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Employabilité des jeunes en Côte d'Ivoire


par Antoine N'Gratier
Université d'Abidjan - DEA 2007
Dans la categorie: Ressources humaines
   
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Chapitre II : L'inefficience du dispositif d'insertion professionnelle des jeunes.

Afin de faciliter l'insertion professionnelle de tous les jeunes dans le tissu économique, des structures comme l'AGEPE, l'AGEFOP, le FNS furent mises en place. Cependant, des années après leur création, ces entités semblent aujourd'hui ne plus être en mesure d'assurer convenablement les tâches pour lesquelles elles ont été créées. Les insuffisances des mécanismes d'insertion professionnelle en termes de résultats des projets et différents programmes mis en place par l'AGEPE et l'AGEFOP, exposées dans la première section de ce chapitre ; ainsi que l'analyse des lourdeurs institutionnelles et les contraintes financières de ces structures de promotion d'emploi jeune (seconde section du chapitre), nous montrerons qu' à côté de l'inadéquation des systèmes cités au chapitre précédent, l'inefficience du dispositif d'insertion professionnelle constitue un frein à l'employabilité des jeunes.

I) L'insuffisance des résultats des mécanismes d'insertion professionnelle.

I.1) Résultats des mécanismes d'insertion professionnelle mis en oeuvre par l'AGEPE.

L'AGEPE qui a succédé à l'office de la main d'oeuvre de Côte d'Ivoire (OMOCI) comprend deux directions dont la direction de l'observatoire de l'emploi, des métiers et de la formation ; et la direction de la promotion de l'emploi qui ont pour missions respectives le recueillement et la gestion des banques de données sur l'emploi, les métiers, la formation et le chômage ; et l'initiative de toutes activités en vue de la mise en oeuvre de la politique nationale de l'emploi.

Le Programme d'Aide à l'Embauche (PAE), le Programme de Création de Micro-Entreprise (PCME) et le Fonds de Soutien à l'Emploi par les Travaux à Haute Intensité de Main-d'oeuvre (FSE-THIMO) sont autant de programmes mis en place par l'AGEPE, mais dont les résultats restent non significatifs.

· Le PAE

Le PAE dans sa phase opérationnelle englobe les formations qualifiantes en plus des mises en stages. En 1991 et 1992, le PAE a permis de placer en entreprise 554 stagiaires dont 50% ont été embauchés pour un coût de 1.140.017.302 F CFA. Sur la période 1996-1997, 210 stagiaires ont été placés. En 1997, 342 primo demandeurs ont bénéficié des formations qualifiantes dans 12 spécialités (agents commerciaux, gestion des ressources humaines, cadres commerciaux et de banque, reconversion de secrétaires en secrétaires bilingues, etc.) pour un coût de 173.400.000 FCFA.

Tableau 5: Bilan des activités du PAE de 1998-2003.

Activités du PAE

Années

1998

1999

2000

2001

2002

2003

Mise en stage

Stagiaires

154

16

13

18

5

7

Placements

62

10

7

5

3

 

Formation Complémentaire Qualifiante

Bénéficiaires

443

 
 
 
 
 

Formés placés

200

 
 
 
 
 

Placement (%)

45,14

 
 
 
 
 

Coût en millions de francs

324

 
 
 
 
 

Source : PAE-AGEPE

Cependant, l'analyse du tableau nous montre que de 1998 à 2002, on a une baisse considérable pour les mises en stages : 154 à 5 ; et 62 à 3 pour les placements. On constate avec désarroi qu'au fil des années les capacités de placement en matière de stages et d'emploi de l'AGEPE laissent à désirer.

La formation complémentaire qualifiante elle, n'est plus fonctionnelle depuis 1998 où elle avait enregistré 443 bénéficiaires pour 200 formés et placés avec un financement global de 324 millions de FCFA.

Concernant le PCME, 325 emplois seulement ont été créés sur la période 96-99 (AGEPE, 1996).

L'instabilité politique depuis Décembre 1999 a entraîné une stagnation des activités à partir de l'année 2000. Les résultats attendus n'ont donc pas été atteints.

· Le programme FSE-THIMO

On distingue deux phases dans la mise en oeuvre du programme. La phase pilote et la phase de mise en oeuvre réelle. Dans sa phase pilote entre 1994 et 1995, le programme a fonctionné avec une dotation annuelle de 1 milliard de FCFA. Une opération a été conduite avec la commune de Yopougon avec 840 jeunes femmes utilisées dans les travaux d'entretien des rues et autres édifices de la commune. Suite à la constatation des lacunes dans son fonctionnement, le programme a été interrompu en 1995. La phase dite opérationnelle du programme en 1997 n'a pas été mise en oeuvre faute de moyens financiers.

Ce qu'il y a lieu de rappeler c'est qu'un travail d'envergure avait été mise en place et effectué par l'AGEPE en vue de la réactivation du programme. On note par exemple, la confection de manuels de procédure pour sécuriser le programme. Le lancement était prévu pour 1999 lorsque survint le coup d'Etat. Il a donc fallu attendre 2005 pour réactiver effectivement le programme. Cela s'est traduit par la fourniture de petits matériels de travail à 83 communes sous contrôle gouvernemental sur les 96 communes de cette zone en fin d'année 2005 pour un coût de 150.000.000 FCFA. Il faut noter que même si des efforts ont été entrepris, beaucoup reste encore à faire face à l'ampleur du chômage et à la déscolarisation d'une frange très importante de la population juvénile.

I.2) Résultats des programmes d'apprentissage et de formation exécutés par l'AGEFOP.

L'AGEFOP est un organisme de prospection, d'élaboration et de gestion de projets de formation technique et professionnelle, elle constitue l'ingénierie de la formation professionnelle.

A ce titre, l'Agence a mis en place deux grands projets que sont le projet apprentissage et le projet de formation à distance dans le cadre du Programme d'Absorption des Jeunes Déscolarisés (PAJD), projet qui avait pour mission de lutter contre le chômage des jeunes déscolarisés, n'ayant aucune qualification professionnelle qui leur permettent de s'insérer dans le tissu économique. Le PAJD n'existe plus, mais des substituts existent tels que la formation par apprentissage, la formation qualifiante de courte durée, le Projet d'Appui des Personnes Handicapés à la Formation Professionnelle (PAPHFP), les Unités Mobile (UM) et les Ateliers d'Application et de Production (AAP).

Des différents projets, seul l'apprentissage couvre l'ensemble du pays ; cela témoigne de la tâche qui incombe aux partenaires des structures d'insertion professionnelle.

D'autres programmes comme la formation à distance de Bouaké, le programme d'appui au développement de la formation continue et le programme d'accès et d'appui au maintien des jeunes filles à l'enseignement professionnel sont dysfonctionnels et cela en raison des moyens financiers.

En termes d'investissement, on note la réhabilitation d'un centre de ressources; lieu de rencontre entre les professionnels des différents secteurs d'activités et les experts de la formation afin de dégager les besoins et les traduire en projet.

Le Bilan des activités de l'AGEFOP est consigné dans le tableau suivant.

Tableau 6 : Bilan des activités de l'AGEFOP de 2003 à 2006

Type de formation

Apprentissage

PAPHFP

Formation qualifiante

Apprentis certifiés

2003

Hommes

1311

116

94

285

Femmes

1013

39

11

Total

2324

155

105

Financement (en millions)

285

60

 

2004

Hommes

1351

116

124

176

Femmes

1046

32

17

Total

2397

148

144

Financement (en millions)

275

60

 

2005

Hommes

1096

62

60

143

Femmes

746

13

10

Total

1845

85

73

Financement (en millions)

250

50

 

2006

Hommes

1006

91

97

231

Femmes

818

34

11

Total

1824

125

197

Financement (en millions)

313.3

78

 

Source : AGEFOP.

L'analyse du tableau nous révèle que le nombre de bénéficiaires à l'apprentissage a baissé de 2003 à 2005 passant de 2324 à 1845 ; de même que les bénéficiaires du PAPHFP de 155 en 2003 à 85 en 2005. Au niveau du financement, la dotation allouée à la formation a diminué également sur la période en ce qui concerne l'apprentissage et le PAHPFP.

Ce qu'il faut noter aussi c'est que la formation qualifiante et le PAPHFP sont uniquement exécutés dans la seule ville d'Abidjan. Depuis 2003, les unités mobiles et les ateliers d'application et de production ne sont plus fonctionnels.

Toutes les analyses suscitées témoignent d'une réelle difficulté dans l'exécution des tâches, ce qui est de nature à favoriser une insertion difficile pour les jeunes.

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