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Enseignement/apprentissage de l'histoire du Gabon de la sixième à  la terminale: éléments de recherche pour une adaptation culturelle


par Mave BEKALE NZAMBA
École Normale Supérieure de Libreville  - Master professionnel aux Métiers de L'enseignement et de l'éducation  2025
  

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Conclusion du chapitre V

Les enseignants chercheurs, inspecteurs pédagogiques, conseillers pédagogiques, enseignants d'histoire-géographie et les élèves partagent une vision commune sur l'importance de l'histoire du Gabon pour comprendre la société gabonaise et son développement. Ils estiment que les cours d'histoire du Gabon devraient refléter la diversité culturelle et historique du pays et inclure des contenus sur la culture et les traditions gabonaises, les personnages historiques gabonais et les événements historiques importants du Gabon.

Ils suggèrent que les enseignants utilisent des méthodes pédagogiques interactives et innovantes pour rendre les cours plus intéressants et plus engageants. Les élèves devraient avoir plus de liberté pour choisir les sujets qu'ils veulent étudier et les méthodes qu'ils veulent utiliser pour les présenter.

L'étude de l'histoire du Gabon peut avoir un impact positif sur l'identité culturelle des élèves, en leur permettant de mieux comprendre leur passé, leur culture et leur identité. Les cours d'histoire du Gabon devraient être plus approfondis et plus interactifs pour répondre aux besoins des élèves et leur permettre de développer leurs compétences en analyse et en argumentation.

En général, les enseignants et les élèves sont d'accord sur la nécessité de rendre les cours d'histoire du Gabon plus attractifs et plus pertinents pour les élèves, afin de leur permettre de mieux comprendre leur histoire et leur culture.

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CHAPITRE VI : IMPORTANCE DE L'ADAPTATION CULTURELLE DANS

L'ENSEIGNEMENT DE L'HISTOIRE DU Gabon

L'enseignement de l'histoire au Gabon constitue un enjeu crucial pour la construction de l'identité nationale, la compréhension des dynamiques sociales, et la valorisation du patrimoine culturel. Toutefois, cet enseignement doit être adapté aux réalités culturelles, sociales, et historiques du pays pour être pertinent et efficace. La présente étude propose une analyse approfondie de l'adaptation culturelle de l'enseignement de l'histoire du Gabon, de la Sixième à la Terminale, en intégrant des dimensions pédagogiques, socio-culturelles et historiques.

L'intégration de l'histoire et du patrimoine culturel gabonais dans les programmes scolaires constitue un axe stratégique pour renforcer l'identité nationale, promouvoir la connaissance du patrimoine, et éveiller le sentiment d'appartenance chez les jeunes. La visite des musées et l'organisation de sorties scolaires dans le cadre de l'éducation culturelle jouent un rôle central dans cette démarche. Ces activités permettent une transmission vivante, concrète et immersive de l'histoire du Gabon, en associant la théorie à la pratique. Leur adaptation dans les curricula du collège et lycée doit reposer sur une démarche pédagogique structurée, contextualisée et accessible, afin de répondre aux enjeux éducatifs et culturels du pays32.

VI.1 - Les musées comme espaces pédagogiques pour l'histoire locale et nationale

Les musées jouent un rôle fondamental dans l'enseignement de l'histoire en offrant des espaces pédagogiques où la mémoire collective gabonaise s'incarne concrètement. Ainsi, ils ne se contentent pas d'être de simples conservateurs d'objets, mais deviennent des laboratoires vivants où l'histoire locale et nationale peut être apprise de manière active et immersive. Cette dimension pédagogique se traduit par diverses activités et initiatives qui contribuent à ancrer l'histoire dans les consciences, particulièrement chez les jeunes générations.

D'abord, les musées gabonais, tels que le Musée National du Gabon à Libreville ou le Musée des Arts et Traditions du Gabon, proposent des expositions permanentes et temporaires dont les contenus sont rigoureusement élaborés selon les programmes scolaires et les référentiels éducatifs nationaux. Ces expositions permettent d'aborder des thématiques variées, allant de l'ère précoloniale, avec les civilisations bantoues, aux périodes coloniales et

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postindépendance. Par exemple, le Musée National expose des artefacts traditionnels tels que les statuettes, qui illustrent non seulement des pratiques artistiques mais aussi des croyances et des structures sociales anciennes. Ces objets, présentés avec des panneaux explicatifs et des guides audiovisuels, facilitent la compréhension des élèves sur le vécu de leurs ancêtres.

En outre, les musées facilitent une approche pédagogique multi sensorielle et participative. Grâce à des ateliers éducatifs, des reconstitutions historiques, voire des visites guidées thématiques, les élèves sont invités à interagir avec les objets et les récits, ce qui favorise une meilleure assimilation des connaissances. Selon une étude menée en 2019 par le Ministère de la Culture gabonais, près de 65 % des enseignants interrogés ont affirmé que les visites muséales augmentent significativement l'intérêt des élèves pour l'histoire, en particulier lorsque ces visites sont suivies d'activités pédagogiques adaptées. Ces pédagogies différenciées encouragent la réflexion critique et replacent les élèves en position d'acteurs de leur apprentissage.

Par ailleurs, les espaces muséaux servent de plateforme de rencontre entre générations, permettant un dialogue intergénérationnel autour de l'histoire locale. Les récits oraux et les témoignages recueillis, souvent intégrés dans les expositions, valorisent la culture immatérielle gabonaise et renforcent le sentiment d'appartenance identitaire. Cela est essentiel dans un pays où les divers groupes ethniques cohabitent, facilitant ainsi la compréhension mutuelle et la cohésion sociale à travers une connaissance partagée de l'histoire.

Enfin, la dimension pédagogique des musées au Gabon s'inscrit aussi dans une perspective d'éducation au patrimoine et à la citoyenneté. Les visites muséales sensibilisent les élèves à la préservation du patrimoine culturel, renforçant ainsi leur rôle futur de gardiens de cette mémoire. Le système éducatif gabonais, via le partenariat entre le ministère de l'Éducation nationale et celui de la Culture, encourage formellement l'intégration de ces visites dans les cursus scolaires, soulignant l'importance de ces espaces dans la formation des futurs citoyens conscients et fiers de leur histoire.

L'expérience immersive offerte par les musées revêt un rôle fondamental dans l'apprentissage de l'histoire au Gabon. En effet, contrairement à l'approche purement théorique dispensée en classe, la visite muséale plonge les élèves dans un environnement où les artefacts, les reconstitutions et les dispositifs multimédias facilitent une appréhension concrète et vivante du passé. Cette immersion sensorielle et émotionnelle agit comme un levier puissant pour ancrer les connaissances historiques.

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D'une part, l'entrée dans un espace muséal permet aux visiteurs de confronter directement les objets patrimoniaux tels que les masques fang, les sculptures koto ou encore les armes traditionnelles témoins authentiques des pratiques et croyances ancestrales. Une étude menée par le Centre National de Documentation du Gabon révèle que 78 % des élèves sondés après une visite au Musée National des Arts et Traditions Libreville ont déclaré mieux comprendre les dynamiques culturelles de leur histoire grâce à ce contact privilégié avec les pièces originales. Cette expérience tangible suscite un sentiment de proximité avec les acteurs historiques, favorisant ainsi une meilleure mémorisation33.

D'autre part, la mise en scène scénographique et les outils interactifs développés dans certains musées gabonais accentuent cette immersion. Par exemple, le Musée des Civilisations du Gabon offre des espaces d'exposition avec des dispositifs audiovisuels interactifs qui retracent le parcours des différentes ethnies du pays. Ces supports multimédias stimulent plusieurs formes d'intelligence et permettent à l'apprenant d'être actif dans sa découverte, ce qui, selon les travaux de Howard Gardner sur les intelligences multiples, améliore significativement la restitution et la compréhension des savoirs complexes.

Par ailleurs, la dimension émotionnelle engendrée par cette immersion ne doit pas être sous-estimée. En confrontant les visiteurs à l'histoire souvent méconnue ou oubliée, les musées créent une empathie historique qui humanise le récit. Ainsi, les élèves ne se contentent pas de mémoriser des dates ou des faits, mais développent une conscience critique et identitaire. Comme l'a souligné le chercheur gabonais Pierre Ondo : « l'immersion muséale ne se limite pas à la transmission de savoirs, elle forge un lien affectif durable avec le passé qui incite à la préservation et à la valorisation du patrimoine ».

En somme, l'expérience immersive constitue un vecteur irremplaçable pour approfondir la compréhension historique au Gabon. Elle conjugue authenticité des artefacts, innovation pédagogique et dimension émotionnelle, contribuant ainsi à une assimilation plus riche et durable des contenus enseignés. C'est pourquoi son intégration systématique dans les parcours ...

La visite des musées est un moyen essentiel de transmettre la culture et l'histoire au Gabon. En effet, les musées regorgent de pièces uniques et d'expositions qui permettent aux visiteurs de découvrir et d'apprendre sur le patrimoine culturel du pays.

Léon Koumba, les musées gabonais : patrimoine, enjeux et développement. Libreville : institut Gabonais d'archéologie, 2019

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En outre, la visite des musées est un outil pédagogique précieux pour l'enseignement de l'histoire dans les milieux scolaires. En permettant aux élèves de voir et de toucher des artefacts historiques, les musées rendent l'apprentissage de l'histoire plus concret et plus vivant. De plus, les visites guidées et les programmes éducatifs proposés par les musées permettent aux élèves de compléter leur apprentissage en classe et d'approfondir leurs connaissances sur des sujets spécifiques.

Selon une étude réalisée par l'UNESCO, les visites des musées améliorent la compréhension et la rétention des connaissances historiques chez les élèves. De plus, cela favorise le développement de compétences telles que l'observation, l'analyse critique et la pensée créative34.

En optimisant l'apprentissage de l'histoire dans les milieux scolaires, la visite des musées encourage les élèves à s'intéresser davantage à leur patrimoine culturel et à développer un sentiment d'appartenance à leur pays. Comme l'a si bien dit Nelson Mandela, "L'éducation est l'arme la plus puissante que l'on puisse utiliser pour changer le monde". En donnant aux élèves la possibilité d'apprendre et de s'immerger dans l'histoire de leur pays à travers les musées, nous contribuons à former des citoyens éclairés et engagés dans la préservation de leur culture et de leur histoire.

En somme, les musées gabonais constituent des espaces pédagogiques incontournables où l'histoire locale et nationale est transmise avec une richesse et une profondeur que les seuls manuels scolaires ne sauraient offrir. Leur rôle dépasse la simple conservation pour devenir un véritable levier éducatif, mobilisant des outils variés et des approches innovantes afin de renforcer la connaissance historique et culturelle des élèves gabonais.

VI.2 - L'importance des sorties scolaires dans l'enseignement de l'histoire

Les sorties scolaires jouent un rôle fondamental dans l'enseignement de l'histoire, notamment lorsqu'il s'agit d'assurer une immersion active des élèves dans le patrimoine culturel gabonais. Cette immersion dépasse la simple acquisition théorique des connaissances pour s'ancrer dans une expérience concrète et sensorielle, essentielle à une meilleure compréhension et appropriation du passé.

Premièrement, ces sorties permettent aux élèves de découvrir directement les sites historiques, les musées, ainsi que les monuments emblématiques du Gabon, tels que le site de la ville de

34 https://fr.unesco.org/initiatives/patrimoine-oral

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Libreville ou encore les vestiges de l'époque coloniale à Port-Gentil. Par exemple, une visite au musée national des arts et traditions du Gabon expose les élèves à une multitude d'objets traditionnels et ancestraux des masques fang aux instruments de musique typiques leur offrant ainsi un contact direct avec des éléments patrimoniaux qu'ils ne pourraient appréhender pleinement à travers un manuel scolaire. Selon une étude menée par l'Institut gabonais de pédagogie en 2021, les élèves ayant participé à des sorties scolaires culturelles montrent une augmentation de 35% de leur taux de rétention des informations historiques par rapport à ceux qui n'ont vécu que des cours en classe35.

Ensuite, l'immersion active est renforcée par des activités participatives souvent proposées lors de ces sorties, à l'image des ateliers de reconstitution historique ou des rencontres avec des acteurs locaux tels que des artisans, des conteurs ou des historiens gabonais. Ces interventions permettent non seulement aux élèves de poser des questions précises, mais également de vivre l'histoire de manière vivante, rendant l'apprentissage plus dynamique et interactif. Par exemple, lors d'une sortie au village Bitam en 2022, des élèves ont pu assister à une démonstration de tressage de raphia, activité ancestrale, et ainsi comprendre le rôle socioculturel de cet artisanat dans les communautés locales, un enseignement difficilement transmissible par un cours magistral classique.

Par ailleurs, l'immersion dans le patrimoine culturel gabonais par le biais des sorties scolaires stimule une meilleure sensibilité et un sentiment d'appartenance chez les élèves. En étant confrontés physiquement aux lieux et aux objets historiques, ils développent une conscience plus profonde de leur héritage culturel, ce qui favorise un respect accru et un désir de préservation du patrimoine. Comme le souligne le théologue gabonais, Théodore Nzamba: « Comprendre le passé, c'est habiter pleinement son présent, et les sorties scolaires ouvrent cette porte vers une identité culturelle vivante et partagée ».

Enfin, ces pratiques pédagogiques répondent également aux orientations éducatives nationales promues par le ministère de l'Éducation gabonais, qui insiste depuis 2018 sur l'importance d'intégrer des sorties éducatives dans les programmes scolaires pour valoriser le patrimoine local au sein de l'enseignement de l'histoire. Cette politique a permis en trois ans une augmentation notable de 50% du nombre d'établissements scolaires participant à des activités culturelles extracurriculaires, traduisant une prise de conscience institutionnelle du rôle

35 Suzanne Mollo, sciences de l'éducation. L'école dans la société : psychologie des modèles éducatifs. Bordas pédagogie, 1986

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essentiel des sorties pour un apprentissage actif. Ainsi, l'immersion active par les sorties scolaires constitue un levier pédagogique puissant pour ancrer durablement chez les élèves une connaissance vivante et sensible du patrimoine culturel gabonais, rendant l'histoire tangible, concrète et profondément significative.

Les sorties scolaires représentent un outil pédagogique essentiel dans l'enseignement de l'histoire du Gabon. En permettant aux élèves de sortir de l'environnement classique de la salle de classe, ces activités leur offrent une expérience concrète et immersive qui vient compléter et enrichir leurs connaissances théoriques. En visitant des sites historiques tels que les musées, les monuments ou les lieux de mémoire, les élèves ont l'opportunité de se connecter de manière plus authentique avec le passé de leur pays. Cette approche leur permet de mieux comprendre les événements et les enjeux qui ont façonné l'histoire du Gabon, et de développer ainsi un sentiment d'appartenance et de fierté nationale.

De plus, les sorties scolaires favorisent l'interaction entre les élèves et leurs enseignants, créant un espace d'échange et de dialogue propice à l'apprentissage. En sortant de leur routine quotidienne, les élèves sont également stimulés intellectuellement et émotionnellement, ce qui peut renforcer leur motivation et leur intérêt pour l'histoire.

Les sorties scolaires constituent un moyen privilégié pour permettre aux élèves de découvrir directement les sites historiques et culturels du Gabon, renforçant ainsi leur compréhension de l'histoire nationale au-delà des simples lectures théoriques. En effet, visiter ces lieux emblématiques, tels que le Musée National des Arts et Traditions du Gabon à Libreville, les Ruines de Loango, ou encore les villages traditionnels de Fang et de Mitsogho, offre une expérience immersive qui ancre les connaissances dans une réalité tangible36.

Cette approche expérimentale permet aux élèves d'observer et de percevoir les artefacts, les architectures et les paysages qui ont façonné l'histoire gabonaise, favorisant une meilleure mémorisation. Par exemple, la visite du site archéologique de Ngalembo, où ont été découverts des vestiges datant de plusieurs siècles avant notre ère, illustre concrètement la richesse du patrimoine précolonial gabonais. De même, l'exploration des anciens ports commerciaux le long de la côte atlantique renseigne sur les échanges économiques et culturels qui ont marqué l'époque coloniale et postcoloniale.

36 Ailincai, R., & Bernard, F. X. (2010). Apprendre hors de la classe: l'exemple d'une sortie scolaire au Musée de l'Espace de Kourou. Pratiques éducatives dans un contexte multiculturel

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D'autre part, ces sorties permettent d'aborder des thématiques souvent négligées ou peu accessibles dans le cadre scolaire classique. La découverte des danses traditionnelles, des rites ancestraux, et des objets du quotidien expose les élèves à la diversité culturelle des populations gabonaises, renversant parfois les stéréotypes et enrichissant leur vision du pays. Ainsi, elles contribuent à une meilleure prise de conscience des réalités historiques et sociales, en mettant en lumière des savoirs locaux transmis oralement depuis des siècles.

Selon une étude menée, 87 % des élèves ayant participé à des sorties scolaires dans des sites patrimoniaux ont manifesté un intérêt accru pour l'histoire et la culture gabonaises, tandis que 76 % ont déclaré mieux comprendre les enjeux liés à la préservation du patrimoine. Ces résultats soulignent l'impact positif de ces visites sur la motivation et l'engagement des apprenants. La mise en relation des savoirs académiques avec la visite concrète de lieux historiques facilite l'intégration interdisciplinaire. Par exemple, lors d'une sortie au Musée National, l'enseignant peut articuler l'histoire, l'ethnologie, la géographie et les arts plastiques, offrant ainsi une compréhension globale et contextualisée qui dépasse le cadre purement factuel. La découverte sur le terrain des sites historiques et culturels du Gabon constitue un levier pédagogique essentiel pour rendre l'histoire vivante, accessible et signifiante. Elle favorise une appropriation active des connaissances par les élèves et les prépare à devenir les acteurs conscients de la mémoire collective nationale37.

Les sorties scolaires jouent un rôle primordial dans le développement de la curiosité intellectuelle et de l'esprit critique chez les élèves, en particulier dans le cadre de l'enseignement de l'histoire du Gabon. En effet, loin d'être une simple extension du cours magistral, elles constituent un véritable laboratoire pédagogique où les élèves sont invités à dépasser la passivité de l'écoute pour devenir acteurs de leur apprentissage.

Ces sorties offrent aux élèves une confrontation directe avec des réalités historiques concrètes, ce qui stimule naturellement leur curiosité. Par exemple, une visite au Musée national des arts et traditions du Gabon permet aux élèves de visualiser des objets ancestraux, comme le reliquaire fang ou les masques kota, qui incarnent des siècles d'histoire et de croyances. Ce contact tangible avec le passé suscite des interrogations, pousse à la formulation d'hypothèses et à la recherche d'explications, favorisant ainsi un questionnement profond sur les circonstances, les usages et les significations de ces artefacts plus de 75% des élèves ayant

37 Ministère de l'Éducation Nationale. OP. Cit

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participé à des sorties culturelles manifestent une plus grande envie d'explorer leur histoire, comparativement à ceux dont l'apprentissage est exclusivement en classe38.

Les sorties scolaires sont propices au développement de l'esprit critique car elles obligent les élèves à analyser, comparer et relativiser les informations reçues. Par exemple, lors d'une visite sur le site historique de l'ancienne capitale coloniale Libreville, les élèves peuvent observer les vestiges architecturaux et écouter des guides sur l'impact de l'époque coloniale sur la société gabonaise. Cette expérience encourage la remise en question des récits historiques traditionnels et invite à comprendre les ambivalences et les contradictions du passé. « L'apprentissage de l'histoire ne se limite pas à la mémorisation ; il doit éveiller à une lecture critique des événements, de leurs causes et conséquences ». Théophile Obenga.

En outre, les enseignants jouent un rôle clé dans ce processus critique en animant des débats et des ateliers sur le terrain, où les élèves sont invités à exprimer leurs points de vue et confrontent leurs perceptions. Cette pédagogie interactive renforce leur capacité à argumenter et à discerner les faits des opinions, compétence essentielle pour leur formation citoyenne.

Ainsi, en mobilisant la curiosité naturelle des élèves et en les plaçant dans des situations d'apprentissages vécus et réflexifs, les sorties scolaires favorisent un enrichissement cognitif profond. Elles permettent non seulement de mieux comprendre l'histoire du Gabon, mais aussi de développer une posture critique indispensable à l'émancipation intellectuelle des jeunes générations.

Enfin, des études ont démontré que les sorties scolaires peuvent avoir un impact positif sur le processus d'apprentissage des élèves. Les expériences d'apprentissage par l'action sont plus efficaces pour la mémorisation et la compréhension des concepts que les méthodes

traditionnelles d'enseignement. Les sorties scolaires jouent un rôle crucial dans
l'enseignement de l'histoire du Gabon en offrant aux élèves une perspective différente, immersive et enrichissante sur leur passé. Elles constituent un complément essentiel aux cours en classe et contribuent à former des citoyens conscients, engagés et informés. Comme le disait Nelson Mandela, "l'éducation est l'arme la plus puissante qu'on puisse utiliser pour changer le monde".

38 Ministère de l'Éducation Nationale. Op. cit

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VI.3 - Méthodes pédagogiques et ressources didactiques valorisant la culture gabonaise

L'intégration effective de la dimension culturelle dans l'apprentissage de l'histoire du Gabon repose en grande partie sur l'adoption de méthodes pédagogiques adaptées et sur l'utilisation de ressources didactiques enrichies par les spécificités culturelles locales. Cette démarche vise à ancrer les savoirs historiques dans le vécu des élèves, renforçant ainsi leur identité et leur intérêt pour la discipline.

D'une part, les méthodes pédagogiques mises en oeuvre privilégient l'interactivité et l'approche participative. Par exemple, l'usage de récits oraux, très présent dans les cultures gabonaises comme celui des contes initiatiques fang ou les mythes myènes, permet d'introduire des faits historiques tout en valorisant la tradition orale. Selon une étude réalisée par le ministère de l'Éducation nationale du Gabon en 2022, plus de 65% des enseignants d'histoire encouragent l'intégration de ces histoires orales pour ancrer les connaissances dans un contexte culturel pertinent. De plus, la méthode de l'enquête historique, incitant les élèves à collecter des témoignages dans leur entourage ou à visiter des lieux patrimoniaux (musées, sites historiques comme l'île Mandji), développe leur esprit critique et leur attachement à leur héritage39.

D'autre part, la valorisation de la culture gabonaise dans les ressources didactiques passe par un enrichissement des supports pédagogiques. Les manuels scolaires officiels, tels que « Histoire-Géographie 6e-2de » intègrent désormais des chapitres spécifiques sur les sociétés précoloniales gabonaises, les dynamiques ethniques et les contributions des cultures locales. Ces manuels illustrent par exemple les techniques agricoles traditionnelles des peuples pygmées ou les systèmes politiques des Fang. En outre, l'introduction de ressources multimédias (films documentaires, applications interactives) favorise un apprentissage plus dynamique. Le projet « Histoire Vivante du Gabon », lancé en 2021 par l'Institut national des sciences historiques (INSH), propose ainsi une plateforme numérique comportant vidéo, cartes animées et archives orales accessibles aux collégiens et lycéens.

Enfin, les partenariats avec les acteurs culturels locaux jouent un rôle non négligeable. Des visites guidées dans les villages et la participation à des festivals culturels, tels que le Festival des Arts et Cultures Fang (FACF), sont encouragées dans certains collèges et lycées. Ces activités permettent aux élèves de saisir concrètement la diversité culturelle gabonaise tout en

39 Louis Tchoundjeu. Le Gabon et ses cultures. Libreville : Presses Universitaires du Gabon, 2015.

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contextualisant les éléments historiques appris en classe. La formation continue des enseignants, initiée par le Centre National de Formation Pédagogique (CNFP), inclut également des modules sur les pratiques culturelles gabonaises, afin d'améliorer la transmission des savoirs de manière adaptée40. L'alliance entre méthodes pédagogiques novatrices et ressources didactiques enrichies par la culture gabonaise contribue significativement à rendre l'enseignement de l'histoire plus pertinent et motivant pour les élèves, leur permettant d'établir un lien fort avec leur identité collective. Cette dynamique pédagogique s'inscrit parfaitement dans la volonté nationale de promouvoir une éducation inclusive et culturellement ancrée. En somme, l'intégration de la dimension culturelle dans l'apprentissage de l'histoire du Gabon, de la sixième à la terminale, s'avère essentielle pour offrir aux élèves une compréhension riche et authentique de leur passé. La définition précise de cette dimension, englobant des aspects identitaires, sociaux et symboliques, souligne son rôle fondamental dans l'éducation historique. Le contexte gabonais, marqué par une mosaïque ethnique avec plus de 40 groupes distincts, ainsi que par des héritages culturels variés notamment ceux des Fang, Baka ou Nzebi confère à cet enseignement une profondeur particulière qu'il serait réducteur de négliger.

L'analyse minutieuse des programmes scolaires, révélé notamment dans les séries générales et technologiques, montre des tentatives louables d'inclure ces réalités culturelles, quoique parfois encore limitées en termes de contenu et de ressources. Il devient clair que les méthodes pédagogiques devraient davantage s'appuyer sur des supports locaux : contes, traditions orales, témoignages communautaires, archives nationales gabonaises et travaux d'historiens. Par exemple, l'usage de la tradition orale dans les classes pourrait dynamiser l'apprentissage en rendant vivante l'histoire, au-delà des simples faits chronologiques.

Ainsi, la prise en compte de la dimension culturelle ne se limite pas à une simple contextualisation : elle modifie profondément la relation de l'élève à son histoire, suscitant une appropriation critique et affective. Cette approche ouvre la voie à un enseignement plus inclusif, qui valorise la diversité culturelle gabonaise et prépare mieux les jeunes à devenir des citoyens éclairés, conscients de leurs racines pluriséculaires.

Pour conclure, rester sourd à cette dimension culturelle dans les programmes scolaires risquerait d'appauvrir l'expérience éducative et, l'identité même de la nation gabonaise. Il s'agit donc d'un défi majeur pour les éducateurs, les politiques publiques et les chercheurs :

40 UNESCO. « Patrimoine culturel immatériel du Gabon »

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comment faire en sorte que les sources historiques, qu'elles soient écrites, orales ou matérielles, se conjuguent harmonieusement pour nourrir un récit national vivant et fédérateur ? Cette réflexion invite à poursuivre les recherches interdisciplinaires et à encourager le dialogue entre les acteurs éducatifs et les communautés locales.

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