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Les enfants dans les attentats suicides: étude comparative de trois cas: Sri Lanka, Palestine, zone Afghanistan/Pakistan

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par Mélanie JOANNES
Institut catholique de Paris - Master 2 sciences politique, mention géopolitique et sécurité internationale 2011
  

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1.3. Comment ces groupes utilisent les enfants dans les attentats suicides

1.3.1. Le recrutement et les profils

Nous avons pu constater au cours de nos recherches que les méthodes de recrutement varient à la fois d'un groupe terroriste à l'autre et souvent dans le groupe lui-même également. Cependant, nous avons relevé des grandes tendances qui seront exposées ci-dessous. Nous allons également tenter d'établir le profil type des enfants qui sont recrutés par ces groupes.

1.3.1.1. Le Sri Lanka

Comme cela a été souligné à plusieurs reprises au cours de cette étude, en vue du manque de données exactes sur l'ensemble des attentats suicides et plus particulièrement ceux perpétrés par les enfants, il est difficile d'établir un profil type des enfants « kamikazes ». Cependant, une tendance semble être dominante. Selon une étude de l'UNICEF, 41% des enfants présents dans les rangs du LTTE sont des filles. Le gouvernement sri lankais a ajouté que depuis quelques années, presque tous les kamikazes ont été des jeunes filles ou des jeunes femmes.96(*) De plus, des études affirment qu'une partie importante, voir la majorité des auteurs d'attentats suicides, seraient des filles mineures et des femmes.

En ce qui concerne le recrutement à proprement dit, nous disposons de peu de sources sur les enfants destinés à perpétrer un attentat suicide. Cependant, nous avons des données plus générales sur le recrutement des enfants dans les rangs du LTTE. Mais il n'est pas possible de distinguer les enfants qui serviront en tant que kamikazes et ceux qui serviront comme soldats.

Nous avons vu plus haut que les tigres demandent à la communauté de s'impliquer dans le conflit, de manière financière, notamment par le biais de taxes. Les leaders du LTTE exhortent également les familles à « donner » un de leurs enfants pour la cause.97(*) Cette forme de recrutement, résumée dans la formule «une famille, un enfant», s'est intensifiée à partir de 2001 dans le district de Batticaola. Nous ne pouvons pas exactement qualifier ce type de recrutement de volontaire, puisque la démarche n'est pas faite par l'enfant lui-même mais par la famille sur demande du groupe. Il est un don obligatoire fait par la famille au LTTE. Le don obligatoire tel qu'il est employé ici, signifie que l'enfant a été donné par la famille sans menace physique, dans le cas contraire, il s'agirait simplement d'un enlèvement. Cependant, il est certain qu'une forte pression doit peser sur ces parents, notamment l'idée de représailles.

Au cours de nos lectures, nous avons vu apparaitre un autre type de recrutement qui, à la fin des années 1990, a pris une grande ampleur. Il est d'ailleurs très probable qu'il soit le premier moyen de recrutement ; il s'agit de l'enlèvement. Une étude menée par l'Université Tacher for Humann Right (UTHR) en mars 200398(*) a mis en avant de nombreux cas d'enlèvements, souvent sur des enfants de moins de 15 ans, dans des zones essentiellement contrôlées par le LTTE. Les enfants peuvent être enlevés à l'école, dans leur maison ou dans la rue. Cette méthode semble être appliquée dans le cas où les familles ne peuvent pas ou ne veulent pas donner un de leur enfant ou dans le cas des enfants rendus orphelins par la guerre ou par le tsunami de décembre 2004. C'est pourquoi nombre de familles ont fui vers des lieux plus sûrs.

Nous avons distingué un troisième type de recrutement qui est celui du volontariat. Dans cette étude, nous entendrons le terme de volontariat par un engagement libre de la part de l'enfant et sous son impulsion. Le mot libre doit être entendu dans ses limites les plus strictes, car le contexte propre à chacun de ces conflits pèse lourdement sur la prise de décision de l'enfant. Cet aspect sera vu dans la deuxième grande partie de l'étude. Ici encore, les sources disponibles sont très limitées, cependant nous disposons de quelques éléments qui nous permettent de penser qu'un certain nombre d'enfants, dans des proportions qui nous sont inconnues, décident volontairement de s'engager dans les rangs dans le dessein de devenir martyrs.

* 96Chara Latu Hogg, Op. cit., p.20

* 97Chara Latu Hogg, Op. cit., p.18

* 98 University Teachers of Human Right Watch (Jaffna) Sri Lanka, Children Conscription and peace: a tragedy of contradiction, Special report n°16, 18 mars 2003

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