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Enseignement/apprentissage de l'histoire du Gabon de la sixième à  la terminale: éléments de recherche pour une adaptation culturelle


par Mave BEKALE NZAMBA
École Normale Supérieure de Libreville  - Master professionnel aux Métiers de L'enseignement et de l'éducation  2025
  

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CONCLUSION DU CHAPITRE I

En définitive, le cadre théorique de l'histoire culturelle du Gabon révèle la complexité et la richesse de son identité nationale, fruit d'une interaction dynamique entre traditions ancestrales et influences extérieures. La définition même de l'histoire culturelle, loin de se limiter à un simple inventaire des pratiques et croyances, s'impose comme une discipline capable d'appréhender les multiples dimensions symboliques, sociales et politiques qui façonnent la mémoire collective gabonaise. Les paradigmes méthodologiques mobilisés notamment l'approche interdisciplinaire combinant l'ethnologie, l'anthropologie historique et l'analyse postcoloniale permettent d'ancrer cette histoire dans une perspective nuancée, insistant sur la continuité et la rupture qui jalonnent le parcours du pays.

Ainsi, les traditions orales vectrices primordiales de transmission culturelle dans un contexte où l'écrit s'est imposé tardivement cohabitent avec les croyances ancestrales, telles que les pratiques initiatiques des Fang ou les rituels Bwiti, témoins vivants d'une spiritualité toujours active. Parallèlement, l'impact des échanges coloniaux et postcoloniaux, illustré par exemple par la transformation des structures sociales et l'adoption progressive de langues et de pratiques extérieures, a profondément modifié les formes culturelles et leur signification. Cette double tension entre enracinement et ouverture est à la fois source de richesse et de questionnements sur la nature même de l'identité gabonaise actuelle.

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CHAPITRE II : LA DIMENSION CULTURELLE DU GABON A TRAVERS LES

AGES

Au coeur de l'Afrique centrale, le Gabon précolonial rayonnait par une richesse culturelle et sociale d'une complexité fascinante, bien loin des clichés souvent réducteurs qui entourent les sociétés traditionnelles. Avant l'avènement de la colonisation au XIXe siècle, les communautés gabonaises, organisées en clans solidement hiérarchisés, tissaient un tissu social où chaque individu occupait une place définie, contribuant à l'équilibre collectif. Cette société ne se limitait pas à une simple organisation sociale : elle respirait à travers des rites anciens, des expressions artistiques d'une vivacité exaltante, masques en bois finement sculptés, musiques rituelles envoûtantes, et une mémoire collective transmise oralement avec un soin quasi sacré.

Comment dès lors cette formidable ingénierie sociale, spirituelle et artistique a-t-elle permis aux peuples gabonais de préserver leur identité dans le tumulte des changements imposés par la colonisation ? En s'appuyant sur une organisation sociale rigoureuse, des rites porteurs de symboles forts et un système de transmission orale minutieusement codifié, la société traditionnelle précoloniale du Gabon s'est donné les moyens de résister à l'effacement culturel. Ce chapitre explorera d'abord l'organisation sociale et rites, ensuite les expressions artistiques et symbolisme enfin, elle mettra en lumière la puissance de la transmission orale, vecteur crucial de savoirs et d'histoire, garant de la pérennité identitaire face aux bouleversements coloniaux. Ainsi, en dévoilant les piliers d'une culture vivante, nous comprendrons comment cette société a su conjuguer tradition et résilience.

II.1- La culture traditionnelle précoloniale : fondements et expressions a) Organisation sociale et rites

La société précoloniale gabonaise se structurant selon un modèle hiérarchique et clanique, repose sur une segmentation précise des rôles, des statuts et des responsabilités. Au sommet, les chefs coutumiers ou "mabanga" détiennent une autorité politique, religieuse et sociale. Ces chefs sont généralement issus des lignées aristocratiques, considérées comme légitimes par leur ascendance et leur lien avec les ancêtres. La transmission de l'autorité se fait par héritage, souvent matrilinéaire ou patrilinéaire selon les ethnicités, notamment chez les Fang, qui représentent la majorité ethnique, ou chez les Bwiti, avec une organisation clanique fortement structurée. Les clans, regroupant plusieurs familles, constituent l'unité fondamentale de

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l'organisation sociale. La cohésion interne repose sur des règles strictes de filiation, de mariage et de partage des ressources. La société est divisée en classes sociales : les nobles ou chefs, les artisans, les guerriers, et les populations paysannes ou agriculteurs. La société est aussi structurée autour des rites d'initiation, qui déterminent l'accès à certains statuts ou responsabilités. Par exemple, chez les Fang, l'initiation au Bwiti, qui inclut des cérémonies de consommation du "iboga", marque la transition vers la maturité et l'intégration dans la société. Les femmes jouent un rôle central dans la transmission des savoirs liés à la médecine traditionnelle, à la cuisine, et aux rites de fertilité, tout en occupant souvent des positions subalternes dans la hiérarchie politique12. Cependant, elles exercent une influence considérable dans la sphère religieuse et symbolique, notamment à travers les rites de fertilité et les cérémonies de purification.

Expressions artistiques et symbolisme

L'art dans la société précoloniale gabonaise est indissociable de la culture orale, servant à la fois de mémoire collective et d'expression symbolique. La sculpture, la peinture, la danse et la musique sont autant de moyens d'expression qui véhiculent des récits mythologiques, des valeurs sociales et des connaissances ancestrales. Les masques, tels que ceux de la culture Fang, incarnent des figures mythiques ou ancestrales. Leur fabrication est un acte rituel, souvent confié à des artisans initiés, qui respectent des codes stricts liés au symbolisme. Par exemple, les masques "Ngil" ou "Mbeki" sont porteurs de messages liés à la justice, à la protection ou à la transmission de pouvoir. Ces objets deviennent des supports de la transmission orale lorsqu'ils sont intégrés dans des cérémonies, où leur signification est expliquée par des conteurs ou des chefs.

Les danses traditionnelles, telles que le "Ekom" ou le "Ngil", jouent un rôle éducatif et symbolique. Elles racontent des histoires de héros, d'ancêtres ou de mythes fondateurs, en utilisant des gestes codifiés et des chants en langue locale. La musique, avec ses rythmes spécifiques, sert à la fois de support à la mémoire et de médiation avec le spirituel. La

12 Elikia M'bokolo. Le Gabon précolonial : étude sociale et économique. In: Cahiers d'études africaines, vol. 17, n°66-67, 1977. pp. 331-344. La société précoloniale gabonaise est donc caractérisée par une organisation clanique hiérarchisée, structurée autour de lignées de pouvoir, avec une forte intégration de la religion et de la tradition orale dans la gouvernance et la cohésion sociale.

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transmission orale, à travers ces formes artistiques, assure la pérennité des valeurs, des lois coutumières, et des connaissances cosmogoniques.

Les contes, épopées et proverbes constituent également un corpus oral riche, permettant de transmettre des leçons morales, des règles sociales et des connaissances sur le monde naturel. Par exemple, la légende du "Moke" chez les Bwiti illustre la lutte entre le bien et le mal, tout en inscrivant une morale dans la conscience collective13.

c) La transmission orale

La transmission orale au Gabon à l'époque précoloniale constitue un phénomène culturel central, essentiel à la préservation des identités, des connaissances et des valeurs des sociétés gabonaises. Cette pratique s'inscrit dans un cadre social, religieux, et éducatif, où la parole joue un rôle primordial dans la structuration des sociétés traditionnelles. La richesse de cette transmission repose sur des supports, de techniques et de rituels, qui varient selon les groupes ethniques, notamment chez les Fang, les Baka, les Nzebi, et les Mpongwe.

Avant la colonisation, le Gabon était constitué d'un ensemble de sociétés ethniques organisées en chefferies ou en clans, où la transmission orale constituait le principal vecteur de communication, d'éducation et de conservation du savoir. L'absence d'écrits n'était pas un obstacle, car la mémoire collective assurait la pérennité des connaissances. La tradition orale servait à transmettre non seulement des récits historiques, mais également des lois, des pratiques rituelles, des mythes fondateurs, et des savoirs liés à l'agriculture, la chasse, la pêche, et à la médecine traditionnelle.

Les pratiques rituelles et cérémonielles dans le Gabon précolonial constituaient des cadres essentiels où s'incarnaient et se transmettaient les savoirs, les valeurs et les mémoires collectives. En effet, ces événements sociaux et spirituels ne se limitaient pas à leur dimension symbolique ou festive ; ils étaient également des moments privilégiés d'enseignement et de pédagogie orale.

Premièrement, il convient de souligner que les rituels, souvent liés à des cycles agricoles, à des événements de la vie courante ou à des commémorations ancestrales, structuraient le calendrier social des peuples gabonais, notamment des Fang, des Punu, des Nzebi ou des Téké. Par exemple, le rituel du « Mwiri », est une cérémonie initiatique majeure associée à la

13 André Raponda Walker. Op. Cit

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transmission des mystères et savoirs des ancêtres14. Selon les chercheurs en anthropologie gabonaise, ce rite mobilise des chants, des danses, des récits et des gestes prescrits qui permettent aux jeunes générations d'intérioriser les règles sociales, morales et spirituelles, renforçant ainsi la cohésion communautaire. De plus, ces rituels mettent en scène des symboles et des objets sacrés, comme les masques, les statues ou encore les fétiches, qui jouent un rôle mémoriel et didactique dans la communication orale.

Le masque « Mukudji », par exemple, utilisé lors des cérémonies funéraires chez les Punu, véhicule une connaissance codifiée sur la vie, la mort et l'au-delà. L'oralité se conjugue alors à la matérialité pour ancrer durablement les savoirs au sein des groupes. Les chants traditionnels qui accompagnent ces rites sont porteurs de récits mythologiques et légendaires, chaque couplet étant une leçon d'histoire et d'éthique. Selon Jean-Baptiste Mouloungui, « ces chants fonctionnent comme des archives vivantes, où chaque participant devient un dépositaire de la mémoire collective ». Par ailleurs, les cérémonies liées à l'initiation, comme c'est le cas des rites de passage à l'âge adulte, étaient des moments décisifs de transmission orale. Elles offraient un cadre structuré où les aînés, souvent des initiés ou maîtres de rites, transmettaient aux initiés des savoirs ésotériques concernant la gestion communautaire, les secrets du territoire, la généalogie et les normes sociales. Cette éducation orale se faisait dans un strict secret mais avec rigueur, ce qui assurait que les connaissances ne se perdaient pas et étaient respectées.

Selon Albert Schweitzer, « la transmission orale au travers des cérémonies initiatiques est une forme de pédagogie sociale aussi puissante qu'efficace ». Enfin, il ne faut pas négliger l'impact social de ces rituels en ce qu'ils structuraient la mémoire collective non seulement par le contenu transmis, mais aussi par la répétition, le cadre solennel et la participation collective. En rassemblant les membres de la communauté autour de pratiques partagées, ils consolidaient un sentiment d'appartenance et d'identité culturelle qui allait bien au-delà de la simple transmission du savoir. C'est cette caractéristique qui explique la résilience des cultures gabonaises face aux bouleversements induits par la colonisation ultérieure15.

Comme l'affirme le sociologue gabonais Alain Moukala, « la mémoire collective, ancrée dans les rituels, fut le rempart du Gabon face à l'uniformisation culturelle imposée ». En somme,

14Jean Baptiste Mouloungui. Les rituels initiatiques chez les Fang du Gabon. Paris, L'Harmattan, 1998 p. 20-25. Les rites, intégrés dans la transmission orale, assurent la cohésion sociale et la pérennité des valeurs, tout en maintenant un lien constant avec le monde spirituel

15 Albert Schweitzer. À l'orée de la forêt vierge. Paris : Payot, 1922 p. 100-120.

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les pratiques rituelles et cérémonielles au Gabon précolonial étaient bien plus que de simples manifestations culturelles : elles constituaient des vecteurs fondamentaux de la transmission orale, garantes de la continuité des savoirs et de la mémoire collective.

II.2- L'impact de la colonisation française sur la culture gabonaise

La période coloniale au Gabon, initiée formellement par l'établissement de l'Administration française à la fin du XIXe siècle, a profondément remodelé le tissu socio-culturel, politique et artistique du pays. Sous domination française jusqu'à l'indépendance en 1960, le Gabon a subi une influence coloniale significative qui a laissé une empreinte indélébile sur ses structures internes et ses expressions culturelles. Cette analyse détaillée vise à explorer de manière précise et exhaustive les transformations induites par la colonisation française dans ces trois domaines fondamentaux : la culture, les structures sociales et politiques, ainsi que les arts et la langue.

a) L'impact de la colonisation

La colonisation française a profondément bouleversé la culture gabonaise, en imposant un modèle culturel eurocentrique qui a conduit à une dévalorisation des pratiques traditionnelles et à une transformation profonde des modes de vie. La politique coloniale privilégiait la christianisation, ce qui a entraîné une marginalisation des croyances et des rituels autochtones. La conversion massive à l'église catholique a modifié le rapport des populations à leur spiritualité, souvent en détruisant ou en négligeant les temples, les rites ancestraux et les pratiques chamaniques16.

Par ailleurs, l'administration coloniale a imposé la langue française comme langue officielle, reléguant les langues autochtones telles que le fang, le myéné ou le nzebi à un statut secondaire, ce qui a contribué à une dépréciation de ces langues et à leur marginalisation dans les espaces officiels et éducatifs. La francisation a également touché les systèmes éducatifs, où l'enseignement a été structuré selon un modèle eurocentré, dévalorisant les savoirs traditionnels et remplaçant les visions du monde indigènes par une vision occidentale. Les arts traditionnels, notamment la sculpture, la danse et la musique, ont été marginalisés, considérés comme primitifs ou folkloriques, au profit d'un art occidental prétendu supérieur17. Toutefois,

16 Diop M. Religions et spiritualités au Gabon : entre tradition et christianisme. Libreville. 2005, Presses Universitaires du Gabon.

17 N'Gouala, E. Langues autochtones et politique linguistique en Afrique centrale. Paris : Karthala.

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certains motifs traditionnels ont été intégrés dans l'art colonial, donnant naissance à des formes hybrides, notamment dans la sculpture religieuse ou décorative.

b) La transformation des structures sociales et politiques

La colonisation a profondément modifié la structuration sociale et politique des sociétés gabonaises. Avant l'arrivée des Français, les sociétés autochtones étaient organisées selon des systèmes hiérarchiques complexes, souvent basés sur des chefdoms ou des royaumes (notamment le royaume des Fang ou des Mpongui), avec des chefs traditionnels détenant une autorité incontestée sur leur territoire. L'administration coloniale a introduit un modèle centralisé basé sur la domination administrative française, supprimant ou marginalisant les chefs traditionnels en faveur d'un pouvoir colonial direct ou indirect. Le système de mandores, ou chefs locaux imposés par l'administration coloniale, a remplacé ou affaibli l'autorité des chefs coutumiers, leur conférant une légitimité dépendante de l'administration coloniale plutôt que de leur communauté18.

Les structures politiques traditionnelles ont été dévalorisées ou intégrées dans un cadre administratif français, ce qui a entraîné une perte d'autonomie pour les sociétés indigènes. La mise en place de lois coloniales, telles que le Code de l'indigénat, a renforcé la distinction entre citoyens français et indigènes, limitant considérablement leurs droits civiques et politiques. Ce processus a engendré une fracture sociale profonde, où une élite coloniale ou métropolitaine contrôlait les ressources et l'administration, au détriment des populations autochtones19. La société gabonaise s'est ainsi structurée selon un modèle dualiste, avec une minorité bénéficiant de privilèges et une majorité marginalisée.

c) L'influence coloniale sur les arts et la langue

L'influence coloniale a laissé une empreinte durable sur les arts visuels, la musique et la langue gabonaise. Sur le plan artistique, la colonisation a introduit des techniques artistiques françaises, telles que la sculpture sur bois et la peinture à l'huile, tout en cherchant à occidentaliser l'art indigène. Cependant, paradoxalement, cette période a aussi permis la préservation de certains motifs traditionnels sous une forme modifiée, notamment dans la sculpture religieuse ou décorative. L'art religieux, notamment les crucifix, statues de saints et

18 Ndiaye, M. Le système de mandores au Gabon : entre tradition et colonialisme. Dakar, 2003 : Les Éditions du Crocodile.

19Pierre Fonkoua. L'art indigène face à la colonisation : hybridation et résistance. Libreville, 2018. Université Omar Bongo.

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autres objets de culte chrétien, a remplacé ou cohabité avec les objets rituels traditionnels, traduisant une syncrétisation entre croyances autochtones et chrétiennes. La musique, quant à elle, a été influencée par la musique occidentale, intégrant des instruments européens comme la guitare ou le piano, tout en conservant des éléments rythmiques et mélodiques issus des traditions autochtones. Concernant la langue, le français est devenu la langue officielle, utilisée dans l'administration, l'éducation et les médias. La politique linguistique coloniale a systématiquement marginalisé les langues autochtones, qui ont été reléguées à un usage familial ou traditionnel, voire interdites dans certains contextes officiels. Cette domination linguistique a provoqué une perte de transmission orale de nombreux savoirs et traditions, et a contribué à une crise identitaire pour certaines communautés qui voient leur langue maternelle décliner20.

La colonisation a également introduit la littérature francophone, qui a permis la naissance d'une écriture indigène en français. Cette situation a créé un phénomène de bilinguisme ou de diglossie, où la maîtrise du français est perçue comme un signe de modernité ou de progrès, alors que les langues autochtones sont perçues comme archaïques ou rurales. La colonisation française a laissé une empreinte indélébile sur le Gabon, remodelant en profondeur sa culture, ses structures sociales et politiques, ainsi que ses arts et sa langue. Si certains aspects ont été détruits ou marginalisés, d'autres ont été hybridés ou transformés, créant un paysage culturel complexe, marqué par des dynamiques de résistance et de syncrétisme. La compréhension de cette période est essentielle pour saisir les enjeux identitaires et culturels actuels du Gabon.

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