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Vers une organisation mondiale pour la reconstruction post-catastrophe ?


par Laetitia Bornes
ENSAPVS - Architecture 2014
  

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11 CONCLUSION

L'intérêt potentiel d'une forme d'organisation mondiale pour la reconstruction post-catastrophe, capable de s'imposer comme véritable interlocuteur dans la reconstruction, est indéniable. Il est démontré dans cette partie que, dans des circonstances idéales, une telle organisation aurait permis une reconstruction plus rapide, efficace et dynamisante en Haïti. Néanmoins, la question de la généralisation, de la forme, et des financements se pose.

Ainsi, la partie suivante se propose de développer des pistes de réflexion sur les moyens de mise en place et outils possibles d'une organisation mondiale de la reconstruction, sur son éventuelle forme, statut, et sur ses possibilités de financements. Il ne s'agit là que de modestes réflexions personnelles, disposant de peu d'expérience, et de bien peu de connaissances en droit international. L'intention est essentiellement de ne pas se réduire à la simple critique.

11.1 PISTES VERS UNE ORGANISATION MONDIALE POUR LA RECONSTRUCTION

11.1.1 FORME, STATUT

La mise en place d'une Organisation Mondiale pour la Reconstruction post-catastrophe pourrait s'effectuer de trois principales manières :

La création d'une nouvelle institution,

La création d'un réseau d'entités existantes,

Le renforcement d'une entité existante.

LA CRÉATION D'UNE NOUVELLE INSTITUTION

La création d'une nouvelle institution « de toutes pièces », sans matière initiale, semble se heurter à deux difficultés majeures. En effet, elle pose tout d'abord la question des acteurs de sa mise en place : qui peut prétendre fonder une nouvelle entité qui aurait autorité sur les autres (déjà existantes), ou qui engloberait les autres ?

En outre, les acteurs de l'aide internationale post-catastrophe sont déjà très nombreux et variés, mêlant des statuts, relations d'autorité, de financements peu lisibles... La confusion est déjà grande, et les projets de coopération / coordination sont également très nombreux, se recoupent... La création d'un nouvel acteur supplémentaire dans ce « fourmillement » de l'aide internationale étudié en partie 1.2 ne semble pas être une solution parfaitement satisfaisante.

LA CRÉATION D'UN RÉSEAU D'ENTITÉS EXISTANTES

Plusieurs associations, fondations, ONG s'efforce de se rassembler en réseaux ou de créer des antennes à travers le monde.

C'est le cas, par exemple des Architectes Sans Frontières, avec ASF International (ASF Int), qui regroupe 27 ONG membres à travers le monde, agissant surtout sur les problématiques de développement.

Figure 80 : ASF International - à gauche, pays membres, à droite, activités dans le monde357(*)

La Fondation Architectes de l'urgence, quant à elle, compte trois antennes à l'international : en Suisse, au Canada et en Australie, et s'efforce de créer des partenariats, d'élargir son réseau, à chacune de ses nouvelles interventions à l'international.

On peut qualifier leur résonnance d' « internationale », mais non de « mondiale ». La création de tels réseaux permet de renforcer les actions de solidarité internationale, mais pas de disposer d'une véritable organisation commune : élaborations de stratégies, répartition des financements, des moyens...

LE RENFORCEMENT D'UNE ENTITÉ EXISTANTE

Le renforcement et la diversification d'une entité internationale existante peut constituer une solution intéressante. Deux entités semblent se prêter à l'opération : le Programme des Nations Unies pour les Etablissements Humains(PNUEH ou UN Habitat), et l'Union Internationale des Architectes (UIA).

UN Habitat a montré, dans la reconstruction post-séisme d'Haïti, le grand intérêt de ses compétences et de son intervention, mais aussi son manque d'autorité, le faible impact de sa voix au sein de l'aide internationale, du moins lors de la phase d'urgence. Il s'agirait donc de développer sa branche « Réduction des risques et reconstruction », et de l'orienter également davantage vers des fonctions de relogement d'urgence. De par son rattachement à l'ONU, elle rassemble 193 Etats à travers le monde, et peut être qualifiée de « mondiale ». Néanmoins, l'ONU est une institution relativement politisée, et l'UN Habitat ne rassemble, ni ne représente l'ensemble des professionnels de la construction et de l'urbanisme. Elle n'a par exemple pas vocation à intervenir sur les formations de ces domaines dans ses pays membres.

L'UIA, quant à elle, répond tout à fait absente dans la réponse internationale à Haïti. En effet, même si elle rassemble 124 pays et territoires et peut être qualifiée de « mondiale », elle ne dispose que de très peu de financements, et se consacre principalement à la défense de la profession d'architecte ou au soutien de certaines initiatives d'architectes (défense du patrimoine, etc.). Jusqu'à présent, l'Union se préoccupe peu des problématiques de développement ou de la reconstruction d'urgence. En revanche, elle s'implique dans le domaine de la formation, et regroupe potentiellement tous les architectes.

Un renforcement, une diversification et un partenariat des deux entités pourrait constituer se révéler particulièrement efficace, et envisageable, dans la mesure où un accord de coopération a déjà été signé en 2005. Enfin, ce rassemblement pourrait également intégrer l'Association Internationale des Urbanistes (AIU).

EVOLUTION

L'Organisation Mondiale pour la Reconstruction pourrait en réalité, de par les conditions de sa formation, et par extension, étendre son domaine d'action à la construction en général. Elle deviendrait la référence mondiale dans les domaines de l'architecture, du génie civil, de l'urbanisme et de la construction, tout en concentrant son action sur les situations problématiques, à l'image de l'Organisation Mondiale pour la Santé (OMS).

* 357Source : http://www.asfint.org/

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