WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Diplômes universitaires et chômage des jeunes une étude sociologique des représentations et de la réalité sociale dans la commune de Makala à  Kinshasa


par Gérard Masungi
Université Pédagogique nationale ( UPN) - Licence bac+5 en sociologie  2024
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

d) La faiblesse du tissu économique et la domination du secteur informel

L'économie de Kinshasa est largement dominée par le secteur informel, qui représente plus de 80 % des emplois en RDC70(*).À Makala, la présence d'entreprises industrielles ou de structures d'embauche formelles est quasi inexistante.

La majorité des jeunes diplômés se voient contraints de rejoindre le commerce de survie (friperie, call-box, transport urbain), loin de leurs compétences académiques.L'absence de politiques de soutien à l'entrepreneuriat aggrave cette situation : très peu de jeunes disposent de financements pour créer leurs propres activités.

Un diplômé en droit raconte : « On nous dit d'être entrepreneurs, mais sans capital, sans crédit, que pouvons-nous créer ? » (Entretien n°21, Makala-Salongo, juillet 2025).

e) Facteurs socioculturels et représentations sociales

Enfin, certains freins sont liés à des représentations sociales ancrées :La survalorisation du diplôme universitaire pousse les familles à négliger les formations techniques ou professionnelles.

Beaucoup de diplômés refusent d'exercer des métiers manuels ou artisanaux, jugés « inférieurs » à leur statut académique. Ce phénomène entretient une attente passive : les diplômés préfèrent rester chômeurs que de s'adapter au marché réel.

Une enquêtée en sciences politiques affirme :« Mes parents ont tout sacrifié pour que j'aie un diplôme. Comment puis-je maintenant vendre des légumes au marché ? » (Entretien n°12, Makala-Kimbwala, juillet 2025).

Ø Analyse sociologique

L'ensemble de ces facteurs montre que le chômage des diplômés de Makala est une production systémique :Le capital humain (Becker) n'est pas valorisé, car l'économie locale ne crée pas d'emplois formels. Le capital social (Bourdieu) est décisif, et son absence bloque l'accès aux opportunités.

Le clientélisme et la corruption transforment l'emploi en un privilège réservé à une élite connectée.Les représentations sociales survalorisent le diplôme, maintenant une illusion collective qui nourrit la désillusion.

Ainsi, le chômage des diplômés à Makala résulte de l'interaction entre un système éducatif inadapté, un marché du travail bloqué, et un imaginaire collectif persistant.

3.5. Stratégies de résilience et d'adaptation des jeunes diplômés de Makala

Face à l'absence d'opportunités formelles, les jeunes diplômés de Makala ne restent pas totalement passifs. Ils inventent et déploient différentes stratégies d'adaptation, qui relèvent à la fois de la résilience économique, de la reconversion sociale et de la mobilité spatiale.

* 70 Banque Mondiale, Rapport sur l'emploi en RDC, Washington, 2021.

précédent sommaire suivant






La Quadrature du Net

Ligue des droits de l'homme