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Dynamique des réseaux et des systèmes de communication des migrants sénégalais en France

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par Moda GUEYE
Université Michel de Montaigne Bordeaux 3 - Doctorat de géographie 2010
  

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4.3 L'essor extraordinaire du téléphone mobile dans le pays

d'origine

Depuis l'année 2000, le parc de téléphonie mobile connaît une croissance spectaculaire. L'évolution très rapide du téléphone mobile au sein de la société sénégalaise dépasse les prévisions les plus optimistes. Sa position hégémonique s'affirme également davantage chaque jour auprès du grand public. En moins d'une décennie, il a fait un bond fulgurant, passant de 240.000 abonnés en 2000 à 1.121.314 abonnés en 2004, 1.730.106 abonnés en 2005, 2.982.623 abonnés en 2006, 3.630.804 en 2007 et à 5.389.133 abonnés en 2008. Le nombre de lignes mobiles a largement supplanté le nombre de lignes fixes. En 2003, il représentait près de 3,5 fois le nombre de lignes fixes et près de 10,5 fois en 2006.

De nombreux utilisateurs ont été attirés et séduits par sa facilité d'utilisation, son rôle primordial dans le maintien et le renforcement des relations sociales ainsi que les multiples services qu'il rend de façon pratique au quotidien. La concurrence très vive entre les deux opérateurs Sonatel Mobiles et Sentel, consécutive à la libéralisation du secteur, a contribué de façon notable au dynamisme du marché. Les efforts considérables déployés au niveau des infrastructures et des équipements ont permis l'extension et la densification des réseaux à travers les principales villes et axes routiers du pays. Annie Chéneau-Loquay observe par ailleurs que si la téléphonie mobile connaît un succès aussi spectaculaire dans un pays comme le Sénégal, c'est dû au fait que « sa configuration spécifique christallérienne, permet au réseau cellulaire des accès dans des zones périphériques aux lieux centraux dépourvues de toute autre infrastructure moderne » (Annie Chéneau-Loquay, 2001). L'ampleur considérable de la téléphonie mobile auprès de l'ensemble du corps social s'explique aussi par une série d'innovations extrêmement diversifiées mises en oeuvre par les opérateurs. En effet, afin de favoriser la pénétration du mobile auprès des personnes à faibles revenus en particulier, les opérateurs multiplient les

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initiatives et les promotions commerciales, surtout lors des fêtes religieuses telles que la Tabaski, la Korité, le Gamou, le Magal, etc. La majorité de la population ayant des revenus faibles préfère consacrer de petites sommes aux dépenses téléphoniques. Aussi, les trois opérateurs en concurrence (Sonatel Mobiles, Sentel et Sudatel) profitent souvent de ces évènements religieux pour organiser des campagnes de baisses de prix tous azimuts. Les possibilités d'acquisition de cartes de recharge ou de crédits à bas prix et les options de partage de crédit, notamment Izi de Sentel et Seddo de Sonatel Mobiles, ont ainsi permis aux populations à faibles revenus d'accéder et de s'habituer au téléphone qui est devenu le moyen de communication le plus utilisé au Sénégal.

En outre, le développement du téléphone mobile a joué un rôle considérable dans la diminution du chômage des jeunes. Beaucoup de jeunes garçons et filles, auparavant sans emplois, ont jeté leur dévolu sur ce créneau pour devenir non seulement des vendeurs de téléphones portables neufs ou d'occasion, mais aussi des vendeurs de cartes de crédit ou de crédit en détail à travers les grandes artères de la capitale sénégalaise. Les activités autour du téléphone portable s'étendent également aux métiers de réparation ou de bricolage et de décodage, exercés dans les rues et les places de marché de la capitale sénégalaise, en particulier le marché Sandaga, le marché du port, la « salle de vente », Colobane, etc. Pour Annie Chéneau-Loquay (2009), on est dans des territoires africains au sein desquels les populations, confrontées à des difficultés de toutes sortes, tentent quotidiennement de mettre en place et de développer « des économies du détail et de l'occasion », à travers des ruses, des bricolages, des subterfuges. Néanmoins aussi, il ne faut pas également oublier l'envers du décor, c'est-à-dire tous ces individus douteux qui gravitent autour de cette économie parallèle, l'antre des recels ou plutôt du manque de traçabilité (selon Moïse Kaboré), ces espaces de la prolifération des produits de bas de gamme en provenance de la Chine ou de contrefaçon en provenance du Nigéria, mais surtout les nombreuses nuisances causées à l'environnement.

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Graphique 8. Evolution du parc total des abonnés du mobile au Sénégal

Source : ARTP

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