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Diplômes universitaires et chômage des jeunes une étude sociologique des représentations et de la réalité sociale dans la commune de Makala à  Kinshasa


par Gérard Masungi
Université Pédagogique nationale ( UPN) - Licence bac+5 en sociologie  2024
  

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a) L'auto-emploi et l'entrepreneuriat de survie

De nombreux diplômés se lancent dans de petites activités génératrices de revenus, même si celles-ci sont souvent éloignées de leur domaine de formation.Commerce ambulant et petit négoce : vente de crédits téléphoniques, friperie, produits alimentaires.

Prestations de services : coiffure, call-box, réparation de téléphones, cybercafés.

Initiatives d'auto-emploi collectives : mise en commun de ressources pour créer une activité (par exemple, location de motos pour taxi-moto).Selon notre enquête, 38 % des diplômés chômeurs déclarent avoir tenté une forme d'entrepreneuriat, même limité71(*).

Un diplômé en gestion raconte : « J'ai étudié la gestion d'entreprise, mais faute d'emploi, j'ai ouvert une petite boutique de recharge téléphonique. Ce n'est pas grand-chose, mais ça m'évite de rester à la maison. » (Entretien n°11, Makala-Salongo, juin 2025).

b) La reconversion vers des métiers informels

Certains diplômés choisissent de se reconvertir vers des activités manuelles ou artisanales, malgré la dissonance entre leur statut académique et la nature de ces métiers :

· Chauffeurs et receveurs de bus urbains,

· Mototaxis,

· Petits artisans (maçonnerie, menuiserie),

· Activités agricoles périurbaines (petits potagers, élevage).

Même si ces métiers sont perçus comme « déclassant » par rapport au diplôme, ils offrent une source minimale de revenus et une visibilité sociale.

Un diplômé en droit témoigne : « Je ne pouvais pas rester sans rien. Alors j'ai appris la menuiserie. Mes amis se moquent, mais au moins je gagne quelque chose. » (Entretien n°18, Makala-Mikalayi, juillet 2025).

c) La migration interne et externe

Une autre stratégie adoptée est la recherche d'opportunités en dehors de Makala :

Migration interne : vers des communes mieux loties (Gombe, Limete, Ngaliema) où les chances d'emploi sont plus grandes.

Migration externe : vers d'autres provinces (Lubumbashi, Kisangani) ou même l'étranger (Brazzaville, Angola, Afrique du Sud).

Selon nos données, 15 % des diplômés interrogés envisagent ou ont déjà entrepris une migration pour chercher du travail72(*).

Une diplômée en sciences économiques confie :« À Makala, il n'y a rien. J'ai décidé d'aller à Lubumbashi, peut-être que là-bas il y a plus d'opportunités. » (Entretien n°6, Makala-Kimbwala, juin 2025).

d) Le recours aux formations complémentaires

Certains jeunes choisissent de renforcer leurs compétences par des formations supplémentaires, souvent dans des domaines plus techniques ou en vogue :

· Informatique et bureautique ;

· Langues étrangères (anglais, portugais) ;

· Formations professionnelles courtes (chauffeur poids lourd, maintenance, couture, coiffure).

Cette stratégie, adoptée par environ 22 % des enquêtés, témoigne d'une volonté d'adapter leur profil aux réalités du marché73(*).

Un diplômé en lettres raconte : « J'ai suivi une formation en informatique. Aujourd'hui, je donne des cours de bureautique à domicile. » (Entretien n°27, Makala-Salongo, juillet 2025).

* 71 . Données issues de l'enquête terrain (questionnaires, Makala, 2025).

* 72 INS, Rapport sur la mobilité interne des jeunes diplômés, Kinshasa, 2023.

* 73 Ministère de l'ESU, Programme national de formation complémentaire, Kinshasa, 2022.

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