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Enseignement/apprentissage de l'histoire du Gabon de la sixième à  la terminale: éléments de recherche pour une adaptation culturelle


par Mave BEKALE NZAMBA
École Normale Supérieure de Libreville  - Master professionnel aux Métiers de L'enseignement et de l'éducation  2025
  

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IV.2 - Identification des lacunes culturelles et didactiques

L'analyse des programmes d'histoire en vigueur, de la sixième à la terminale, met en lumière plusieurs lacunes notables tant sur le plan culturel que didactique, qui entravent une appropriation véritable et profonde de l'histoire gabonaise par les élèves. Ces insuffisances sont cruciales à relever pour comprendre les limites du dispositif actuel et orienter les évolutions pédagogiques.

D'abord, sur le plan culturel, les contenus proposés restent largement centrés sur une histoire généraliste et souvent Eurocentrée, reléguant au second plan les dimensions spécifiques à la richesse culturelle gabonaise, le programme ignore souvent la multiplicité des groupes ethniques, leur histoire spécifique et leur contribution à l'histoire nationale. La

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marginalisation de certaines cultures, notamment celles des Punu, Tsogo, Fang, Adouma, Puvi, ou des peuples autochtones, limite la représentativité et la légitimité des contenus transmis. . Par exemple, les programmes consacrent en moyenne moins de 15 % du volume horaire total à l'histoire du Gabon, tandis que l'histoire de l'Afrique subsaharienne ne représente parfois pas plus de 20 % du cursus. Cela crée une dissonance forte entre les savoirs enseignés et les contextes de vie des élèves, qui peinent à se reconnaître pleinement dans ces récits historiques. De plus, les traditions orales, fondamentales dans la transmission du patrimoine gabonais, sont quasi absentes du champ pédagogique formel. Or, comme le souligne la chercheuse Marie-Claire Osseni, ignorer ces modes traditionnels de transmission revient « à passer à côté d'un pan essentiel de l'identité historique africaine ». Cette omission réduit d'autant l'engagement des élèves, qui peuvent percevoir l'histoire comme un champ étranger, déconnecté de leur réalité culturelle.

Sur le plan didactique, plusieurs difficultés apparaissent dans les approches employées. Les méthodes restent souvent centrées sur une pédagogie magistrale, marquée par la récitation et la mémorisation de dates et d'événements, au détriment d'une démarche réflexive et critique. Par exemple, dans 70 % des établissements observés lors de l'enquête nationale de 2022 sur les pratiques pédagogiques, les enseignants utilisent majoritairement les manuels sans recourir

à des supports complémentaires locaux ou interactifs. Cette approche limite la capacité des élèves à établir des liens entre le passé et leur présent culturel, freinant la construction d'une identité historique dynamique. En outre, le manque de formation spécifique des enseignants sur les aspects culturels gabonais aggrave cette situation. Beaucoup se disent insuffisamment préparés, près de 60 % des professeurs d'histoire interrogés expriment un besoin urgent de formation complémentaire sur ces thématiques31.

Enfin, l'absence de ressources pédagogiques adaptées constitue une entrave majeure. Peu de supports pédagogiques valorisent les récits locaux, la diversité ethnique et les différentes langues vernaculaires, ce qui réduit les points d'accroche pour les élèves. Par ailleurs, les outils numériques restent peu exploités malgré leur potentiel à intégrer des éléments multimédias et interactifs favorisant une meilleure appréhension culturelle. À titre d'exemple, aucun manuel officiel ne consacre plus de deux pages à la place des chefferies traditionnelles dans le système social gabonais, ce qui est largement insuffisant pour saisir leur rôle historique et contemporain.

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En somme, l'identification des lacunes culturelles et didactiques révèle une nécessité impérieuse de repenser les contenus et les méthodes d'enseignement de l'histoire gabonaise. Cette revalorisation passera par une meilleure intégration des dimensions culturelles propres au pays, un renouvellement des démarches pédagogiques pour les rendre plus participatives et une formation renforcée des enseignants afin qu'ils deviennent de véritables médiateurs entre le patrimoine historique gabonais et les jeunes apprenants.

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