diverses particularités. L'omniprésence des institutions de développement n'en est pas la moindre. La crise cumulée des économies africaines et des Etats africains n'a fait que renforcer le poids de " l'aide au développement " et des " projets de développement ", que ceux-ci soient lourds ou légers, et quels que soient leurs initiateurs (institutions internationales, coopérations nationales, ONG du Nord, ONG du Sud). Le " développement " (son langage, ses crédits, ses hommes, ses infrastructures, ses ressources) est une donnée fondamentale du paysage africain contemporain, rural comme urbain » (de Sardan, 2001 :p.21).

L'organisation des acteurs sociaux a ainsi engendré, dans ses conséquences immédiates, une série de ruptures aussi bien du point de vue des institutions, des modes d'organisation interne et des formes de coopération développées, que du point de vue des catégories professionnelles mises en oeuvre par les différents opérateurs sur le terrain des ONG en Guinée.

« Dans les sociétés, les individus doivent nécessairement former des groupes de coopération. Que ceux-ci soient formés sur la base de la parenté n'a rien de contrariant d'autant plus que pour lui, l'organisation de la parenté coïncide avec l'organisation sociale, économique et politique. Ceux-ci illustrent comment les relations de parenté peuvent être en corrélation avec le système global » (Ghasarian, 1996:p.11)

Le dysfonctionnement des structures d'encadrement, la faiblesse des moyens techniques, logistiques et la faible implication des bénéficiaires dans la conception des projets, le manque de civisme de certains bénéficiaires mais surtout aussi de la démarche des partenaires locaux ou étrangers de développement expliquerait le retour au statu quo des bénéficiaires à la case de départ et font que les acquis de l'ONG ne sont pas pérennisés, ainsi un superviseur de l'ONG dira :

« Les querelles de leaders Shape interne, le départ de certains membres clés dès fois les membres de bureau pour les zones minières alors que ceux-ci ayant bénéficiés des séances de formation et d'appui technique et financière expliquent que chaque fois nous sommes obligés d'identifier, former et encadrer des nouvelles personnes ».

Le plus souvent les communautés manifestent un certains enthousiasme au début des activités, mais avec l'évolution des actions des ONG et la diversité des approches, l'esprit du gain rapide font qu'elles retournent vite à la case de départ une autorité locale précise « Nos communautés sont devenues partisanes de la loi de moindre effort, elles veulent un plateau d'or tout frais et tout fait. Tout ce qui ne va pas dans ce sens n'est pas pour elle. »

En dépit des efforts fournis, l'ONG connaît encore de sérieuses difficultés de développement institutionnel. Les stratégies mises en oeuvre n'ont pas toujours eu les résultats escomptés malgré les multiples initiatives mises en place visant l'amélioration des conditions de travail de la fille cible privilégié de l'ONG en particulier et de sa communauté en général.

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