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Les ONG locales de développement et la question de pérennisation de leurs acquis dans la préfecture de Kankan ( Guinée).

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par Mamadou Sounoussy DIALLO
Université de Kankan ( Guinée) - Master II recherche en sociologie 2012
  

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2 .2. CAS 2 :L'ONG BATE SABATI COMME ONG N'AYANT PAS PERENNISEE CES ACQUIS ENREGISTRES PAR L'ONG BATE SABATI

Durant la période d'intervention, l'ONG a exécuté dans ses domaines d'intervention dans plusieurs secteurs : assainissement, éducation, santé, hygiène publique, environnement, genre etc....

Bien que ces actions n'ont pas trop duré c'est-à-dire ont connu une existence très éphémère. Mais on peut lui attribuer la construction des infrastructures scolaires « nous avons pu réaliser des écoles au nombre de quatre dans des communautés rurales qui restent aujourd'hui les acquis les plus visibles sur le terrain » ; il continue pour dire «  à ces écoles on pourra ajouter que la mise en place des comités de gestion des écoles (APEAE), des structures sanitaires (COGES), des aires protégées (COGEF), dont les membres ont bénéficiers des modules de formation si non le reste a disparu à petit feu sans presque laisser aucune trace surtout en matière d'assainissement ». Un autre informateur nous dit :

« Si l'école est acquis indélébile de l'ONG BATE SABATI, les élèves que nous avons recrutés et suivit durant leur cycle primaire bien que n'ayant pas tous terminé leur cycle ; au moins deux parents sont venus personnellement me rencontrer pour me féliciter en ces termes : ce que vous avez semé a porté fruit deux des enfants que vous avez scolarisés ont atteint l'université une fille et un garçon et sont aujourd'hui des modèles dans notre village. Visiblement j'étais très satisfait mais intérieurement j'étais mal à l'aise... »

FORMATION ET ENCADREMENT DES STRUCTURES COMMUNAUTAIRES

L'un des moteurs du développement passe par l'éducation, la formation ou l'alphabétisation non seulement des agents de développement que les bénéficiaires des actions des ONG. Au dire d'un ancien responsable de BATE SABATI « l'ONG a formé et encadré des nombreuses structures locales en terme de gouvernance interne, de bonne gestion, de renforcement de capacité. »

TABLEAU 5. Des structures formées et encadrées par l'ONG BATE SABATI

STRUCTURES

NATRURE DE L'APPUI

NOMBRES DE STRUCTURES

TOUCHEES

APEAE

A l'esprit d'école communautaire

Quatre APEAE de base

COGES

En gestion des structures sanitaires

Huit COGES de base

COGEF

En gestion des aires

Protégées

Neuf COGEF de base

TS

En IEC sur les VIH/SIDA

120 filles travailleuses de sexe

Autorités scolaires

Gouvernance scolaire

Près 150 DE, DSEE et enseignants

Hygiène

Règles d'hygiène publique

Plus 400 vendeuses, boucher et boulangers

Alphabétisation

En gouvernance interne

50 groupements agricoles et maraichers

Source : Archive de l'ABS

ACQUIS ENREGISTRES PAR L'ONG BATE SABATI MAIS PERDUS

Même si certains acquis ont survécu, il reste à croire que la quasi-totalité des activités de cet organisme qui était d'ailleurs comme le souligne le PDL de la préfecture de Kankan de l'année 1991 « BATE SABATI était la première organisation d'appui au développement local de Kankan » ; mais un membre du conseil préfectoral de la société civile indique « qu'il est très difficile de dire une ONG nom de BATE SABATI à exister dans le répertoire des organisations de la société civile de Kankan. Même les archives ni de la société civile encore moins du service d'appui et de coordination des organisations de la société civile ne peut le prouver »; pour la direction des microréalisations de la Préfecture de Kankan«  se souvenir de l'existence de l'ABS est un peu difficile puisque elle n'a presque même pas laissé un seul de ses rapport d'activité ».

Tout est perdu, même les module de formation administré dans les centres `'ALPHA'' sont perdus et ces centres sont formés or ce programme était le socle de toute action communautaire puis que les actions des ONG si elles ne sont mémés avec et par les communautés elles même c'est l'échec sur toute la ligne. Et pour ce faire il faut que ce qui est fait soit fait dans les langues locales car la majorité de celles-ci sont analphabètes. Ainsi le chargé de formation et alphabétisation dira que « les centres `'ALPHA'' ont considérablement amélioré les connaissances et leur mode d'utilisation chez les bénéficiaires. Ceux ci s'appropriaient de toutes les actions très vite mais malheureusement peu de temps après ; ils s'arrêtent pour attendre, on ne sait qui. »

LES DETERMINANTS QUI ONT PREVALU A LA PERTE DE ACQUIS DE L'ONG BATE SABATI

La perte ou la non pérennisation des acquis de l'ONG est régie par des nombreux déterminants d'ordre économique, politique et socioculturels qui font que la majeur partie des ONG perdent leurs efforts et disparaissent très vite. Les actions des ONG sont le plus souvent planifiées à l'externe par des bailleurs qui n'ont pas les mêmes préoccupations que ni même ces ONG encore moins les bénéficiaires.

Pour qu'une action soit durable, elle doit être soutenue à l'interne par une politique de mise en oeuvre ainsi un ancien responsable de l'ONG converti à d'autres activités nous dit « l'ONG a perdu la quasi-totalité de ces activités par ce que dès au début, elle a manque d'une politique de relève tant à l'interne qu'au niveau des bénéficiaires. L'ONG avait en fait une vision trop global et vaste ». Un autre enquêté indique :

« Le dysfonctionnement entre les ONG et l'administration déconcentrée n'ont pas joué leur rôle ; celui de la poursuite des activités qui avait été entreprise. Cette dernière pense que ce que les ONG font, elles le font pour soit même pendant que celles-ci sont entrains de faire ce que devait faire l'Etat. Longtemps, certains administrateurs prenaient les ONG comme des ennemies ... »

Les communautés elles du reste sont innocentes. Tout ce qu'on leur demande tant qu'elles ne connaissent pas les tenants et les aboutissants des actions de développement, elles s'en méfient « les communautés sont des navires la direction est détenue par le capitaine, il lui forge sa direction. Seulement la perte de ces acquis est dû essentiellement du fait qu'ils n'étaient pas supporté à l'interne par des fonds propres on ne comptait que sur l'autre... »

L'autre constat est que ce ne sont pas seulement les acquis des ONG qui sont perdus en Guinée et à Kankan en particulier ; ce sont les ONG même qui sont mortes avec tout le personnel et tout le matériel technique ; un enquêté indique « si les acquis de l'ONG sont perdus, la mort de l'ONG est une évidence, le personnel, le matériel technique s'est aussi consumé à petit feu. »

ABSENCE DES MECANISMES PERENNISATION DES ACQUIS DE L'ONG BATE SABATI

L'un des facteurs explicatifs de la perte des acquis des ONG ou même les ONG elles mêmes c'est l'absence d'une vision clairement définie ni à court terme en moins à moyen ou à long terme donc de l'absence de tout mécanisme de pérennisation de ce qui a été ou de ce qu'on fera dans le plan d'action :

« Une organisation pour que ce qu'elle fait soit pérenne, elle doit avoir un plan d'action à trois temps : un plan à cours, moyen et long termes. Il faut ajouter que la durabilité des activités dépend fortement par un soutien interne par la mise en place d'abord des AGR et celle de la mise place des structures ou des comités de relais pouvant agir convenablement pour la poursuite de ce qui est entamé. En fait voici ce qui a manque à notre ONG ; presque aucune structure de pérennisation n'était même pas envisagée. »

L'ONG a fonctionné durant tout le tant d'exécution de ses activités planifiés sur des fonds externes à travers des projets initiés par des bailleurs de fons comme le comité national de lutte contre le sida dans son volet santé génésique et de lutte contre les infections des IST et VIH/SIDA

Elle a aussi exécuté les activités en matière de l'éducation avec l'ONG Américaine Save the children dans son projet école communautaire ; puis avec l'ONG Allemande PASIB dans le cadre du Bassin Versant dans son projet de gestion et de protection des têtes de sources et des forêts classées dans la zone périurbaine de la zone d'intervention de l'ABS. Avec le service d'hygiène publique BATE SABATI n'a pu oeuvrer que sur des subventions internes du PNUD. Un des enquêtés indique :

« BATE SABATI n'a presque pas initié et planifié une activité d'elle-même ; elle a toujours oeuvré sous contrat avec un bailleur externe. Ce qui voudrait dire que l'ONG n'avait pas une autonomie financière car elle n'avait aucune source de revenu propre en elle. Alors tant qu'une structure ne compte sur autrui elle ne pourra nulle part or c'est la mode au sein des organisations. »

LE PROBLEME DE LEADER SHIPE AU SEIN DE L'ONG

Si la faiblesse de ligne budgétaire au sein de l'ONG est un facteur non négligeable dans la perte des acquis des ONG, le conflit permanant de leadership en est aussi un autre qui ébranle toute évolution dans les mouvements associatifs. Ainsi un ancien responsable de l'ONG nous dit « A un moment donné de la vie de l'ONG, il y avait plusieurs têtes et chacune d'elle était devenu un chef d'opinion ».

Un autre renchérit « il y régnait dans l'ONG un système anti progrès : c'est le clanisme. Chacun se réclamait la paternité de l'ONG comme si elle était un héritage ancestral ». Un troisième affirme :

 «  Le manque sens élevé de responsabilités des gouvernants de l'ONG nous a conduit au fond de gouffre. Chacun jouait au malin et au savant tout en mettant son `'soi'' au dessus de l'intérêt de la collectivité ; de la est né plusieurs pole de décision antagonique. Quand l'un décide l'autre au lieu d'approuver prend le contre pied cette situation a perduré puis a gagné tous les niveaux de la structure. En réalité cette situation prévaut sur tous les autres comme facteurs déterminants à la disparation de l'ONG.»

LA MAUVAISE GOUVERNANCE INTERNE DE L'ONG

Après l'accession des Etats Africains à la souveraineté nationale, l'heure était à la gouvernance de ces Etats. Mais après quelques temps d'exercice ce fut un échec sur toute la ligne. L'heure était venue au détournement, à la gabegie financière, à l'affairisme et au clientélisme dans toute la sphère de l'administration.

A la fin des années 70-80, les institutions de Breton Wood ont exigé une nouvelle politique de gouvernance sociale, économique, politique. Ainsi des reformes profondes ont été engagés dans tous les secteurs de la vie politique et socioéconomique. Sur le plan politique des reformes furent engagés à travers l'instauration de multipartisme politique, l'organisation des premières élections pluralistes et le rapprochement de l'administration au près de la population par une politique de décentralisation.

Sur le plan socioéconomique, les Etats ont libéralisé les initiatives privées. La Guinée, en 1984 s'est résolument engagée sur cette voie de reforme. Ainsi le président de la République dans son discours programme de 22 décembre 1985 indique « ...nul ne peut gouverner seul un pays aussi grand que le notre... notre pays ressemble à veux véhicule qui souffre toutes les peines alors pour qu'il se lève il faut l'apport de tous ses fils et de toutes ses filles ». C'est cette phrase a déclenché le vent de libéralisation des initiatives privées.

Depuis lors les ONG ont poussé comme des champignons sur la base de volontariat pour palier aux insuffisances de l'appareil administratif. Mais très tôt les ONG ont marché sur les traces laissées par l'administration. Un enquêté dit « les ONG au lieu devenir des organismes d'appui à but non lucratif donc d'intérêt impersonnel, elles sont devenues des organisations à intérêt personnel ou les différents acteurs s'enrichissent. Les ONG sont des comptoirs d'affaire ».

Un autre dit « l'orgueil de quelques un des membres était devenu extrême qu'ils se tapaient la poitrine pour se réclamer comme le père fondateur et les seuls ayants droit de décider quoi que ce soit en lieu et place des instances de l'organisation. »

Si la gouvernance politique de l'ONG était un manque à gagner, la gouvernance financière quant à elle restait une préoccupation et le signe avant coureur à la faillite de l'ONG à propos une personne ressource de l'ONG affirme :

 « Les finances de notre organisation étaient trop mal saines, les pièces comptables ou les pièces justificatives des dépenses effectuées n'était qu'un pur arrangement sans aucune cohérence réelle de la réalité. Cette réalité nous a fait perdre l'un de nos plus gros marchés avec l'un de nos meilleurs partenaires financiers et techniques. Il s'était produit des malversations financières au niveau des finances cela a conduit l'ONG vers un manque de crédibilité au près des institutions financières nationales et internationales de la place. »

LE NON RESPECT DES TEXTES REGISSANT L'ORGANISATION ET LE FONCTIONNEMENT DES ONG

La charte des organisations de la société civile guinéenne dans ces articles 2 et 3 du chapitre I indique clairement qu'une organisation doit être responsable, crédible et respectueuse de certaines valeurs et principes moraux de la vie associative comme :

- La transparence, indépendance et intégrité ;

- La neutralité politique ;

- Efficace et complémentarité ;

- Ouverture et partage

Ainsi force est de reconnaitre derrière chaque association, chaque ONG, il se cache une vision politique à propos un enquêté dit :

« L'une des causes de la perte des acquis des ONG locales est leur caractère politique. Donc elles ne respectent pas du tout ni leur indépendance économique vis-à-vis de l'Etat et très vite elles affichent leur appartenance politique or un proverbe dit `' la main qui donne c'est elle qui commande''. Les ONG locales Guinéennes sont très politisées et elles s'écartent progressivement de leur fonction traditionnelle d'appui au développement pour devenir des lobbys au service des politiques »

LE RETRAIT DES BAILLEURS, TARRISEMENT DE FINANCEMENT ET ARRET DES ACTIVITES

Les ONG existent dans les Pays en développement depuis un peu plus de trois décennies. Cette existence est consécutive pour répondre à un appel des ONG du Nord qui depuis une leur long marché ont finalement débouché sur la vocation réelle des ONG celle d'appui au développement local et durables.

Dans un début ces organismes internationaux de développement ont habitués aux ONG locales et aux communautés locales aux réalisations à clés sans aucune contribution de l'une des deux parties. Un enquête affirme « quand ton a pas fourni un effort petit soit il pour acquérir quelque chose, on en saura pas sa valeur », la même personne continue en ses termes « pour l'efficacité d'une organisation, avant d'obtenir un marché doit contribuer et les bénéficiaires aussi doivent aussi en faire autant. »

Les bailleurs viennent et agissent en concert avec les ONG locales. Mais le plus souvent, ils planifient tout et seul. Ils font le juste à temps, les ressources financières et techniques sont essentiellement pour le temps d'exécution pas plus pas moins et comme cela a été souligné dans le premier cas d'étude, aucune fenêtre n'est laissée pour permettre aux organismes de relais que sont les ONG locales et les comités villageois de poursuivre les activités ne serait que celles de la supervision. Un enquêté s'exprime en ces propos « en matière de développement toute activité dans laquelle les organismes de relais ne jouent pas le rôle de croix de transmission, ne pas faite pour perdurer. »

Quand le fond global s'épuise, sans pour autant de prévoir au sein de celui-ci un fond de poste activité, et l'absence des activités génératrices de revenu tout s'arrête comme si rien n'avait été exécuté, d'ailleurs nous dit « souvent on dit le projet de tel ou tel bailleur, parce que force est de croire que rares sont les ONG qui peuvent se supporter sur leur fond propre. Celles qui y arrivent c'est au prix des énormes sacrifices, alors lorsque le bailleur arrive à terme et que le financement tarit de facto tout s'arrête.»

LE DESINTERESSEMENT DES STRUCTURES DECONCENTREES DE L'ETAT

En effet, la mise en la place des politiques de lutte contre la pauvreté interpelle tant les Chercheur(e) s que les acteurs politiques et les agents de développement face à une réalité mondiale, qui se décline différemment selon les contextes où l'intervention des ONG gagne le terrain Et elles laissent le plus souvent des traces qui ne perdurent pas. Cette étude sur les ONG qui oeuvrent pour le développement nous ont montré que, en matière de gestion sociale, économique, politique et environnementale durable. Les ONG locales restent très actives que sous l'impulsion des organismes internationaux qui ont fait de ces questions leur priorité.

Le continent Africain a évidement diverses particularités. L'omniprésence des institutions de développement n'en est pas la moindre. La crise cumulée des économies africaines et des Etats africains n'a fait que renforcer le poids de " l'aide au développement " et des " projets de développement ", que ceux-ci soient lourds ou légers, et quels que soient leurs initiateurs (institutions internationales, coopérations nationales, ONG du Nord, ONG du Sud). Le " développement " (son langage, ses crédits, ses hommes, ses infrastructures, ses ressources) est une donnée fondamentale du paysage africain contemporain, rural comme urbain » (de Sardan, 2001 :p.21).

L'organisation des acteurs sociaux a ainsi engendré, dans ses conséquences immédiates, une série de ruptures aussi bien du point de vue des institutions, des modes d'organisation interne et des formes de coopération développées, que du point de vue des catégories professionnelles mises en oeuvre par les différents opérateurs sur le terrain des ONG en Guinée.

« Dans les sociétés, les individus doivent nécessairement former des groupes de coopération. Que ceux-ci soient formés sur la base de la parenté n'a rien de contrariant d'autant plus que pour lui, l'organisation de la parenté coïncide avec l'organisation sociale, économique et politique. Ceux-ci illustrent comment les relations de parenté peuvent être en corrélation avec le système global » (Ghasarian, 1996:p.11)

Tandis que le groupe de travail «vers un nouveau partenariat entre les Organisations de solidarité internationale et les pouvoirs publics» du Haut Conseil de la Coopération Internationale de France a employé indifféremment :

« Les termes ONG (sous entendu humanitaires), OSI ou ASI pour désigner l'ensemble des organisations privées, sans but lucratif, qui ont pour objectif commun d'agir en faveur de l'urgence et du développement. Le vocable ONG, imprécis qu'il soit, recouvre des réalités juridiques et politiques variées, a le mérite d'être d'un usage courant en France et à l'étranger. Les structures associatives correspondantes en France lui préfèrent l'acronyme ASI : le terme association définit leur forme juridique en France et la solidarité internationale revêt une acception plus positive et plus précise que le qualificatif non gouvernemental. Le sigle OSI est en principe plus large, permettant de prendre en compte toutes les organisations privées, et non les seules associations, qui oeuvrent en faveur de la solidarité internationale.»

Aucune ONG, qu'elle soit locale ou  nationale membre des OSC ou non ne peut exister sur l'ensemble du territoire national que sous l'autorisation du gouvernement guinéen par un acte leur conférera leur statut légal. Les plus anciennes sont par exemple CENAFOD sur le plan national et BATE SABATI dans notre site d'étude. Toutes les autres furent créées après le tournant des années 1990- 1993 en s'inscrivant dans une dynamique de formation et de renforcement d'une société civile activement engagée dans l'oeuvre de développement en Guinée. Cette dynamique s'inscrit dans une conjonction internationale qui favorise ces dispositifs d'action. Si la notion d'Etat est aujourd'hui élargie à la Société Civile c'est sans doute lié au rôle fondamental que jouent les ONG dans la promotion d'un développement endogène.

Durant cette dernière décennie, les bailleurs de fonds ont changé de stratégie d'intervention en matière de développement dans le pays en voie de développement. Pour une question d'efficacité, les bailleurs de fonds ce sont faits un devoir c'est celui de regarder plusieurs aspects de l'ONG. Ainsi avant tout partenariat une évaluation rapide organisationnelle est effectué pour afin de déceler les forces et les faiblesses de l'organisation. Ensuite un regard particulier et singulier des finances est effectué de façon routinière et cela jusqu'au niveau des bénéficiaires directes.

Ainsi, l'Etat devrait avoir le même comportement que ces bailleurs si non mieux ; pour un répondant, « les agents de l'Etat pensent que ce que les ONG font, elles le font pour elles mêmes alors que ces ONG ne font que ce que l'Etat devrait faire d'où leur nom `'organisme d'appui au développement.»

L'Etat devrait jouer le rôle d'un véritable organe régulateur des actions des ONG, il les laisse pour contre un enquête parle

« Les ONG sont abandonnées à elles mêmes sans aucun contrôle. Pendant que l'Etat devrait organiser une session annuelle d'évaluation des ONG ; au niveau local (Préfectoral et Régional) et national, pour savoir celles véritablement actives ou non. Capitaliser ses efforts pour voir là où il ya eu réussite ou échec afin de proposer des piste de solutions, d'encourager objectivement les méritants si possible retire l'agrément à celles qui font le semblant sur le terrain.»

MANQUE DE PRINCIPE DE REDEVABILITE DES ONG VIS-A-VIS DE DES AUTORITES DE TUTELLE

Chaque action d'une ONG devrait être redevable d'abord en son sein, envers ses partenaires ensuite vis à vis des structures de tutelle. Pour cela elle doit rendre fidèlement compte ce qu'elle fait, donner des informations exactes et fiables, tenir une comptabilité régulière, transparente et saine. Elle doit aussi tenir des bilans connus de toutes ses instances.

Un enquêté dira : « la redevabilité n'est pas une affaire ni des ONG encore moins de l'Etat or si chacun rendait compte de ce qu'il faisait on saurait vite situer la responsabilité de chaque acteur ». Il continu «  mais si on laisse faire ce que bon lui semble, aucune action durable ne pourra être menée... »

L'autre huque est que nous avons les bons textes de loi en matière d'organisation, de fonctionnement mais il existe une énorme légèreté dans leur application. Nos administrateurs ont une `'culture de médiocrité'' cela les place à une position de faiblesse. Un enquêté dira :

« la majeur partie des ONG guinéennes sont créées par des cadres de la haute hiérarchie de l'administration publique et privée qui ont toute la manie de tout faire et de bien faire pour décrocher un marché. Dès lors, ils deviennent autorités de tutelle et responsables d'ONG, ils connaissent tout le contenu du cahier de charge avant sa publication. Ainsi comme dirait l'autre `'c'est la main droite qui prête à la main gauche. Dans ce cadre aucune recevabilité n'est possible »

COMPORTEMENTS, ATTITUDES, PERCEPTIONS ET REPRESENTATIONS DES BENEFICIAIRES SUR LES ACTIVITES DE L'ONG BATE SABATI

Les résultats des entretiens menés au près des agents de terrain montrent que les comportements et attitudes des bénéficiaires face aux activités sont au début très difficiles. Cet état de fait était dû à des réalités qu'avaient vécues les communautés au début des interventions des ONG. Un ancien agent de terrain de BATE SABATI souligne« au début certains promoteurs des ONG étaient passés retirer de l'argent avec ces communautés sans aucune suite dans le cadre des actions de développement. »

Cette situation a fait qu'à l'entame, il y régnait une certaine méfiance dans l'acceptation des actions dont l'ONG était porteuse. Un autre facteur non négligeable ce que les actions dont l'ONG portait n'étaient pas des actions directement observable pour une communauté très pressée ; quand on sait qu'elles sont constituées des activités de renforcement de capacité, de formation or les communautés sont trop pressées et elles veulent tout fait et tout frais d'autres disaient même « nous préférons quelqu'un qui nous donne de l'argent pour faire du commerce où nous gagnerons beaucoup et vite que celui nous parlent de formation et autres ... »

L'expérience a montré avec les ONG de micro finances que toutes les aides ou les appuis en terme d'argent en espèce sont injectés dans des circuits improductifs (mariage, baptême et autres activités où activités génératrices d'honneurs et de satisfaction morale). Un enquête indique « les bénéficiaires avaient un comportement très répulsif car selon eux on les a beau estoquer de l'argent au point qu'ils considéraient tout le monde d'hyène da ns le domaine du développement cet animal très peu sage ».

Un autre enquêté dit ce ci « le travail des arnaqueurs a fait qu'au début, nous avions eu du fil à tordre au près de nos bénéficiaires d'aucuns quand on leur demandait de leur participation ; ils disaient tout simplement que les bailleurs nous ont donné de l'argent pour venir le leur donné et que nous en leur demandons d'en fournir autre... », un autre conclus « même si on leur demande de participer aux séances formations, ils répondent d'emblé s'il n'ya de petite et grande pause et même les perdiems ; ils ne participeront pas »

Le début des mouvements associatifs a été un peu difficile car il existait assez de pesanteurs socioculturelles conduisant la population à infliger une résistance au changement. Cet un attachement aux valeurs traditionnelles, ont fait perdre de très nombreuses actions dans les domaines de la construction des infrastructures, de la santé, de l'éducation, l'environnement, agriculture, gestion des ressources naturelles, de la mutilation génitale féminine.

Dans les pays en voie de développement même les agences internationales de développement adoptent des stratégies qui ne permettent pas aux communautés locales de bouger vers le développement. Elles oeuvrent mais ne permettent pas aux bénéficiaires de leurs actions de sortir du cercle vicieux de la pauvreté ;

Un ancien coordinateur des programmes dit, l'ONG BATE SABATI n'évoluait qu'en consortium « les bailleurs de fonds viennent avec des projets qui sont en porte a faux avec les réalités socioculturelles de nos sociétés. Très souvent ses projets portent sur des valeurs qui sont très chères à la communauté. Mieux dans la société maninka très conservatrice tout n'est pas permis ». Cet état de fait explique le retourner à la case départ des bénéficiaires.

LES SUGGESTIONS POUR LA PERENNISATION DES ACQUIS DES ONG

Aucune activité ne pourra être durable si elle n'est pas soutenue à l'interne. Ainsi l'une des propositions de pérennisation qui le plus souvent est venue dans les discussions, pour le chargé de suivi/évaluation de l'ONG « la pérennisation des acquis passe par la mise en place d'un certains nombres des préalables dont entre la création et le développement des AGR » il continu en disant « une structure qui n'a pas des sources de revenu propre à elle, ne pourra t'avoir des fonds propres donc ne pourra payer même ses charges internes (location du siège, mobilier et équipement, payer le personnel permanent qui sont les vertus de la pérennisation. »

Un autre enquêté continu en disant 

« La pérennisation passe aussi par les bénéficiaires eux même. Ils doivent initier des AGR par exemple une APEAE doit pouvoir créer sa source de revenu même si c'est en cotisant mensuellement ou par d'autres activités pouvant lui générer des ressources et pourquoi pas même être actionnaires dans des activités communautaires génératrices des revenus.»

La majorité des enquêtés ont affirmé que les acquis de l'ONG APROFIG sont pérennisés par les populations bénéficiaires grâce à leur l'implication à toutes les étapes. D'ailleurs une enquêté dira que les acquis sont jalousement préservés et bien tenus par les populations bénéficiaires. Par contre une minorité affirme que les acquis souffrent de la non pérennisation et ont dégagé comme causes :

 «  La mentalité des populations bénéficiaires, la pauvreté et leur analphabétisme et surtout la démarche des partenaires qui ne prévoient pas un fond de suivi et d'entretien des acquis à l'élaboration des projets par les bailleurs. La mauvaise gouvernance, la corruption et le manque de transparence dans la gestion et enfin la faiblesse des capacités institutionnelles et organisationnelles des bénéficiaires ».

La pérennisation des acquis de l'ONG, incombe à tous les acteurs, les enquêtés ont affirmé dans leur majorité de poursuivre un effort d'identification des forces et faiblesses, les opportunités et les menaces :

« Il faut ficeler des programmes de renforcement des capacités en organisation, gestion, suivi/évaluation, encourager la recherche action, rendre le système d'information efficace et multiplier la formation des bénéficiaires et les agents de mise en oeuvre sur la préservation et la pérennisation des acquis. Impliquer activement les bénéficiaires à tous les niveaux de la conception et de l'exécution des activités ».

LA MISE EN PLACE DES FONDS D'ENTRETIEN GAGE DE LA PERENNISATION

La mise en place d'un fond d'entretien et de pérennisation des acquis, reste incontournable :

« Il faut développer les initiatives de pérennisation en mettant en place des activités génératrices des revenus, développer la recherche de financement, renforcer la capacité institutionnelle des bénéficiaires, des agents de l'ONG et des responsables, les élus locaux et les autorités administratives, cela nous amène vers une préservation des actions pour les générations présentes et futures ».

Rendre dynamique le système de suivi/évaluation en apportant les moyens techniques financiers et logistiques. Prévoir dans les fonds globaux des financements obtenus un fond spécial pour la pérennisation des acquis. Promouvoir l'esprit de la transparence et de la bonne gouvernance dans l'utilisation et la gestion des fonds. Un enquêté disait « tant que la bonne gouvernance et la transparence ne deviennent pas les vertus cardinales des ONG, aucun développement durable ne pourra être envisagé, or c'est la maladie commune non seulement aux services privés et publics de notre pays.»

Les ONG et les services déconcentrés de l'Etat doivent créer des structures locales d'entretien de suivi pour la pérennisation, vulgariser largement la vision, la mission et les objectifs des ONG pour une action durable. Valoriser les cadres de concertation permanant pour une analyse situationnelle en vue de valoriser et capitaliser les acquis mais aussi développer une synergie d'action entre les acteurs. Motiver et orienter le personnel intervenant des ONG à travers des promotions. Intensifier des activités de sensibilisation, de formation et de communication entre les bénéficiaires et l'ONG dans la culture locale avec des outils comme la langue du terroir, les images, les figurines, des études de cas etc.

L'administration comme nous l'avait été dit, plus haut ne doit pas être indifférente face aux actions des ONG, pour qu'en fin celles-ci respectent les termes de référence du cahier de charge ; mais la structure et le fonctionnement de l'Etat en Afrique en général et la Guinée en particulier ne permettent pas un développement durable non seulement des services Etatiques que ceux privés, un enquêté dit « l'administration en Guinée est une administration de commandement, trop pléthorique avec ses liesses de recommandation non pas une administration de développement au service des administrés », il poursuit en disant « c'est un moyen de bouffer des fonds colossaux où chaque administrateur demande son dessous de table en jouant à l'indispensable pour qu'un projet ou programme passe »

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