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Drapeaux, iconographies et géopolitique


par Simon GERMAIN-BATISSE
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne - Master 1 Géographie 2012
  

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A - La circulation :

Le premier système est ce qu'il nomme la circulation. Il s'agit, dans la perspective vidalienne, du principe de changement2. Dans trois domaines3 (politique, économique et culturel) la circulation s'exerce sur l'espace géographique et « déstabilise » celui-ci. Elle le déstabilise dans le sens où elle opère des mouvements déstructurant un ordre géographique déjà établi. Gottmann nous parle ainsi du déplacement des « hommes, des armées, des idées [...] des marchandises, des capitaux, des marchés »4. La circulation désorganise puis réorganise ainsi l'espace géographique. Elle consiste à « déplacer » puis rassembler de nouveau autour d'un lieu privilégié pour ses capacités de captation de flux. Ces lieux se situeront aux croisements de voies de circulation. Ceux-là mêmes deviendront des privilégiés quand d'autres subiront les effets néfastes de la nouvelle donne géographique.

Habilement, au concept de circulation se substitue celui de réseaux5. Car qu'est-ce que la circulation si ce n'est un réseau de connections entre plusieurs lieux déjà créés par les évolutions de la circulation. C'est donc une double dynamique que la circulation provoque sur l'espace géographique : elle désorganise et décloisonne par ses mouvements aussi inattendues que multi-scalaires (migrations de populations, de marchandises...), puisqu'elle restructure tout un espace, et elle met en connexion ces espaces par le biais des nouveaux réseaux qu'elle élabore.

Malgré sa capacité à se renouveler en permanence, la circulation reste dans une certaine mesure déterminée par des contraintes physiques6. La circulation n'est donc pas totalement libérée des contraintes physiques. En effet, les voies navigables restent de formidables canaux de circulation tant qu'elles ne sont pas objets de convoitises entre deux Etats pour son contrôle. Et même si le progrès technique permet de ne plus tenir compte du tout des données physiques, il n'en reste pas moins que la mémoire des influences physiques demeurera7.

La circulation demeure donc une force déstabilisante pour les sociétés, qui doivent en réponse proposer des mécanismes de protection et de défense de leurs intérêts. Face aux déséquilibres géographiques que la circulation entraine (par exemples des différences de richesses entre

1 JEAN GOTTMANN, 1952 : 214

2 PREVELEAKIS, 2001 : 43

3 JEAN GOTTMANN 1952 : 215

4 JEAN GOTTMANN, ibid

5 PREVELAKIS, 2001 : 47

6 JEAN GOTTMANN, 1952 : 215

7 PREVELAKIS, 2001 : 44

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deux lieux d'une même région ou d'un même pays), il faut, pour l'autorité politique en place, maintenir une certaine cohésion sociale, une cause nationale, pour éviter les ardeurs sécessionnistes.

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