WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Enseignement/apprentissage de l'histoire du Gabon de la sixième à  la terminale: éléments de recherche pour une adaptation culturelle


par Mave BEKALE NZAMBA
École Normale Supérieure de Libreville  - Master professionnel aux Métiers de L'enseignement et de l'éducation  2025
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

I.2- Influence des échanges coloniaux et postcoloniaux

L'analyse de l'influence des échanges coloniaux et postcoloniaux sur la culture gabonaise constitue une étape essentielle pour comprendre la dynamique culturelle nationale. En effet, le Gabon, colonie française de 1885 à 1960, a été le théâtre d'interactions complexes entre les populations autochtones et les agents coloniaux, lesquelles ont profondément façonné ses pratiques sociales, ses croyances, et son identité culturelle contemporaine.

Tout d'abord, la période coloniale a introduit des transformations majeures à travers l'imposition du système éducatif, religieux et administratif français. Par exemple, l'essor du christianisme, notamment du catholicisme porté par les missionnaires lazaristes et spiritains, a largement pénétré les sociétés locales, modifiant certaines croyances et pratiques ancestrales. Selon l'historien Charles Cordier entre 1900 et 1960, plus de 70 % des Gabonais vivant dans les zones urbaines avaient adopté au moins une forme de christianisme11.

Par ailleurs, la colonisation a favorisé le développement de nouvelles formes artistiques et culturelles issues des échanges avec la métropole et d'autres colonies africaines. Par exemple, le brassage des populations favorisé par les réseaux ferroviaires et la petite économie extractive, principalement autour du port de Libreville, a engendré un syncrétisme culturel visible dans la musique, la danse, mais aussi dans les langues vernaculaires.

En outre, la période postcoloniale, bien que marquée par l'indépendance politique en 1960, n'a pas rompu les liens entretenus avec la France et d'autres partenaires internationaux. Cette continuité a permis un dialogue culturel renouvelé, notamment à travers le système éducatif bilingue, les échanges artistiques, et la coopération économique. Par exemple, la langue française reste aujourd'hui un vecteur majeur d'unité nationale, mais elle coexiste avec plus de 40 langues autochtones, dont le fang et le myéné, qui ont vu un regain d'intérêt ces dernières décennies dans les politiques culturelles gabonaises.

10 Unesco, rapport sur l'éducation en Afrique, 1960. P. 50-60

11 André Raponda Walker. Rites et croyances des peuples du Gabon. Essai sur les pratiques religieuses d'autrefois et d'aujourd'hui. Présence Africaine, 1962

14

Ces interactions postcoloniales sont également visibles dans les expressions culturelles contemporaines. L'émergence de nouveaux genres musicaux comme le rap gabonais illustre une reconfiguration identitaire où s'articulent influences globalisées et racines locales. L'artiste Patience Dabany, figure emblématique de la musique gabonaise, en témoigne par sa fusion des rythmes traditionnels avec des sonorités occidentales dans les années 1980. Enfin, il est crucial de considérer que ces échanges, loin d'être un simple transfert unidirectionnel, se caractérisent par une appropriation dynamique et parfois résistante des Gabonais. La culture gabonaise moderne est ainsi le produit d'un dialogue continuel, où les héritages ancestraux se recomposent face aux apports coloniaux et postcoloniaux, donnant naissance à une identité nationale plurielle mais cohérente.

15

précédent sommaire suivant






La Quadrature du Net

Ligue des droits de l'homme