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Les ONG locales de développement et la question de pérennisation de leurs acquis dans la préfecture de Kankan ( Guinée).

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par Mamadou Sounoussy DIALLO
Université de Kankan ( Guinée) - Master II recherche en sociologie 2012
  

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CONCLUSION ET PERSPECTIVES

L'étude sur la pérennisation des acquis des ONG locales de développement dans les pays en voie de développement est une question d'actualité, en ce sens que leur intervention dans le développement durable est de nos jours l'une des principales stratégies de réduction de la paupérisation grandissante des communautés locales. L'Etat n'étant pas en mesure de résoudre tous les problèmes auxquels les populations à la base sont confrontées. Il s'avère nécessaire de faire appel à d'autres partenaires qu'ils soient local, national ou international afin de relever le défi dont il est confronté dans le domaine du développement en général et en particulier sur celui local.

Il est évident depuis que les Etats Africains ont rendu effective la politique de la décentralisation, les ONG locales ont participé de façon très considérable et significative à l'amélioration des conditions de vie et de travail des populations de leurs zones d'intervention. C'est ainsi notre étude s'est alors, intéressé à saisir les déterminants qui ont prévalu à la perte ou à la préservation des acquis des ONG locales de développement en procédant à une étude de contraste entre deux ONG ; une qui a su effectivement pérenniser ces acquis et une autre qui après quelques années d'exercice a presque tout perdu.

L'étude est partie de l'objectif recherche suivant produire des connaissances pour une meilleure compréhension des déterminants qui président la non pérennisation des acquis des ONG locales de développement après le retrait des bailleurs de fond. Pour rendre la question de recherche opérationnelle, nous sommes partis de l'hypothèse selon laquelle  les difficultés de pérennisation des acquis des ONG locales de développement dans la Préfecture de Kankan résulteraient des stratégies de mise en oeuvre ou aux mentalités locales.

Pour vérifier cette hypothèse et aboutir à une conclusion nous avons utilisé l'approches qualitative et qui a été beaucoup privilégiée par apport à celle quantitative, avec pour instrument de collecte des données l'entretien individuel semi- dirigé, accompagné de quelques groupe de discussion et d'une exploration documentaire. Cinq concepts et cinq théories ont été utilisés pour saisir le sens profond du sujet et pour savoir quels sont les postulats que les chercheurs prédécesseurs ont utilisés pour décrire la pérennisation des ONG en matière de développement durable.

Les résultats auxquels l'étude a abouti sont très mitigés. Ils montrent que les mentalités locales ne pèsent pas moins lourd sur la non pérennisation des acquis des ONG locales de développement ; mais cet état de fait qui du moins reste très visible dans la zone d'étude est essentiellement dû à des déterminants économiques mais aussi à la politique en vigueur en matière de création, structure et fonctionnement des ONG et enfin de la politique interne de chacune d'elles.

Par exemple dans le cas positif de notre étude, la plus part des actions sont initiées et soutenues à l'interne. Et l'ONG a eu une certaine performance en gouvernance interne, technique et financier qui lui confère une grande marge de confiance non seulement entre elle et les bailleurs de fond nationaux et internationaux mais aussi entre elle et les communautés bénéficiaires.

Cette crédibilité qui l'APROFIG a acquis lui a conféré le statut de consultatif au niveau régional dans le domaine sectoriel de l'éducation pour le recrutement, le maintien, la réussite et la parité entre fille et garçon à l'école mais aussi à l'insertion socioprofessionnelle des déscolarisés etc. Au près des bailleurs, elle a eu la qualification d'ONG spécialiste en éducation et genre avec mention de satisfaction.

Par contre avec l'ABS, les actions n'ont du tout perdurent. Très tôt il y avait régné un fiasco économique et institutionnel décrédibilisant. Selon les personnes au près desquelles nous avons réalisé les entretiens, l'ONG a commencé à perdre ces acquis pendant même sa phase active c'est celle de l'exécution de ses activités. Là les déterminants les plus cités sont la mauvaise gestion des ressources tant financière, technique qu'humaine de l'association. Quelques enquêtés ont indiqué que l'esprit du mouvement associatif a été mal compris au début. On a confondu tout et les ONG furent vues comme leur emploi de dernière chance qu'il ne faut pas du rater.

D'aucuns membres fondateurs ont considéré les ONG comme des comptoirs d'affaire où il faut venir puiser des revenus dans `'un plateau d'or''. Les autres personnels voient en l'ONG une autre gigantesque agence d'emploi qui rémunère mieux que l'Etat. Principalement trois facteurs ont prévalu à la perte des acquis de l'ONG BATE SABATI :

· les facteurs institutionnels ;

· les facteurs économiques ou financiers ;

· les facteurs politiques ;

· les facteurs humains.

Au terme de cette étude, nous sommes conscients qu'elle est loin d'être exhaustive ; cependant, elle constitue pour nous une base pour des études futures pour la Thèse, sur la compréhension de la pérennisation des acquis des ONG. Comme dans toute recherche, nous avons été confrontés à quelques difficultés : 

· celles d'être en contact avec des personnes ressources capables de nous fournir des informations nécessaires en matière de pérennisation ; notamment certains responsables et agents des ONG, les membres des OSC, les agents des structures déconcentrés et décentralisés de l'Etat.

· Les difficultés financières car au moment où nous commencions cette étude, nous n'avons bénéficié d'aucune assistance financière or n'a ton pas dit la recherche nécessite trois efforts : physique, intellectuel et économique si on détenait les deux premiers le troisième en manquait considérablement mais au prix de tous les sacrifices nous avons pu arriver à ces résultats.

· Nous avons été confronté à d'énormes difficultés concernant la bibliographie relative au champ étudié. Au fur et à mesure que nous progressions dans le travail, la limitation documentaire apparaissait comme un handicap sérieux.

· Une production timide de certains documents de travail et leur accès difficile. Il n'y a quasiment pas d'ouvrages guinéens consacrés à l'analyse de la question de pérennisation des acquis des ONG locales de développement en Guinée. Des rapports, il en existe mais c'est peu.

Il est apparu que les interventions sont de plus en plus liées à des opportunités, à des convictions, à des savoirs faire qu'à une analyse stratégique des enjeux nationaux ou de la politique national de développement. Il ne semble pas y avoir, au niveau des ONG, un travail d'analyse stratégique vers les enjeux du développement pour l'avenir.

Les champs d'intervention des différentes ONG semblent donc être guidés soit par les opportunités de financement d'un bailleur même si cela ne colle pas aux objectifs d'une ONG ou de sa vocation (tuteurage, lutte contre le SIDA, protection des femmes et des enfants, de l'environnement...), des savoir faire techniques antérieurs (agriculture, crédit...), des convictions (aider les filles et les enfants,...)  donc elles évoluent au grès du vent.

Pour assurer à bien la viabilité ou la pérennité des acquis des ONG locales de développement, on doit pouvoir établir que les activités de ces acteurs non gouvernementaux sont ou seraient plus proches des attentes des populations et qu'elles offrent des opérations et des mécanismes viables reproductibles ou généralisables. L'action des ONG au niveau national, a souvent été relayée par celles d'ONG extérieures.

Les ONG locales de développement peuvent jouer un rôle essentiel dans le développement local durable et dans la modernisation de la vie publique et privée sous réserve que leur discours soit en phase avec les actions concrètes sur le terrain. Elles doivent saisir les occasions de rappeler que nos milieux locaux forment un espace multiforme où émergent de façon accélérée des organisations de la société civile avec lesquelles nous pourrons si les actions sont rendues pérennes indépendants dans plusieurs domaines socioéconomiques de l'aide internationale.

Les ONG locales Guinéennes demandent beaucoup plus d'aide unilatérale que d'échange bi et multilatérale : elles peuvent communiquer sur leur rôle d'acteur légitime, de par leur connaissance des situations locales. Une des clés de l'évolution des ONG est certes sans doute l'établissement de passerelles avec les acteurs politiques et locaux qu'elles accompagnent dans le cadre du développement et dans la recherche d'une bonne gouvernance locale. La pérennité des résultats dépend en partie de l'autonomisation de ces actions. De ce fait, le bilan que l'on peut établir, est que l'étude a permis d'émettre des recommandations en vue d'améliorer l'action des ONG en tant qu'acteurs de développement :

- Crédibiliser les relations avec les pouvoirs publics. L'Etat devra mettre en place une politique nationale qui devra tracer une ligne de conduite de l'ensemble des acteurs au développement et éviter ainsi, le chevauchement des interventions et des financements, supprimer l'anarchie et favoriser la coordination et l'harmonisation des interventions ;

- Collaborer mieux avec les structures politiques et administratives locales, car d'autres ONG entretiennent des relations purement formelles, insuffisantes pour assurer le respect des règles administratives quant à sa présence; alors que d'autres sont dans des relations de négociation avec les pouvoirs publics, en particulier de négociation sur les politiques publiques ;

· entretenir des relations locales avec les pouvoirs de proximité de la zone d'intervention ;

· collaborer et dialoguer avec les ONG ayant les mêmes thématiques d'intervention à fin de former un réseau où vont fédérer ces ONG;

· obtenir la réceptivité des interlocuteurs dans les différents ministères.

Au plan technique

· créer un espace de service aux ONG, destiné à l'information, la formation, l'articulation des ONG avec le poste et au pilotage d'actions transversales (capitalisation, renforcement de capacités institutionnelles...) ;

· améliorer l'efficacité des aides ; et disposer d'un document stratégique approuvé par tous les acteurs de développement;

· se dépasser d'une aide par projet, émiettée, peu efficace pour des programmes larges, durables et plus cohérents.

Au plan financier

· s'inscrire dans une course au financement de projets pour maintenir leur chiffre d'affaires et faire vivre la structure ;

· disposer de compétences stables, qui soient en mesure d'expérimenter,

· capitaliser, diffuser et former ; décentraliser les fonds au niveau des postes, permettant de financer directement les acteurs locaux ; et garder une souplesse de gestion des cofinancements.

En fin on peut se demander, quelle capacité d'action les ONG locales de développement ont acquis depuis plus de trois décennies d'existence. Aujourd'hui on note une volonté de plus en plus d'action collective bien qu'elles connaissent un éparpillement très dommageable. Ces ONG peuvent peser pleinement sur le champ de développement local plus harmonieux et une lutte contre la grande pauvreté lorsqu'elles respectent quelques critères :

· Une capacité à mobiliser à mobiliser des ressources humaines et financières : plus une organisation est représentative d'un nombre grand nombre d'un nombre important de citoyens, et plus elle dispose des ressources propre plus elle pourra décider librement et sera écouté et entendue. Ainsi pourrait s'interroger en ces termes quelle meilleure preuve du bien fondé de ses action que le nombre de militants bénévoles et de donateurs fidèle qu'elle peut revendiquer ?

· Une capacité d'action et de préservation des actions : un beau discours et bon texte ne suffisent pas si des activités concrètes d'aide aux plus pauvres ne représentent pas une prépondérance des acteurs des ONG ; elles peuvent ainsi baser leur légitimité sur des expériences et des compétences de terrain ;

· Leur appartenance à un réseau national ou international leur permettant de relier expériences et témoignages, de s'appuyer sur les réalisations de chaque membre du collectif et d'amplifier les messages à faire passer.

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