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Drapeaux, iconographies et géopolitique


par Simon GERMAIN-BATISSE
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne - Master 1 Géographie 2012
  

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C - L'association de cette dichotomie.

Evidemment, ces deux pôles, ces deux dynamiques se confrontent, ils sont concurrents, et établissent un rapport de force.

Lorsque la circulation est plus forte, l'iconographie s'adapte. L'exemple de l'Union Européenne (UE) est significatif8. Au profit d'une libre circulation des hommes et des marchandises, une monnaie unique est crée l'euro (la plus signifiante des iconographies européennes) et ... un drapeau européen est instauré.

A l'inverse, lorsque que les iconographies nationales sont vivaces, la circulation fait face à la matérialisation des frontières mentales : érections de murs, douanes, contrôles aux frontières, jusqu'à la fermeture totale d'un Etat (Corée du Nord actuelle).

1 JEAN GOTTMANN, 1952 : 220

2 JEAN GOTTMANN, 1952 : 221

3 On pense ici à l'ouvrage de Tzvetan Todorov, 2008, La Peur des barbares, au-delà du choc des civilisations, Robert Lafont, Paris

4 cf Armant Frémont, 1999, La région, espace vécu, collection Champs, éd Flammarion, 288p

5 JEAN GOTTMANN, 1952 : 223

6 JEAN GOTTMANN, 1952 : 158

7 JEAN GOTTMANN, 1952 : 157

8 Lire à ce propos Georges Prévélakis, 2004, «L'Europe, territoire ou réseau?», R. Frank, R. Greenstein (sous la direction), Gouvernance et identités en Europe , Bruyland, , L.G.D.J., Bruxelles, Paris, 2004, p. 53-60.

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Pourtant concurrents, ces deux facteurs d'évolution du cloisonnement du monde sont par ailleurs concordants. La circulation peut conduire au cloisonnement. Reprenons l'exemple de l'Union Européenne : outre l'ouverture des frontières, la circulation participe de la construction iconographique de l'UE. Pareillement, l'iconographie peut devenir facteur de décloisonnement. On pense à de nombreux Etats nouvellement crées, qui ont décloisonné leur territoire par la mise en place d'une iconographie nationale reléguant au second plans les iconographies de régionalismes, dans le seul but d'une unification nationale.

Plus loin encore, et c'est pour ainsi dire la démonstration finale de la combinaison de ces deux dynamiques de mouvement et de résistance au mouvement, Jean Gottmann constate qu'un lieu privilégié fait la synthèse de ces deux systèmes : le carrefour. (« Quel est le noeud essentiel, organisateur de la circulation? Le carrefour. Où rencontre-t-on le plus souvent les grands monuments religieux? Aux carrefours »1). En effet, le carrefour devient un carrefour, car il se trouve au centre de flux et de réseaux. Ce lieu devient alors une base de projection iconographique, de cloisonnement puis de territorialisation.

A première vue antagonistes, les deux couples circulation/iconographie et réseaux/territoires deviennent compatibles, et finalement s'entraident dans une même destinée : le temps. Le temps est ainsi marqué par du changement mais également par des continuités. Il a ainsi constaté le renouvellement de réseaux (des grandes voies maritimes de circulation aux réseaux internet), et les vicissitudes des territoires.

Cette longue mais nécessaire exposition schématique de la pensée de Jean Gottmann nous amène donc désormais à trouver la place précise du drapeau dans cette théorie.

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