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Mémoire, identité et dynamique des générations au sein et autour de la communauté harkie. Une analyse des logiques sociales et politiques de la stigmatisation.


par Emmanuel BRILLET
Université Paris IX Dauphine - Doctorat de sciences politiques 2007
  

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B. Le maniement du stigmate ou « les difficultés qu'éprouve l'individu «discréditable» à contrôler l'information sur lui-même » (E. Goffman1510(*))

Selon Erving Goffman, le stigmate peut se définir comme « la situation de l'individu que quelque chose disqualifie et empêche d'être pleinement accepté par la société [et de s'accepter soi pleinement] »1511(*). La situation où se trouvent placés de nos jours en France les enfants de harkis les confronte routinièrement à la question de la présentation de soi, autrement dit, à la gestion des marqueurs visibles ou invisibles de l'identité au cours des interactions de la vie quotidienne. Ainsi en va-t-il des « techniques de contrôle de l'information », tel « le faux-semblant »1512(*) (à l'endroit des populations issues de l'immigration maghrébine), ou des « techniques d'assimilation », tel « le surmarquage des attributs de francité »1513(*) (à l'adresse de la société d'accueil). Ces « techniques d'ajustement » (Erving Goffman) sont autant de stratégies d'accommodation à la situation d'interaction, au sens où Vincent de Gaulejac définit la notion de stratégie. Pour ce dernier, « la notion de stratégie se situe à l'articulation du système social et de l'individu, du social et du psychologique », et décrit simplement « les comportements, individuels ou collectifs, conscients ou inconscients, adaptés ou inadaptés, mis en oeuvre pour atteindre certaines finalités »1514(*). « Ces finalités, ajoute-t-il, sont définies par les acteurs en fonction de leur évaluation de la situation d'interaction, c'est-à-dire de l'importance des contraintes extérieures et de leurs propres capacités d'action »1515(*).

En fait, ainsi que le souligne Raymond Boudon, les objets sociaux se caractérisent par leur « ambiguïté ». Autrement dit, les critères sur la base desquels nous sommes identifiés et jugés dans les interactions de la vie quotidienne, y compris les stimuli physiques, comportent une certaine dose de flexibilité et d'arbitraire. « Cette ambiguïté est pénible, écrit Raymond Boudon, dans la mesure où elle est perçue comme une dissonance cognitive, et l'influence peut alors constituer un moyen pour trouver une solution à cette dissonance »1516(*). Il existe ainsi des stratégies de présentation de soi qui, précisément, sont des stratégies d'influence, et qui visent soit à réduire soit à entretenir l'ambiguïté selon ce qui est le plus conforme aux intérêts des personnes concernées. Raymond Boudon, se référant à Erving Goffman : « [L'identification d'autrui] est facilitée - ou contrariée - par l'influence que chacun des partenaires exerce sur l'autre pour se «faire valoir», pour apparaître sous le jour le plus favorable »1517(*).

Précisément, les enfants de harkis se trouvent placés dans une situation telle, de nos jours en France, qu'ils se doivent d'« user et ruser avec une très pragmatique agilité des repères de l'identité »1518(*). Usages et ruses que Erving Goffman rassemble sous la formule de « maniement du stigmate ». Selon cet auteur, le maniement du stigmate, dont participe primitivement l'apprentissage de techniques visant à ajuster la présentation de soi aux structures de l'interaction, constitue l'une des phases de la socialisation de l'individu stigmatisé. Il s'agit d'abord, pour les individus stigmatisés, de « découvrir selon quelles lignes il doivent se recomposer une conduite afin de minimiser l'importunité de leur stigmate »1519(*). À cet égard, Erving Goffman distingue entre la situation de l'individu « discrédité », « forcé de s'accommoder d'une tension »1520(*), et celle de l'individu « discréditable », « obligé de contrôler une information »1521(*). Ainsi, l'attitude de l'individu stigmatisé au cours de ce que l'auteur appelle les « contacts mixtes », c'est-à-dire lorsque les « normaux »1522(*) et les stigmatisés viennent à se trouver mutuellement en présence les uns des autres, est fonction à la fois de la visibilité de son stigmate, c'est-à-dire de sa plus ou moins grande propension à produire le moyen de faire savoir qu'il est "possédé" par cet individu, de la notoriété de son stigmate, soit la connaissance qu'ont les autres de sa situation, et enfin de l'importunité de son stigmate, à savoir dans quelle mesure il contrarie le flux de l'interaction. S'il s'agit d'un individu dont la différence est soit immédiatement perceptible (« (...) tu seras jamais intégré, ça... si tu es un Arabe, tu resteras un Arabe, même en étant fils de harki, oui, même en étant un fils de harki (...). Il suffit, en France, si tu es blond aux yeux bleus, tu es... issu de la communauté européenne : Espagnol... Grec, Portugais, ils vont pas te traiter de... de sale merde, quoi, mais si tu es typé, basané, alors là c'est la catastrophe. C'est la catastrophe ; Karim), soit déjà connue (« Il y a encore des personnes qui considèrent que les enfants de harkis sont des fils de traîtres et que les côtoyer est quelque chose de complètement insensé (...). Ma soeur a eu l'expérience de rencontrer une personne qui, à partir du moment où elle lui a appris qu'elle était fille de harki, n'a jamais cherché à la revoir, c'est... c'est quelque chose d'impensable » ; Hassina), les situations sociales « mixtes » tendent à produire des interactions flottantes et angoissées, accompagnées d'une grande tension. Mais lorsque la différence n'est ni immédiatement apparente, ni déjà connue, lorsque l'individu n'est pas « discrédité » mais bien « discréditable », le problème n'est plus tant de savoir gérer les tensions qu'engendrent les rapports sociaux que de savoir manipuler de l'information sur un handicap virtuel (avec les problèmes de dissimulation et de révélation qui se posent à lui) ; Erving Goffman désigne par « faux-semblant » le maniement d'une information discréditrice pour soi-même et non révélée : « Lorsqu'une différence est relativement invisible, ce que son possesseur doit apprendre avant tout, c'est qu'il peut compter en fait sur sa propre discrétion »1523(*) :

« Moi, je suis éducateur de métier, je me suis occupé de... de Beurs... délinquants, etc. J'ai jamais eu de problèmes. Mais je leur ai jamais dit que j'étais fils de harki, ça c'est clair. Ah ! là ç'aurait été... un problème. (...) Alors là... y'aurait plus eu de respect (...) » (Karim).

Amalgamés, en vertu de considération phénotypiques, avec les populations issues de l'immigration maghrébine (et victimes, au même titre que ces dernières, du "délit de faciès"), mais encore, au cas où leur qualité de fils ou de fille de harki viendrait à être connue ou révélée, potentiellement exposés au stigmate d'infamie (singulier paradoxe, de la part même de ceux avec lesquels ils sont ordinairement confondus), les enfants de harkis sont tour à tour placés, au cours de leur « ronde journalière », dans la situation de l'individu « discrédité » et celle de l'individu « discréditable ». Il apparaît ainsi que l'enfant de harki, s'il veut garder le contrôle de son identité personnelle, doit savoir à qui il "doit" beaucoup d'informations, et à qui il en "doit" fort peu. Pour cette raison, il lui faut apprendre à la fois :

- à déjouer les préjugés en se jouant des apparences, ce que Erving Goffman appelle l'« effort de couverture » (vis-à-vis du groupe majoritaire) (section 1) ;

- à déjouer les préjugés en jouant des apparences, ce que Erving Goffman appelle le « faux-semblant » : la stratégie de la "dilution" au sein des populations issues de l'immigration maghrébine participe du maniement d'une information "discréditrice" pour soi-même et non révélée (section 2).

1. L'effort de neutralisation des préjugés liés au faciès, ou « le surmarquage des attributs de francité » (Mohamed Kara)

a) L'usage de « désidentificateurs », ou comment ne pas « être parlé par son corps » (André Gorz)

Le choix de prénoms français par les parents (ou sous la pression de l'administration), ainsi que la francisation des patronymes (qui s'y surajoute ou non) par les parents et/ou les enfants participent au premier chef des techniques de "neutralisation" des préjugés liés au faciès. Dans le livre qu'elle consacre au phénomène du changement de nom, Nicole Lapierre souligne que « la plupart des parents originaires de pays du Maghreb préfèrent donner à leurs enfants des prénoms arabes traditionnels, en dépit des effets stigmatisants que ce choix peut susciter »1524(*). Plus encore, « la francisation de patronymes qui renvoient aux frontières symboliques de la terre d'Islam apparaît comme une rupture inacceptable pour beaucoup de musulmans ». « De fait, ajoute-t-elle, la quasi-totalité des changements de nom de consonance arabe sont le fait de personnes ayant pris leurs distances avec l'islam ; ce peut-être aussi une décision qui confirme une option paternelle en faveur de la culture et de la société françaises maintenue dans le contexte de la décolonisation »1525(*).

De même, selon Erving Goffman, les procédés tel que le changement de nom participent des « techniques d'assimilation »1526(*) qu'emploient les membres des minorités ethniques pour traduire leur volonté d'intégration ou leur sentiment d'appartenance à la société d'accueil, incidemment menacés par une apparence qui les rattache de prime abord à un « groupe tribal stigmatisé ». L'individu stigmatisé use du prénom et/ou du nom francisé(s) comme de « désidentificateurs », soit « un type de signes qui tendent - en réalité ou dans l'espérance - à briser un tableau autrement cohérent, mais pour le modifier dans un sens positif voulu par leur auteur, et dont l'effet n'est pas tant de poser une nouvelle revendication que de mettre fortement en doute celle qui existait virtuellement »1527(*).

En l'espèce, s'il procède d'une démarche volontaire des parents, le choix de prénoms "français" pour les enfants tend, dans le meilleur des cas, à souligner - et à signer aux yeux d'autrui - l'option des pères pour la France :

« Mon père m'a appelée Marianne, comme la République. Parce qu'il l'aimait profondément. Pour lui, elle était le symbole de la liberté ». Et elle ajoute : « Mon père était un grand érudit musulman. Un jour, je suis sortie en portant une robe fuchsia, avec un décolleté profond, des lacets, et très courte. Je ne pouvais même pas tirer dessus tellement il y avait peu de tissu. J'ai croisé mon père dans la rue. Il s'est exclamé : «Comme tu es belle ! Pourquoi n'as-tu jamais mis cette robe ? N'aie pas peur que le regard des hommes te salisse. Moi je suis français, et mon regard ne te salira jamais» »1528(*).

Plus prosaïquement, le choix de prénoms "français" peut signifier la volonté des parents de soustraire leurs enfants aux effets d'assignation et de stigmatisation liés aux prénoms particulièrement typifiants. C'est le cas de la maman de Sarah, qui n'a pas voulu que sa fille, « arrière-petite-fille et petite-fille de harkis », porte un prénom arabe, « pour qu'elle ne subisse pas le poids de cette histoire et qu'elle ne se heurte pas au racisme ». Et elle ajoute : « Même si plus tard je lui raconterai mon parcours et celui des harkis, je veux qu'elle vive comme tous les autres enfants. Loin de ce drame »1529(*).

Cependant, cette démarche peut être mal interprétée par certains enfants de harkis, qui peuvent ne voir dans cette décision que pur esprit de soumission, volonté d'effacement. C'est ce que reproche en substance Zahia Rahmani à son père, qui l'avait appelée "Isabelle", pour sa plus grande honte à elle, humiliée par ce prénom qui ne lui ressemblait pas et, plus encore, par l'attitude d'un père qu'elle voyait semblable à ces « petits soldats qui s'excusent tout le temps » :

« On n'a pas voulu nous voir. Nous, ceux de cette politique honteuse. Si seulement on avait parlé. Si on avait su. Mais on n'a pas su. Cette parole qu'on écoute, qui informe et qui libère on ne l'a pas eue. On n'a pas pu. On m'a donc appelée Isabelle. Ma soeur est devenue Francine et mon frère Francis. Isabelle, et le reste tu oublies. Ton père ne lève pas la tête et tu dois marcher avec des prénoms pareils ! On était la risée de tout le monde. Bonjour madame, bonjour monsieur ! Une ressemblance contrainte. Sans explication. Ressemble-moi. Ressemble-moi. C'est la seule chose que je supporte de toi ! Et toi, pauvre con, tu mimes ton maître »1530(*).

Cependant, d'autres facteurs - indépendants de la volonté des parents - peuvent expliquer pourquoi au sein de la communauté harkie la francisation des prénoms apparaît être une pratique relativement plus répandue qu'au sein des populations issues de l'immigration maghrébine (où cette pratique demeure très exceptionnelle). La fréquence du choix de prénoms français y est de fait étroitement corrélée aux conditions initiales de prise en charge des anciens harkis et de leurs familles par les autorités de tutelle : cette option fut ainsi la plupart du temps une option "sous pression", largement tributaire du zèle des administrateurs, assistantes sociales et autres personnels officiant dans les camps de regroupements et autres sites spécifiquement dédiés à l' « accueil » et au « reclassement » des Français musulmans rapatriés, qui entendaient faciliter l'intégration des enfants en imposant aux parents le choix d'un prénom "français". Marwan Abi Samra et François-Jérôme Finas rapportent ainsi que « les monitrices de promotion sociale prénomment souvent les nouveaux-nés dans les camps et les hameaux forestiers, contre l'avis des parents ; il est d'ailleurs très significatif de voir qu'une partie importante des jeunes Français-musulmans, nés entre 1962 et le début des années 1970, portent des prénoms français, alors qu'ils se font appeler dans leur entourage familial et communautaire par des prénoms arabes »1531(*). Pour leur part, Jean-Jacques Jordi et Mohand Hamoumou notent qu'au Logis d'Anne « une grande partie des enfants nés entre 1963 et 1970 portent des prénoms «français» imposés par l'assistante sociale ou la sage-femme ». Les auteurs d'ajouter : « Un refus était perçu comme la marque d'une volonté de non-intégration ! »1532(*). De même, Mohamed Bouremel, de Mende, rapporte que « dans le camp, en Lozère, l'assistante sociale choisissait le prénom des enfants à notre place. Du coup, une de mes filles s'appelle Danièle : c'est la seule qui porte un prénom français. Après j'ai refusé »1533(*).

La décision de franciser un patronyme - le "changement de nom" proprement dit - est encore plus exceptionnelle. Elle procède généralement de la volonté des enfants (et parfois aussi des parents) de déjouer un destin trop scellé par un nom qui « enserre l'individu et le déconsidère tout entier »1534(*), mais encore parfois - dans une démarche plus intérieure - de « mettre en correspondance le sentiment d'identité, la réalité de la citoyenneté et le caractère du patronyme »1535(*). En ce cas, ajoute-t-elle, « la dimension horizontale de l'affiliation et de l'intégration sociale y prend nettement le pas sur l'axe vertical de l'origine et de la filiation »1536(*).

Cependant, les témoignages recueillis par Nicole Lapierre marquent, dans leur diversité, combien la manière dont est assumée cette situation ainsi que les bouleversements induits divergent non seulement selon que cette francisation du prénom et/ou du nom a été imposée de l'extérieur ou choisie, mais encore - mais surtout - selon le degré de latitude qu'elle laisse à l'individu pour trouver et jouer du point d'équilibre entre l'axe vertical de la filiation et l'axe horizontal de l'affiliation. Les parents de Djellouli Bent Ahmed s'étaient vus imposer par l'administration du camp de lui donner un prénom français, tout en conservant la possibilité d'y accoler un prénom arabe en second1537(*). C'est ce prénom qui est utilisé dans les relations familiales et intra-communautaires. « L'usage d'une identité officieuse, réservée aux proches, délimitée à un espace de relations privilégiées au sein duquel elle fonctionne comme signe distinctif d'appartenance et d'inclusion, comme repère de familiarité et de reconnaissance, existe au demeurant dans de nombreuses collectivités », souligne Nicole Lapierre1538(*). Cependant, Djellouli use de son identité "composite" comme d'un atout dans ses relations sociales et professionnelles :

« Cela nous arrange bien avec l'administration d'avoir des prénoms français, mais à la maison on en a un autre, et puis on change selon les circonstances. Moi, sur ma carte de visite, pour un usage commercial, j'ai abrégé mon nom en Bent, M. Bent, c'est plus facile. On joue aussi avec les prénoms et avec les apparences, on des caméléons : avec les Juifs on peut laisser croire qu'on est Juif, avec les Beurs, qu'on est beur, avec les Italiens, même chose. C'est ce qu'il faut faire, travestir le système d'identité et en rire »1539(*). A l'inverse, Mohamed Guerroumi, pupille de la nation, devenu Jean-Pierre Guérin à la suite de l'internement de son père, ancien combattant d'Indochine et d'Algérie, n'a jamais rencontré que méfiance et soupçon avec cette identité en forme de table rase1540(*), et se dit « amputé ». Il a fait plusieurs demandes de retour à son identité originelle, constamment rejetées par les tribunaux.

Et Nicole Lapierre de souligner qu'« à la croisée de l'individuel, du familial et du social, (...) l'optique grossissante du changement de nom révèle l'ambivalence des phénomènes d'identification et d'affiliation, (...) mais aussi la pensée magique et les constructions idéologiques qui s'emparent des signes et repères de l'identité »1541(*). « Les propos des uns et des autres, ajoute-t-elle, témoignent de cette double pression, interne liée à la filiation, à l'héritage d'une histoire et au sentiment d'identité, externe liée à la stigmatisation et à l'identité dévalorisante assignée »1542(*).

* 1510 Erving Goffman [1963], Stigmate. Les usages sociaux des handicaps, Paris, Les Éditions de Minuit, 1975, p.112.

* 1511 Ibid.

* 1512 Ibid, p.58 et 112 à 121.

* 1513 Cf. Mohamed Kara, Les Tentations du repli communautaire. Le cas des Franco-Maghrébins et des enfants de Harkis, Paris, L'Harmattan, 1997, p.150-151 et 164-165.

* 1514 Vincent de Gaulejac, Les sources de la honte, Paris, Desclée de Brouwer, 1996, p.184.

* 1515 Ibidem.

* 1516 Raymond Boudon, entrée « Influence », in Raymond Boudon et François Bourricaud, Dictionnaire critique de la sociologie, Paris, PUF, 1982, p.299.

* 1517 Ibid, p.299-300.

* 1518 Nicole Lapierre, Changer de nom, Paris, Stock, 1995 (Édition revue et corrigée 1999), p.284.

* 1519 Erving Goffman, op.cit., p.125.

* 1520 Ibid, p.123.

* 1521 Ibidem.

* 1522 Sous le vocable de « normaux », Erving Goffman entend désigner les individus qui ne différent pas négativement des anticipations que nous formulons quant à leur identité sociale.

* 1523 Erving Goffman, op.cit., p.99.

* 1524 Nicole Lapierre, Changer de nom, Paris, Stock, 1995 (Édition revue et corrigée 1999), p.188-189.

* 1525 Ibid, p.84-85 et 190.

* 1526 Erving Goffman, op.cit., p.124-125.

* 1527 Erving Goffman, op.cit., p.60.

* 1528 Marianne, la trentaine (Rivesaltes, Pyrénées-Orientales), citée par Stéphane Gladieu et Dalila Kerchouche, Destins de harkis. Aux racines d'un exil, Paris, Autrement, 2003, p.106.

* 1529 La maman de Sarah, anonyme (Perpignan), citée par Stéphane Gladieu et Dalila Kerchouche, Destins de harkis. Aux racines d'un exil, Paris, Autrement, 2003, p.106

* 1530 Zahia Rahmani, Moze, Paris, Sabine Wespieser Éditeur, 2003, p.66-67.

* 1531 Marwan Abi Samra et François-Jérôme Finas, Regroupement et dispersion. Relégation, réseaux et territoires des Français musulmans, rapport pour la Caisse Nationale d'Allocations Familiales, Université de Lyon 2, mars 1987, p.23-24.

* 1532 Jean-Jacques Jordi et Mohand Hamoumou, Les harkis, une mémoire enfouie, Éditions Autrement, 1999, p.108.

* 1533 Mohamed Bouremel, la soixantaine, Mende (Lozère), cité par Stéphane Gladieu et Dalila Kerchouche, Destins de harkis. Aux racines d'un exil, Paris, Autrement, 2003, p.107.

* 1534 « A travers la stigmatisation, écrit Nicole Lapierre, le nom n'est plus seulement un attribut plus ou moins arbitraire, il devient une essence. Ainsi les noms particulièrement typifiants glissent-ils du signe d'origine à la nature de l'être » (Nicole Lapierre, Changer de nom, Paris, Stock, 1995 (Édition revue et corrigée 1999), p.281).

* 1535 Nicole Lapierre, Changer de nom, Paris, Stock, 1995 (Édition revue et corrigée 1999), p.285.

* 1536 Ibidem.

* 1537 Djellouli Bent Ahmed : « Nous, nous étions dans un camp plus ou moins administré par les Pieds-noirs où les changements de prénoms étaient nombreux car il y avait une assistante sociale pied-noir qui les changeait d'office, sans l'avis des parents. Elle a choisi le prénom des enfants dans plus de deux mille familles, elle les a tous francisés. Pendant son règne, à chaque naissance, elle inscrivait un prénom français » ; cité par Nicole Lapierre, Changer de nom, Paris, Stock, 1995 (Édition revue et corrigée 1999), p.283.

* 1538 Nicole Lapierre, Changer de nom, Paris, Stock, 1995 (Édition revue et corrigée 1999), p.342-343.

* 1539 Ibid, p.284.

* 1540 Mohammed Guerroumi : « Quand je téléphonais pour un boulot ou un appartement et que je disais Guérin Jean-Pierre, pas de problème... Mais quand je me présentais avec ma tête basanée et frisée, il n'y avait plus de boulot pour moi, ou plus d'appartement » ; cité par Nicole Lapierre, Changer de nom, Paris, Stock, 1995 (Édition revue et corrigée 1999), p.334.

* 1541 Nicole Lapierre, Changer de nom, Paris, Stock, 1995 (Édition revue et corrigée 1999), p.14-15.

* 1542 Ibid, p.191.

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