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Quelle stratégie nationale de lutte contre la cybercriminalité en République Démocratique du Congo ?


par Christian TSHIBANDA MULUNDA
Collège des Hautes Etudes de Stratégie et de Défense - Session Spéciale 6 2023
  

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CONCLUSION

La stratégie nationale de lutte contre la cybercriminalité répond efficacement et effectivement à la question relative aux moyens, aux actions à définir de manière cohérente pour enrayer la criminalité informatique en RDC. Cette stratégie s'articule autour de plusieurs options. Bien avant de décliner ces options, il a été opportun de faire un contour sur la théorie générale même de la cybercriminalité afin d'en appréhender les contours.

Ainsi, l'étude matérielle de la cybercriminalité a posé les bases de la compréhension même des éléments constitutifs de la criminalité informatique. Il est sans nul doute que la cybercriminalité est une matière de la branche du droit pénal et même de la criminologie dès lors que le principe de la légalité des délits et des peines, voire de procédure, qui émail le fondamental même du droit pénal est aussi le socle même de la cybercriminalité. La criminologie permet donc d'étudier le délinquant du numérique dans toute sa typologie et ses modes opératoires en précisant, nonobstant l'inopérant mobile de l'action du délinquant, que le plus souvent la délinquance numérique avait pour causes l'égocentrisme à l'effet d'une vengeance contre son contemporain. La délinquance a pris un tournant essentiellement à velléités économiques en vue de se faire illicitement des richesses. Les économies des petites et moyennes entreprises, des opérateurs économiques individuels, des institutions bancaires, publiques, ...en pâtissent et il faut y remédier. La dissuasion devient alors le moyen pour décourager les délinquants de l'électronique. Le Code du numérique et la loi sur les télécoms et les TIC prévoit ainsi une panoplie des sanctions pénales, notamment la servitude pénale, la confiscation et l'amende.

L'application des peines tendant à décourager la délinquance numérique procède d'un processus allant de la constatation des faits, de leur instruction jusqu'à la condamnation du prévenu selon les normes processuelles établies, quoiqu'elles soient, pour certaines dispositions, obsolètes, inadaptées à l'évolution du nouveau droit, le droit du numérique. Cette approche est essentiellement adaptée aux juridictions judiciaires, aux auxiliaires de justice et même à la coopération bilatérale et multilatérale juridique et judiciaire.

Outre les acteurs de la justice, le droit du numérique prévoit aussi des acteurs techniques dont l'ANCY, l'ARPTIC qui veillent à la mise en oeuvre des textes sectoriels pour la sécurité des consommateurs, des fournisseurs et des opérateurs du numérique.

Nonobstant l'institutionnalisation des acteurs de lutte contre la cybercriminalité est au rendez-vous, des options stratégiques pour rendre efficiente la lutte contre la cybercriminalité telle que définie ci-haut sont recommandées, notamment le renforcement du droit du numérique, les prise des mesures d'application des lois sur le numérique, la vulgarisation des mécanismes normatifs de lutte contre la cybercriminalité auprès des acteurs concernés, le renforcement des capacités et des compétences desdits acteurs, et tant d'autres dont la création et l'opérationnalisation des acteurs supplémentaires, la promotion de la stratégie gouvernementale considérant la lutte contre la cybercriminalité comme une matière des politiques publiques gouvernementales. La collaboration entre les secteurs public et privé est une option non moins indispensable.

De toutes ces options, le renforcement des capacités et des compétences des acteurs ou animateurs des cours et tribunaux civils et militaires est imminente comme option stratégique recommandée qui poursuit un objectif de l'appréhension des enjeux de la cybercriminalité dans l'économie congolaise en vue de l'appropriation du nouveau droit du numérique. L'allocation budgétaire au plan de renforcement des capacités et des compétences encore alors le risque pour le Gouvernement de doter une ligne budgétaire pendant les cinq prochains exercices et pour les auditeurs, la volonté affichée de participer aux sessions de formation.

La recherche n'est pas à son terme et plutôt ouvre des questions importante dans la seule perspective de lutte contre la cybercriminalité par les consommateurs privés du numérique par exemples. Comment impliquer les consommateurs du numérique dans leur responsabilité d'être les premiers acteurs de l'ouverture de l'action publique contre les délinquants de l'internet, du numérique ? A l'instar de de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, faudra-t-il impliquer tout utilisateur du numérique dans les nouvelles procédures d'alerte et de signalement à l'effet d'endiguer la cybercriminalité ? C'est là une autre question qui mérite une analyse approfondie sur la contribution des consommateurs à l'action des pouvoirs publics dans la lutte contre la cybercriminalité.

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