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Dynamique des réseaux et des systèmes de communication des migrants sénégalais en France

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par Moda GUEYE
Université Michel de Montaigne Bordeaux 3 - Doctorat de géographie 2010
  

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1.3.2 L'éloignement familial : un fardeau pénible et pesant

L'éloignement familial est très mal vécu quasiment par tous les étudiants. Certains le vivent très mal et leur équilibre affectif en devient même parfois un peu perturbé, d'autres un peu mieux. Mais de façon générale, le mal du pays et le dépaysement restent assez profonds. Le contact avec le pays d'origine est recherché en permanence. Les relations avec le pays d'origine sont également des relations économiques. Des flux d'argent sont constatés dans les deux sens, avec les étudiants dont les études sont entièrement prises en charge par les parents et les étudiants qui sont obligés d'exercer une activité professionnelle pour envoyer de l'argent et participer aux dépenses de la famille au Sénégal. C'est le cas d'un bon nombre d'étudiants sénégalais en France. Nous verrons dans la partie consacrée aux transferts de fonds effectués de la France vers le Sénégal que les étudiants jouent un rôle très important dans ces envois d'argent.

Le problème du retour reste aussi une préoccupation majeure comme nous le verrons plus tard dans les sujets de discussion abordés à travers l'étude des forums. Ce problème

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se pose en effet de façon accrue car les doutes subsistent entre essayer de s'insérer en France malgré les difficultés ou rentrer pour servir le pays. La majorité des étudiants souhaite rentrer au Sénégal, mais à condition d'être sûrs de trouver un bon emploi et de bien gagner sa vie. Ce qui n'est pas du tout acquis d'avance car la situation économique actuelle du Sénégal est extrêmement difficile.

Ainsi à la fin de leurs études, une part minime des diplômés prend la décision de rentrer dans le pays d'origine. La part la plus importante espère trouver une activité professionnelle sur place. Le reste se redéploye vers d'autres pays occidentaux (Canada ou Etats-Unis) à la recherche d'une spécialisation ou d'une insertion professionnelle. Cependant, ceux qui n'ont pas réussi à obtenir le moindre diplôme se retrouvent sans titre de séjour. N'osant plus rentrer dans leur pays d'origine de peur d'affronter le regard inquisiteur et réprobateur des autres membres de la famille et des voisins, ils traînent avec eux le terrible poids de l'échec ou le lourd fardeau de la désillusion et vivotent de petits boulots à petits boulots, le plus souvent au noir. Certains d'entre eux finissent par rejoindre le contingent des vendeurs ambulants. D'autres se résignent à traverser la frontière pour aller tenter l'aventure en Italie, en Espagne, en Hollande, en Allemagne...

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