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Drapeaux, iconographies et géopolitique


par Simon GERMAIN-BATISSE
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne - Master 1 Géographie 2012
  

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CHAPITRE SECOND

LE DRAPEAU DANS LE CADRE CONCEPTUEL

DE JEAN GOTTMANN

I - La dialectique circulation/iconographie et sa

substitution réseaux/territoires

S'il est surtout connu pour son concept de « mégalopolis », Jean Gottmann a développé une réflexion avant-gardiste sur les relations entre l'espace géographique (espace habité par les hommes) et la politique1. Son livre majeur La Politique des Etats et leur Géographie2 est ainsi l'expression menée à son but ultime de sa pensée. Longtemps marginalisée, en lien avec un relatif retrait de la Géopolitique encore trop connotée à la Geopolitik allemande durant les années 1950-1980, la pensée de Jean Gottmann propose une refonte méthodique de la pensée géopolitique dans laquelle le drapeau occupe une place prépondérante dans le cadre d'un système ingénieux. Il propose ainsi un cadre conceptuel qui structure l'espace géographique en perpétuel mouvement.

Peu de géographes, ou de géographes politiques, ou même de géopoliticiens n'ont abordé, ni intégré la question des symboles dans la géopolitique autant que Jean Gotttmann ne l'a fait. En outre, aujourd'hui encore, la place des symboles en géographie est encore marginalisée, à l'image du peu d'études réalisées sur les drapeaux en France. La vexillologie reste encore à l'heure actuelle une discipline en marge de l'héraldique par exemple, et ne s'intègre que trop peu dans les problématiques géographiques.

Le raisonnement de Jean Gottmann obéit à une seule question philosophique qu'il applique à la géographie : celle de la continuité du changement3. A cette question, son point de départ pour son application dans la géographie politique, est ce qu'il nomme le « cloisonnement du monde ». La métaphore de la boule de billard pour incarner la terre fait apparaître à Jean Gottmann l'impossibilité pour l'espace géographique d'être « lisse ». Il existe un espace géographique segmenté, fragmenté par des cloisons (d'un point de vue matériel des frontières). Et toute sa pensée se porte sur l'étude de l'évolution de ces cloisons, qui créent alors des régions (qu'on appelle nous pays), ce qu'il nomme lui l'évolution des régionalismes4.

1 Lire Georges Prévélakis, « Jean Gottmann » dans Jacques Lévy, Michel Lussault (sous la direction), Dictionnaire de la Géographie et de l'espace des Sociétés, Belin, Paris, 2003, p. 414-416.

2 Publié en 1952, sans réception extraordinaire. La géopolitique est encore marquée du fer de la « Geopolitik » allemande ayant conduit au désastre de la Seconde Guerre Mondiale

3 PREVELAKIS, 2001 : 47

4 Lire le chapitre VIII « Genèse et évolution des régionalismes », JEAN GOTTMANN, 1952 : pp.213-225

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C'est à ce moment que le géographe propose sa dialectique circulation/iconographie pour bien saisir toute la complexité des mouvances du cloisonnement du monde. N'importe quel régionalisme politique emprunte toujours la voie de cette dialectique.

Un régionalisme, a fortiori la formation d'un Etat, se meut donc entre deux systèmes : un système de mouvement, et un système de résistance au mouvement1, les deux demeurant évidemment dépendant l'un de l'autre. On ne peut donc pas étudier l'un sans l'autre. La question du drapeau doit donc être traitée dans cet ensemble théorique.

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