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Dynamique des réseaux et des systèmes de communication des migrants sénégalais en France

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par Moda GUEYE
Université Michel de Montaigne Bordeaux 3 - Doctorat de géographie 2010
  

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4.2 Les télécentres au Sénégal : mort définitive de « la poule

aux oeufs d'or » ou amorce d'une nouvelle « success story » ?

Les télécentres sont des lieux privés spécialement aménagés avec une (ou plusieurs) cabine(s) téléphonique(s) mise(s) à la disposition de la population environnante. Mais ils peuvent être équipés parfois d'autres technologies de l'information et de la communication comme le fax, la photocopie, les micro-ordinateurs connectés ou non à Internet. Chaque télécentre est généralement doté de deux lignes équipées de taxaplus ou télétaxes qui sont des sortes de compteurs permettant aux utilisateurs de contrôler le nombre d'unités de la communication téléphonique effectuée. Les télécentres privés communautaires ont fait leur apparition au Sénégal en 1993 et dès lors ils ont renforcé leur poids de façon considérable. Le Sénégal comptait 5734 télécentres entre 1993 et

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1998, 8200 télécentres entre 1998 et 2000 et 13000 télécentres entre 2000 et 2001. La Sonatel vend 50 Francs CFA (0,08 euros) l'unité aux gérants qui doivent en plus payer une taxe d'une valeur ajoutée de 20%. Ensuite, il revient à chaque gérant de fixer la marge bénéficiaire souhaitée. La plupart du temps, l'unité de communication est vendue aux usagers entre 65 Francs CFA (0,10 euros) et 105 Francs CFA (0,16 euros). Les télécentres, dont plus de la moitié est située à Dakar, ont contribué de manière extrêmement importante à faciliter l'accès au téléphone aux populations les plus démunies et habitant dans les endroits les plus reculés du pays. Les spécialistes des télécommunications de même que certains observateurs avertis reconnaissent que les télécentres ont effectivement largement contribué à banaliser l'usage du téléphone sur tout le territoire national. Son expansion a favorisé, selon Gaston Zongo (2000), le développement d'une véritable culture du téléphone dans la société sénégalaise, toutes catégories sociales confondues. En outre, les télécentres ont également permis à de nombreux jeunes de trouver directement ou indirectement du travail. Au Sénégal, l'espace du télécentre est valorisé au maximum par le gérant. Aussi, il n'est pas rare d'y trouver la fourniture d'autres services, tels que la vente de matériel de bureautique, la vente de produits cosmétiques, de vêtements, de produits alimentaires, etc. En 2006, on comptait plus de 16.000 télécentres.

Néanmoins, il faut aussi admettre avec Olivier Sagna que l'on assiste aujourd'hui à la mort de la poule aux oeufs d'or avec le développement à un rythme sans précédent de la téléphonie mobile. Le succès rencontré par les innovations majeures prises par les deux opérateurs de téléphonie mobile de l'époque a contribué à modifier de façon extrêmement profonde l'environnement des télécommunications au Sénégal, entraînant inéluctablement la fermeture de millier de télécentres (15.000 entre 2005 et 2008) et par ricochet la perte de nombreux emplois. En effet, dès lors que Sentel, en 2005, et Sonatel Mobiles, en 2006, offraient désormais les possibilités d'acquérir des cartes téléphoniques prépayées à des sommes modiques (1000 FCFA, soit 1,52 euros) et aussi de partager des crédits à des tiers, les usagers ont commencé à se détourner des télécentres. Pour faire face à cette situation, les exploitants de télécentres, regroupés au sein de l'Union des exploitants des télécentres et des télé-services du Sénégal (Unetts), comptent moderniser ces dispositifs d'accès collectifs en les dotant de matériels informatiques. Selon Monsieur Bassirou Cissé, le secrétaire général de l'Unetts, ces équipements permettront de mettre à la disposition des clients de nouveaux services comme les démarches administratives en

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ligne (l'e-gouvernance), les paiements des factures d'électricité ou d'eau, les transferts d'argent, etc. Ce projet, piloté par l'Agence Informatique de l'Etat, pourra aussi compter sur le partenariat de l'ARTP, de la Banque mondiale et de Microsoft, entre autres bailleurs de fonds.

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