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La chanson comme mode d'expression policier

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par Charles NGOY LWAMBA BIN
Université de Lubumbashi - Licence en criminologie 2011
Dans la categorie: Droit et Sciences Politiques > Droit Pénal
  

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§.8. CHANSON COMME MODE DE SECURISATION

En temps de guerre tout comme pendant le Maintien de la Discipline Populaire (MDP) et lors du Maintien et Rétablissement de l'Ordre Public (MROP), et dans plusieurs circonstances impliquant l'intervention policière, la Police avertit l'adversaire ou l'ennemi à travers la chanson.

Cet avertissement est une forme d'alerte et de démonstration de force. Le but poursuivi est de faire peur à l'ennemi ou à l'adversaire, mais aussi de le dissuader en vue d'éviter les affrontements de face à face. C'est en fait un mode de sécurisation, de dissuasion et de démonstration de force. Ce qu'avec peu de moyen, la Police peut facilement atteindre l'objectif à moindre effort. L'ennemi ou les manifestants peuvent fuir devant cette force de police qui se déploie en usant des chansons effrayant les concernés.

C'est analogue avec le mouvement `'muleliste'' à l'époque du premeir régime. Les partisants de cette milice attaquaient les troupes loyalistes en chantant : `'mulele mayi, mayi'' (mulele l'eau, l'eau ) et les troupes gouvernementales paniquaient et fuyaient en débandade.

La police aujourd'hui recourt aussi aux chansons pour faire fuir l'adversaire ou semer la panique ou la terreur dans le chef des manifestants. C'est comme l'extrait de cette chanson qui tombe à point :

« Bokima, makila ekopanzana liseki ezalissusu te, boza batomboki l'Etat ekofite. Bokima, makila ekopaza liseki ezalissusu te, boza batomboki l'Etat ekofite. » : (fuyez, le sang va couler car le temps de blague est révolu. Vous êtes des rebelles, l'Etat est là.)

Cet extrait montre comment la police en tant que force de dissuasion, avertit les manifestants de se replier puisque son intervention est musculeuse et est toujours comme l'a constaté Musthipay (2008), émaillée souvent de bain de sang comme ce fut le cas de kalukuluku (Lubumbashi). Il en est de même de kawama (Kolwezi) où nous avions autrefois assisté à la répression des creuseurs. C'est tout comme la répression des étudiants ou des marchands pirates. C'est comme l'a si bien montré également Kalend A Kabamb (2010) en parlant de dispositif sécuritaire dans les sites miniers d'exploitation artisanal de Lwisha, l'installation du guichet unique a nécessité la répression des creuseurs qui s'est soldée par un bain de sang et la victoire des policiers sur les creuseurs, une manière de montrer la manifestation de la force régaliènne.

Qu'il s'agisse de kalukuluku, de Kawama, de Mbola ou de la répression des étudiants, l'intervention policière s'est toujours accompagnée par les chansons qui constituent un atout sécuritaire dans le cadre de la persuasion. C'est dans ce contexte que les chansons constituent un mode de sécurisation.

Que retenir pour ce chapitre ?

Il nous a permis de fixer le contexte de production des chansons policières, de déterminer les thématiques qui en découlent pour enfin chuter sur les quelques fonctions que recèlent les chansons policières. Les principaux résultats de cette recherche son scrutés d'une manière plus synthétiques en présentant les grands traits dans la conclusion générale.

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