WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Enseignement/apprentissage de l'histoire du Gabon de la sixième à  la terminale: éléments de recherche pour une adaptation culturelle


par Mave BEKALE NZAMBA
École Normale Supérieure de Libreville  - Master professionnel aux Métiers de L'enseignement et de l'éducation  2025
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

Conclusion du chapitre VI

L'adaptation culturelle constitue un pilier fondamental pour un enseignement de l'histoire du Gabon pertinent, inclusif et respectueux des identités multiples. Elle permet de transmettre un récit historique fidèle, façonné par la diversité ethnique, linguistique et culturelle propre au pays. Une telle approche favorise la cohésion sociale, la valorisation du patrimoine immatériel, et la construction d'une identité nationale plurielle. La réussite de cette adaptation dépend de la formation des enseignants, de l'intégration des pratiques orales et symboliques, ainsi que de la contextualisation des événements historiques. En définitive, l'enseignement de l'histoire du Gabon doit évoluer vers une pédagogie qui reflète la richesse culturelle du pays, afin de bâtir une conscience collective solide, respectueuse de ses racines et ouverte à sa diversité.

77

CONCLUSION GENERALE

78

En définitive, repenser et adapter l'enseignement de l'histoire du Gabon de la sixième à la terminale constitue une nécessité impérieuse pour mieux refléter la richesse culturelle et identitaire du pays tout en répondant aux aspirations didactiques contemporaines. Le constat initial met en lumière une déconnexion persistante entre les programmes scolaires actuels, souvent hérités de cadres académiques généraux et peu contextualisés, et les expériences ainsi que les représentations culturelles des élèves gabonais. Cette fracture, marquée par des obstacles linguistiques, méthodologiques, et une faible prise en compte des savoirs locaux, empêche une appropriation véritablement critique et émotionnelle de l'histoire nationale.

L'importance de l'histoire locale ne saurait être sous-estimée dans la formation identitaire des élèves : elle agit comme un levier pour la construction d'une conscience collective, renforçant le sentiment d'appartenance et l'engagement civique. Dès lors, l'intégration systématique des savoirs oraux, des récits des aînés et des patrimoines culturels dans les supports pédagogiques représente un vrai tournant. Par exemple, la valorisation de témoignages issus de communautés Massango, Tsogho, Fang, Punu ou les Nzebi, couplée à des méthodes participatives telles que les débats, les jeux de rôle ou les projets collaboratifs dynamise les cours et stimule l'intérêt des élèves pour leur propre histoire.

Par ailleurs, la formation continue des enseignants apparaît comme un pilier fondamental : ceux-ci doivent être outillés non seulement pour maîtriser les contenus historiquement pertinents, mais aussi pour adopter une posture interculturelle et une pédagogie inclusive. Il est aussi indispensable de promouvoir un partenariat étroit entre les établissements scolaires, les autorités éducatives et les communautés locales, garantissant ainsi une co-construction des programmes enrichie par une pluralité de voix et d'expériences. Cette collaboration pourrait prendre la forme d'ateliers réguliers, d'archives orales numérisées ou encore d'expositions itinérantes, pérennisant une histoire vivante et incarnée.

Aussi, il est essentiel de renforcer la formation initiale et continue des enseignants, en les dotant d'outils adaptés et en favorisant les échanges avec les détenteurs de savoirs traditionnels. Ce double investissement dans le capital humain et matériel peut favoriser une transmission de l'histoire plus fidèle, plus pertinente et donc plus efficace, capable de nourrir le développement d'une citoyenneté éclairée et d'une identité gabonaise affirmée. En ce sens, la révision des programmes ne saurait se faire sans une réflexion structurante sur les finalités mêmes de l'éducation historique dans un contexte postcolonial et pluriculturel.

79

Au-delà de ces ajustements concrets, la réflexion doit s'inscrire dans une dynamique plus large visant à faire de l'enseignement de l'histoire un vecteur d'émancipation intellectuelle et de cohésion sociale. La question cruciale qui se pose maintenant est celle de la capacité des institutions éducatives gabonaises à inscrire durablement ces changements dans leur politique et leurs pratiques. Comment, en effet, conjuguer exigence académique et respect des patrimoines culturels dans un monde globalisé et en perpétuelle mutation ? Cette interrogation ouvre la porte à de futures recherches interdisciplinaires, mêlant histoire, pédagogie, linguistique et sociologie, afin de prolonger ce cheminement vers une éducation véritablement ancrée dans les réalités culturelles gabonaises, et qui inspire les générations futures à se connaître, se reconnaître et agir avec conscience dans leur société.

ANNEXE

80

81

précédent sommaire suivant






La Quadrature du Net

Ligue des droits de l'homme