WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Dynamique des réseaux et des systèmes de communication des migrants sénégalais en France

( Télécharger le fichier original )
par Moda GUEYE
Université Michel de Montaigne Bordeaux 3 - Doctorat de géographie 2010
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

Chapitre 9. Migrants, TIC et développement

Beaucoup d'observateurs s'accordent à penser que dans le futur les TIC vont irréversiblement prendre une part croissante dans de nombreux aspects de l'activité humaine ainsi que dans le fonctionnement des sociétés et principalement les plus industrialisées. « Ces technologies sont parées de toutes les vertus ; sésames pour le marché et le « grand bond en avant », outils de libération individuelle, elles sont censées en elles-mêmes accroître la qualité de la vie, stimuler la participation politique, promouvoir la cohésion sociale et l'égalité dans toutes les régions du monde » (A. Chéneau-Loquay, 2004). Pour ceux qui en ont une vision idéalisée, les TIC semblent être la panacée qui va enfin permettre de combler le gouffre économique entre les pays riches et les pays pauvres. Dans cette société qui émerge à l'aube de ce 21ème siècle, la high-tech contribue incontestablement à réduire le fossé Nord-Sud. (Pascal Renaud, 2001). Le processus d'insertion de l'Afrique dans la toile mondiale est devenu irréversible. Il faut alors réfléchir sur les moyens de surmonter de façon rationnelle les contraintes spatiales et politiques liées au déploiement des infrastructures ou équipements de télécommunications dans les territoires africains.

De même, l'interaction entre migrants et TIC pourrait contribuer à renforcer les moyens par lesquels les migrants peuvent non seulement participer au développement économique et social des territoires d'origine mais aussi à l'élaboration et la mise en oeuvre des différents projets les concernant. Car, bien plus que le simple maintien de contacts réguliers avec le pays d'origine, les TIC offrent également aux migrants la possibilité de participer de façon plus active au développement de leur pays d'origine aussi bien du point de vue économique que du point vue social, technique, culturel... En effet, les migrants font usage des TIC pour élaborer, mener et gérer en commun des projets en faveur du développement du pays d'origine, parfois avec le partenariat de divers acteurs. Parmi ces derniers, les organismes internationaux ainsi que les organismes de coopération et de solidarité du pays d'origine font figure de bailleurs de fonds et aussi apportent leur expertise. Dans le pays d'origine, ils peuvent compter sur le capital humain, c'est-à-dire l'expertise locale mais surtout la détermination des populations à s'approprier les projets afin d'améliorer leurs conditions de vie. Nonobstant ces projets, la

376

contribution des migrants peut prendre d'autres formes. Elle peut se traduire par exemple par des envois d'argent, des transferts de compétences ou de connaissances ainsi que par la promotion des ressources du pays d'origine auprès des investisseurs potentiels dans le pays de résidence.

Les TIC semblent posséder de nombreux avantages, y compris pour les migrants qui souhaitent effectuer des démarches en vue d'investir au Sénégal. En effet malgré la distance, les migrants sont constamment à l'affût des opportunités d'investissement dans leur pays d'origine. D'autre part, il convient de souligner qu'il existe au sein de la diaspora sénégalaise de nombreux migrants disposant d'une expertise avérée dont la mobilisation et l'utilisation à bon escient pourraient, dans bien des cas, se révéler extrêmement bénéfiques au bien-être des populations restées dans le pays d'origine. Dans les zones rurales qui en sont dépourvues, les migrants contribuent, à travers leurs associations, à construire des équipements sociaux collectifs (hôpitaux, centres de santé, écoles, bureaux de poste...), à aménager des périmètres irrigués ou des jardins maraîchers équipés de pompes, forages, châteaux d'eau et aussi à créer d'autres activités économiques.

Au Sénégal, des efforts considérables ont été consentis afin de faciliter l'accès et l'utilisation des TIC par les populations locales, à travers la multiplication des points d'accès collectifs, notamment les cybercafés privés, les centres multimédias communautaires (CMC) et les dispositifs d'accès publics réalisés grâce au projet d'appui au désenclavement numérique (ADEN). L'intérêt des populations pour ces dispositifs d'accès collectifs témoignent parfois d'une capacité d'adaptation remarquable dont font preuve les organisations paysannes et les associations de femmes. Tout cela constitue autant d'atouts pour favoriser des échanges socio-économiques directement entre ces diverses structures, les migrants qui disposent de connaissances et d'expériences par exemple dans les domaines agro-alimentaire, économique, de la santé... et les autres acteurs de développement.

Mais ce qui est surtout fondamental, ce sont bien entendu les effets positifs que peuvent avoir les outils modernes de communication et d'information sur les différentes stratégies déployées afin d'inciter les migrants à effectuer des investissements et participer à la création d'emplois dans le pays d'origine. Avec les TIC, l'accès aux possibilités

377

d'investissement devient plus démocratique et plus transparent et certaines démarches administratives peuvent être effectuées en ligne.

On observe ainsi la création tous azimuts de sites web diasporiques où se construisent des identités collectives mais aussi où se développent des initiatives susceptibles d'avoir des répercussions sur l'organisation de l'espace dans les territoires d'origine. L'enjeu, c'est de parvenir à faire en sorte que les TIC puissent favoriser la mise en place d'un système de partenariat véritable articulé autour des migrants, des différents acteurs publics et privés dans les pays de résidence comme dans les pays d'origine pour un développement social et économique durable.

9.1 Les migrants des acteurs incontournables du

précédent sommaire suivant






La Quadrature du Net