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La méditation de la pleine conscience : outil pédagogique et soutien aux apprentissage ?


par Ronan LE JONCOUR
Université De Provence UFR de Psychologie - Master Recherche 2 2011
  

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Point de vue pratique

Le point de départ de la méditation yoga est la concentration sur un seul objet, lequel peut être indifféremment un objet physique (bout de nez, point lumineux, etc.), une « vérité » métaphysique, ou Içvara (« la déité »). Cette concentration ferme et continue en « un seul point » (ekagrata) s'obtient par la désintégration du flux psychomental, c'est à dire de l'attention multilatérale, discontinue et dispersée ou diffuse. La concentration en un seul point a pour résultat immédiat la censure prompte, lucide, sans contention, de toutes les « distractions » et de tous les automatismes mentaux qui dominent, ou plutôt font, la conscience de l'homme.

Abandonné au gré des associations (produites par les sensations et les potentialités inconscientes), l'homme « profane » passe sa journée à se laisser envahir par une infinité de moments disparates et comme extérieurs à lui-même. La conscience est continuellement dominée, modifiée par la situation et ce qu'elle induit au niveau subjectif. Les associations la dispersent, les passions la violentent, la « soif de vie » la trahit en la projetant au dehors d'elle-même, soit dans le monde objectif-subjectivisé, soit dans le monde subjectif-objectivisé. Le destin de la pensée elle-même est d'être pensée par les objets et sous les apparences de cette pensée se cache en réalité un scintillement indéfini, plus ou moins ordonné, alimenté par les sensations, la parole et la mémoire. C'est pourquoi la pratique de méditation se définit essentiellement par cette concentration en un seul point qui barre le fleuve mental et constitue un « bloc psychique », un continuum ferme et unitaire.

L 'ekagrata apparaîtra sans doute aussi utopique et inaccessible à bien des lecteurs que la réalisation magique de la pierre philosophale dans le projet alchimiste. En effet, nous, occidentaux livrés à une débauche de stimuli de tous ordres, nous avons délaissé l'évolution progressive et la continuité pour un monde dans lequel tout n'est qu'abrupte osculation. C'est le monde du Zapping. Le monde du Zapping est un monde électronique fait d'immédiatetés, dans lequel les choses se bousculent sans connexions entre elles.

De cet excès dans l'abandon au « divertissement » qui est presque nécessairement le notre, vient très probablement la réaction de refus (à l'égard d'une civilisation sans humanisme) autrefois concrétisée de manière spectaculaire dans le « mouvement de Mai 68 » ou le pèlerinage à Katmandou, mais aujourd'hui représentée par une évasion schyzo-frénétique dans l'évasion, le voyage, la fuite vers des horizons meilleurs.

Comme le dit AURIOL (Thèse de doctorat 1970) « Dans un univers de « l'extraversion », la spécialisation et la standardisation ont pour conséquence un mimétisme de tous les individus, et, par conséquent, suscitent une ardente compétition. Dans cet univers la seule façon pour un individu de se distinguer est de faire la même chose que son homologue, mais mieux et plus vite. »

Retrouver l'homme ou le dépasser dans une société de consommation qui ne voit en lui que le client obligé de toutes les machines à sous est peut-être le projet psychagogique essentiel dont témoigne la vogue de la méditation dont le but avoué est de ressouder les parties dispersées de notre être.

Il est évident que l'on ne saurait obtenir « l'ekagrata »si, par exemple, le corps était dans une posture fatigante ou simplement difficile, ni si la respiration était désorganisée, arythmique.

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