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L'erreur dans les réalisations écrites d'élèves marocains. état des lieux de leurs performances écrites, interrogations sur son statut et sur les modalités de sa gestion dans les documents officiels et dans les pratiques d'enseignement.


par Sarah TAMIMI
Université du Maine - Master 2 Didactique des Langues et l’enseignement du FLE  2019
  

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3) L'erreur et la complexité du système linguistique français

· Les erreurs et interférences linguistiques : quels rapports ?

Lors du recueil des données de notre enquête et la présentation de ses résultats, nous avons remarqué que la majorité des enseignants ayant répondu au questionnaire rapportent les erreurs de leurs élèves à la complexité du français ou encore aux difficultés qu'ils rencontrent dans l'apprentissage/pratique de cette langue au sein de la classe. La difficulté de la langue en soi induit, dans la plupart du temps, les apprenants marocains à faire des interférences entre leur langue maternelle, en l'occurrence l'arabe (L1) et la langue cible (le français langue étrangère). Enseigner le français à des élèves arabophones engendre des rapports entre la langue maternelle arabe et le français considéré comme étant une langue étrangère. Ces contacts, induisent, à cet effet des problèmes d'interférences de langues qui influencent sur les performances écrites et orales des élèves marocains. Les phases premières de l'apprentissage d'une langue étrangère s'appuient sur les conceptions antérieures de la langue maternelle et d'une confrontation entre la langue acquise et celle à acquérir. Ce va et vient entre le système linguistique de l'arabe et celui du français peut engendrer un transfert linguistique et lexical de l'arabe. En outre, plus de la moitié des élèves marocains, amenés à écrire un texte en français ou à communiquer oralement ne disposent pas d'un bagage linguistique suffisant leur permettant de bien exprimer leurs idées en langue cible. Nous souhaitons souligner que les enseignants du français du cycle primaire et collégial ont illustré les interférences linguistiques de leurs élèves par des erreurs que nous présentons dans le tableau ci-dessus.

Quelques exemples d'interférences linguistiques entre l'arabe et le français

- La maison de moi

- Dans le dimanche dernier

- Un assimilation

- Le planète

- Une insecte

- J'ai coupé la route

- J'ai coupé le ticket du train

- J'ai fait un rond dans le parc

- J'ai monté mes bagages

- Nous avons allumé le feu de la cuisine de la maison

Le recours à l'arabe dans l'enseignement du FLE au Maroc

Le recours à la langue maternelle représente un phénomène langagier se produisant dans un milieu scolaire aussi bien par l'apprenant que par l'enseignant. L'apprenant met en place des stratégies d'apprentissage où il recourt à sa langue maternelle pour pouvoir comprendre ce que l'enseignant explique en classe et réaliser des tâches cognitives et intellectuelles en langue cible. Cela constitue pour eux une aide pour l'apprentissage du français. L'enseignant recourt aussi des fois à la langue maternelle de ses apprenants pour traduire des mots qu'ils n'arrivent pas à comprendre. L'usage de la langue maternelle peut ainsi débloquer plusieurs situations d'incompréhension entre l'élève et l'enseignant. Tous les professeurs de français ayant participé à notre enquête affirment que l'usage de la langue maternelle peut s'avérer des fois une aide très utile dans l'enseignement du français langue étrangère. Aucun enseignant n'a déclaré qu'il est interdit de recourir à la langue maternelle pour donner un cours de français. Nous avons alors décidé de présenter quelques arguments de ces enseignants dans le tableau ci-dessous.

Certains avis des enseignants sur le recours de la langue maternelle (l'arabe) en classe de français

- L'alternance (LE et LM) peut faciliter l'interaction entre l'enseignant et ses apprenants

- L'apprenant peut se baser sur ses représentations préalables de la LM

- La traduction des termes peut faciliter la tâche des apprenants

- Parfois, le recours à la langue maternelle s'avère indispensable pour identifier/reconnaitre une notion ou un objet

- La langue maternelle (l'arabe) aide beaucoup dans le déroulement des séances et permet à l'élève de comprendre ce que l'enseignant dit en français.

- J'utilise très souvent l'arabe dans mon cours de français pour aider mes apprenants à comprendre l'objectif du cours et les amener à réaliser les tâches demandées.

- Selon moi, l'arabe est une très grande aide pour l'enseignement du français, surtout au niveau de la traduction des termes qui facilitent la compréhension.

- Je m'appuie, le plus souvent, sur l'arabe pour expliquer les différents objectifs de mon cours et les tâches que mes apprenants devraient effectuer.

· Proposition de quelques pistes de remédiation de l'erreur

Comment remédier ?

Nous consacrerons cette partie à une proposition de certaines pistes de remédiation que les enseignants du français du cycle primaire et collégial peuvent utiliser en classe pour bien traiter les erreurs de leurs élèves et pouvoir éventuellement dépasser les obstacles d'apprentissage.

Il est à savoir que ces techniques/tactiques que nous suggérons pour le traitement de l'erreur peuvent ne pas convenir à toutes les situations didactiques existantes, cela dépend en effet du contexte d'enseignement/apprentissage et des pratiques enseignantes qui varient d'un enseignant à un autre.

Le plaisir d'apprendre

En ce qui concerne la remédiation des erreurs en classe de FLE, il n'est pas toujours facile d'impliquer les apprenants dans la phase de correction. L'enseignant doit à cet effet savoir comment donner goût à l'apprenant pour qu'il s'implique lui-même dans l'étape de remédiation. L'élève ne peut en aucun cas s'autoévaluer ou s'autocorriger s'il ne trouve pas du plaisir à prendre conscience de ses erreurs pour les corriger lui-même. Les enseignants doivent favoriser la correction des copies ou des erreurs en petits groupes pour que les élèves ne soient pas démotivés. La correction collective a ses avantages mais risque quand même de provoquer du désintérêt chez les élèves qui, dans la majorité des cas, perdent leur concentration et finissent par ne pas suivre la correction. L'enseignant ne doit pas non plus corriger les erreurs dès le départ. Il faut par ailleurs savoir accorder du temps aux élèves pour observer l'erreur, l'identifier, la reconnaitre et procéder à son analyse. L'élève est le seul acteur social de son apprentissage, il prend en main ce processus et peut réfléchir à des manières pour comprendre l'origine de son erreur et ses causes. En effet, la remédiation constitue tout un processus qui passe par plusieurs étapes. Partir des besoins réels des apprenants représente une phase cruciale dans la remédiation.

Le plaisir d'enseigner : s'adapter aux besoins des élèves

Comme cela a été mentionné précédemment, le niveau des élèves marocains est très bas en français et le profil d'entrée au cycle primaire et collégial ne correspond en aucun cas aux besoins et attentes réels des apprenants. L'enseignant, se voit alors, dans cette situation, confronté à deux problématiques à savoir : remédier aux erreurs de ses élèves et essayer rapidement d'améliorer leur niveau qui est construit sur un socle d'apprentissage fragile voir même des fois inexistant. Les enseignants se conforment au programme du manuel scolaire qui n'est pas adapté aux besoins des élèves marocains. En effet, le manuel ne prend pas en compte l'entourage et les spécificités des besoins de l'élève marocain et lui propose des activités de langue qui ne correspondent pas à son profil de non natif. L'enseignant peut à ce propos essayer de travailler d'autres types d'activités adaptées au niveau et besoins de ses élèves. S'adapter au profile de l'apprenant marocain peut s'avérer une évidence, cependant plusieurs enseignants de français ont tendance d'oublier de s'adapter au niveau de leur classe et considèrent l'élève marocain comme un natif qui maitrise le français. Si les enseignants veulent que les élèves s'investissent et ne se démotivent pas, il est de grande importance d'éviter de travailler sur les mêmes types d'activités et de varier le contenu des séquences d'apprentissage proposées. Présenter des supports authentiques est aussi l'une des étapes nécessaires pour créer de la motivation chez les apprenants. Il faut encourager les élèves et leur laisser le choix de travailler sur les thématiques qu'ils veulent plutôt que de venir avec des activités imposées pour toute la classe. L'apprentissage coopératif peut aussi être intéressant dans la mesure où l'enseignant peut inciter ses élèves à s'interagir et à travailler en groupes avec leurs camarades : échange de propositions et d'idées, contribution dans la réalisation d'un projet....etc.

Changer d'attitudes à l'égard de l'erreur

Corriger l'erreur d'une manière systématique n'est pas suffisant. Déceler le pourquoi de l'erreur en classe de FLE demeure une approche pédagogique très intéressante que les enseignants peuvent déployer pour non seulement susciter l'erreur chez les élèves mais les amener aussi à formuler un ensemble d'hypothèses concernant son origine et ses causes. Les enseignants doivent essayer d'adopter une attitude positive vis-à-vis des erreurs et éviter toutes remarques et commentaires négatifs pouvant engendrer des problèmes et obstacles d'apprentissage. Pour l'enseignant, un retour réflexif positif de l'erreur constitue un chemin propice par lequel l'élève découvre son propre fonctionnement intellectuel et commence à travailler en autonomie. L'exploitation de l'erreur comme outil ou instrument au service de l'enseignement/apprentissage du FLE permet aux enseignants de découvrir les démarches d'apprentissage de leurs élèves, de repérer leurs besoins, de comparer les différentes approches pédagogiques et de les évaluer avec pertinence. L'attitude des enseignants vis-à-vis des erreurs doit changer car l'erreur est considérée comme une étape essentielle de l'apprentissage. Un retour positif de l'enseignant a l'influence de changer la perception de l'apprenant et le motiver : « Les erreurs ne sont pas peìnalisantes lorsque l'enseignant les consideÌre comme des informations importantes qui permettent de fournir une reìtroaction significative aÌ l'eìleÌve sur les raisons et les actions qui les ont provoqueìes.1 » (Citeì par R.Viau « L'eìvaluation source de motivation ou de ligne :http ://www.erudit.org/apropos/utilisation.html).

Synthèse

Dans cette partie, nous avons abordé quatre points qui nous paraissent importants dans la reconsidération du statut et rôle des erreurs dans l'enseignement du FLE. Acceptée ou rejetée, l'erreur demeure un phénomène inévitable dans l'enseignement/apprentissage du français langue étrangère. Le mode de traitement de l'erreur doit se réaliser d'une manière constructive. Ce mode de traitement dépend largement des représentations qu'ont les enseignants des erreurs. Ils doivent à ce propos chercher toutes les méthodes pédagogiques adéquates qu'ils peuvent déployer pour exploiter l'erreur comme un outil au service de l'enseignement et non le contraire. Le choix des activités travaillées en classe permet également à l'enseignant de motiver l'apprenant à prendre conscience de ses erreurs et réfléchir à la remédiation.

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"Soit réservé sans ostentation pour éviter de t'attirer l'incompréhension haineuse des ignorants"   Pythagore