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La méditation de la pleine conscience : outil pédagogique et soutien aux apprentissage ?


par Ronan LE JONCOUR
Université De Provence UFR de Psychologie - Master Recherche 2 2011
  

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· CONCLUSIONS

L'influence du yoga sur la médecine et les sports en Occident se fait depuis longtemps avec des avancées et des reculs, mais toujours de plus en plus intense. En dehors des travaux de recherche physiologique ou psychophysiologique que nous devons à Th Brosse et Laubry, Risch, Filliozat, Bourdiol, Lefébure, de Sambucy, Henrotte pour ne citer que les auteurs français historiques, des essais d'application thérapeutique prennent une partie de leur inspiration dans les techniques indiennes : Thooris, Desoille, Schultz, Alexander, Caycedo, Forget, ... etc.

Plus proche de nous, des travaux réalisés dans les pays anglo-saxons et plus particulièrement aux USA sont apparus et je citerais que le plus important Jon KABAT-ZINN. Dans son sillage il a entrainé avec lui un aéropage de médecins français ou de scientifiques de différentes spécialité liés au médical, Christophe ANDRÉ, Claude BERGHMANS, Cyril TARQUINIOpour ne citer que les plus productifs en terme de parution.

C'est dans leur sillage que nous souhaitons réaliser notre travail.

4. LA MÉDITATION

4.1. Généralités

Dans la philosophie bouddhique, l'esprit est le point de départ, le point focal et aussi, en tant qu'esprit libéré et purifié, le point culminant. Toutes nos expériences passent par l'esprit et viennent de l'esprit.

En cela l'esprit est ce qui nous est le plus intime, le plus proche ; mais paradoxalement c'est aussi ce qui nous est le plus inconnu.

Notre bonheur et notre insatisfaction sont des expériences de l'esprit et c'est pour cette raison que connaître sa nature et ses fonctionnements est important au premier degré.

La Philosophie nous enseigne trois choses :

· connaître l'esprit

· former l'esprit

· libérer l'esprit

Nombre d'études ont déterminées que la méditation est un bon outil de gestion du stress et de développement personnel. Il peut aussi être un bon accompagnement à la psychothérapie.

La thérapie la plus naturelle de l'esprit, c'est la méditation. Encore faut-il être capable de se l'appliquer à soi-même, ou trouver quelqu'un qui puisse nous aider à la pratiquer. Elle est un moyen de se libérer de l'extérieur (afflictions émotionnelles) par l'intérieur.

La méditation est la thérapie holistique par excellence, en ce sens qu'elle revient constamment à l'unité. Elle est auto-thérapeutique parce qu'elle a une fonction d'hygiène mentale ; elle est comme un bain quotidien. (Dr Jacques VIGNE, 2007)

Point de vue cognitif, l'attention

L'attention est une fonction de base de la cognition. Chaque perception nécessite un aspect d'attention sans quoi l'expérience ne saurait avoir lieu. En effet, l'attention permet d'observer l'objet de la cognition. A un niveau germinal l'attention est indissociable de l'expérience et nous en faisons tous l'expérience. Elle permet une approche grossière de l'objet, mais si nous sommes captivés ou intéressés par celui ci, un niveau plus profond entre en jeu où l'objet est perçu dans ses détails et est mis en relation au sujet et aux expériences passées. Cette étape est celle qu'on nomme en psychologie « pensée associative ». Elle est fondamentale car elle fait le lienavecla mémoire (le terme en sanskrit : smrti) et permet la catégorisation et ainsi la conceptualisation, chose qui est propre à l'être humain.

Cette seconde phase comporte donc quatre aspects : perception des détails, subjectivisation, pensée associative et abstraction. Nous en faisons tous aussi l'expérience quotidiennement, des actions ordinaires aux fonctionnements mentaux plus subtiles. Néanmoins ce niveau n'est pas exempt d'erreurs de jugement et perceptuelles. En effet, des projections émotives et des préjugés intellectuels l'altèrent comme l'attachement ou les croyances (religieuses mais aussi sociales). A la base de ceux-ci réside la racine fondamentale de l'attachement à la prétendue permanence de soi et des phénomènes que l'on désigne dans le bouddhisme sous le nom d'ignorance. La notion de permanence étant, elle, renforcée et nourrie par le concept d'éternalisme judéo-chrétien qui, de fait est devenu une croyance.

Au niveau supérieur nous entrons dans le domaine de l'attention juste (samma-sati) qui est la source de la compréhension juste. A ce stade les objets sont perçus dans leur vraie nature : impermanents, marqués par l'insatisfaction et sans substance véritable. Là, commence la pratique de l'attention en tant que discipline spirituelle. Son but est d'obtenir une conscience plus claire des choses dénuées de projection.

Mais il faut savoir, aussi, que le terme sanskrit, smrti ou sati en pali, a une double connotation : attention d'une part, mémoire d'autre part. Or la mémoire est fondatrice de notre identité à plus d'un égard. En fait d'après Edward S. Casey, Memor en Latin a aussi la double connotation d'attention et de mémoire, ainsi que la racine grecque mna.

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