II- Eléments constitutifs de la culture gabonaise
La culture gabonaise est riche et diversifiée,
intégrant à la fois des éléments traditionnels et
modernes. Elle se manifeste à travers les ethnies, les langues, la
musique, la danse, les arts, les rites et les coutumes.
I.1- Traditions orales, croyances et pratiques sociales
Les traditions orales, les croyances et les pratiques sociales
constituent le socle fondamental de la culture gabonaise, transmettant de
génération en génération un patrimoine
immatériel riche et diversifié. L'étude de ces
éléments est cruciale pour comprendre l'évolution
historique et l'identité culturelle du Gabon, car ils reflètent
à la fois la mémoire collective et les modes d'organisation
sociale des différentes communautés8.
Premièrement, les traditions orales jouent un
rôle primordial dans la sauvegarde et la transmission des savoirs, des
mythes, des légendes et de l'histoire locale. Au Gabon, comme dans de
nombreuses sociétés africaines, la transmission orale est
privilégiée par rapport à l'écrit, notamment du
fait du faible taux d'alphabétisation dans certaines régions
jusqu'au début du XXe siècle. Les chants, proverbes, contes et
récits historiques sont généralement portés par des
griots ou des aînés reconnus, qui jouent aussi un rôle
social de médiateurs et de gardiens des traditions. Par exemple, dans
les communautés fang, les récits des ancêtres sont transmis
en mbèè, langue vernaculaire, lors des veillées
destinées à instruire les jeunes sur les valeurs communautaires.
Les Fang ont une riche tradition orale, qui est transmise de
génération en génération.
Deuxièmement, les croyances religieuses traditionnelles
gabonaises, souvent animistes, sont profondément ancrées dans le
quotidien et les rituels communautaires. Elles s'appuient sur le culte des
ancêtres, des esprits de la forêt, ainsi que sur la magie et les
cérémonies de guérison. Ces croyances varient selon les
groupes ethniques principaux du pays, tels que les Fang, les Punu, les Nzebi,
et les Kota. Par exemple, le culte des reliques chez les Kota, à travers
leurs célèbres reliquaires en fer et bois, illustre cette
interfusion entre croyance, art et mémoire collective. Les Kota ont une
tradition riche en matière de sculpture et de reliquaires. Enfin, les
pratiques sociales comprennent les structures familiales, les systèmes
de parenté, les règles de mariage, ainsi que les fêtes
communautaires9. Au Gabon, la polygamie est une coutume
8 Hubert Deschamps. Op cit. P. 15-20
9 André Raponda-Walker. Op cit
13
encore largement pratiquée, bien que modifiée
par les influences contemporaines et les législations nationales. Selon
le recensement de 2013, environ 30 % des ménages gabonais pratiquent
encore la polygamie, principalement dans les zones rurales10.
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