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Vers une organisation mondiale pour la reconstruction post-catastrophe ?


par Laetitia Bornes
ENSAPVS - Architecture 2014
  

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11.1.2 OBJECTIFS, MOYENS, OUTILS

Les objectifs de l'OMR, référence mondiale et autorité coordinatrice dans les domaines de la construction, seraient d'agir dans la recherche, dans la prévention, et dans la formation pour accroître la résilience des zones urbanisées du monde entier, ainsi que de créer une expertise de la reconstruction d'urgence, et d'accompagner de manière efficace les gestions de crises.

Elle serait chargée de définir les programmes de recherche dans les domaines de l'urbanisme et de la construction, de fixer des normes et des critères, de présenter des options politiques fondées sur des données probantes, de fournir un soutien technique aux pays et de suivre et d'apprécier les tendances en matière d'architecture et d'urbanisme.

RECHERCHE

En matière de recherche, l'OMR définirait les orientations générales et les programmes :

recherche matériaux,

recherche de solutions techniques anti-sinistres,

recherche de solutions techniques d'urgence (shelters, techniques d'auto construction...)

Et, plus généralement :

développement d'outils dans le domaine de l'urbanisme (cartographie, pratiques innovantes, etc.),

développement d'outils dans le domaine de l'architecture et du génie civil (matériaux, innovations techniques, etc.),

Ainsi, les propositions « formelles » spontanées étudiées en partie 2.1 pourraient s'inscrire dans un cadre fixé, répondre à une réelle demande ciblée. Elles en seraient plus cohérentes, plus proches de la réalité des besoins, et plus probablement développées, réalisées.

CONNAISSANCES ET RÉFÉRENCES

L'OMR pourrait s'efforcer de regrouper l'ensemble des connaissances, techniques et pratiques relatives à l'urbanisme et à la construction à travers le monde, afin de créer un patrimoine des savoirs dans ces domaines, dont le contenu serait évolutif et consultable.

L'OMR pourrait également définir des outils, des normes et standards, des bonnes pratiques dans ces domaines, qui serviraient de référence à l'échelle mondiale.

L'ensemble de ces informations pourrait prendre la forme d'une banque de données et d'une « boîte à outils ».

URBANISME D'URGENCE

L'OMR pourrait, par exemple, développer un outil d' « urbanisme d'urgence » : le « Plan Local d'Urbanisme d'Urgence » (PLUU). Cet outil consisterait à définir des scénarii d'urgence probables, et à élaborer des plans de stratégie qui y répondent : définition de zones de dégagement, de lieux d'évacuation non constructibles, et disponibles en cas d'urgence, définition de lieux stratégiques d'hébergement d'urgence (en fonction des risques, des accès aux services, réseaux, équipements, etc.)... Cela permettrait d'éviter les situations de relocalisation de réfugiés en zone à risque.

PRÉVENTION

De par son réseau mondial, l'OMR aurait un rôle de surveillance et d'avertissement concernant les pratiques de l'urbanisme et de la construction. Il s'agirait d'alerter les gouvernements des situations dangereuses (urbanisation non contrôlée, constructions dangereuses, etc.), et de les aider à agir au moyen, par exemple, d'un soutien stratégique, de l'intervention d'ONG de développement...

L'OMR encouragerait et agirait en partenariat avec les systèmes de surveillance et d'alertes relatifs aux catastrophes naturelles.

L'OMR pourrait également préparer les situations d'urgence, en réalisant des « projets d'urgence », développés dans le cadre de la recherche. On pourrait imaginer un découpage par zones géographiques, climatiques et par type de risque. Dans chaque zone, une initiative de recherche en matière d'hébergements d'urgence est encouragée et financée. Puis, ces solutions techniques sont développées localement, produites à partir des ressources locales (entreprise de préfabrication, matériaux, etc.), et stockées localement. Cette mesure concerne toute les régions urbanisées du monde, car elles sont toutes soumises à des risques (naturels comme technologiques).

Ainsi, ces solutions bénéficieraient des avantages de la préfabrication (réduction des délais, des coûts de fabrication, facilité de montage), tout en favorisant les économies locales, en réduisant les délais et coût d'acheminement, en limitant l'impact environnemental... On éviterait ainsi l'absurdité des solutions préfabriquées à grands frais dans des pays à forte économie et livrées (délai et coût) dans des pays en développement. De même, les solutions pourraient être bien mieux adaptées, car elles viseraient un cadre d'utilisation plus restreint.

URGENCE ET RECONSTRUCTION

En réponse à une catastrophe, l'OMR s'imposerait comme un véritable interlocuteur dans l'élaboration des stratégies de relèvement, dès la phase d'urgence. Elle apporterait ses compétences relatives à l'urbanisme et à la construction, ainsi que son expertise de l'urgence dans le débat. En partenariat avec ses membres locaux, elle disposerait rapidement d'une analyse efficace et d'une compréhension du contexte d'intervention.

Grâce aux « projets d'urgence », elle pourrait proposer des solutions techniques d'hébergement d'urgence optimales.

Enfin, elle pourrait accompagner les autorités locales des zones affectées dans l'élaboration et la mise en oeuvre de la reconstruction (répondant à des critères et standards de référence), en mobilisant tout d'abord et principalement les professionnels locaux, membres de l'organisation.

RETOUR SUR EXPÉRIENCE

L'OMR pourrait s'alimenter des diverses situations d'urgence, qui sont souvent soumises à des contraintes communes, afin de développer une véritable expertise de la reconstruction d'urgence, et accroître son patrimoine de connaissances.Elle s'assureraitde maintenir une « mémoire institutionnelle » tangible à l'aide, par exemple, de dispositifs innovants. Elle augmente ainsi son efficacité dans l'accompagnement à la gestion de situations d'urgence futures.

FORMATION

L'OMR lutterait également à travers le monde pour la formation des métiers de la construction, de l'architecture, et de l'urbanisme aux problématiques des risques (et en particulier aux principaux risques locaux), ainsi que pour la sensibilisation des populations aux risques (notamment en cas d'auto construction).

En outre, elle favoriserait et soutiendrait la création de formations complémentaires spécifiques à l'urgence reconnues.

FINANCEMENTS

L'OMR veillerait à limiter au maximum son coût de fonctionnement propre, en ayant recours à un minimum de postes fixes. Par exemple, en cas de situation d'urgence qui nécessiterait une mobilisation importante, elle pourrait faire appel à des professionnels formés à l'urgence et disponibles sur un fonctionnement d' « astreinte ». Elle fonctionnerait également en partenariat avec les ONG de professionnels de la construction ou de l'urbanisme reconnues par elle.

Les financements des stratégies de prévention pourraient être présentés auxbailleurs étatiques comme des « investissements ». En effet, il est bien souvent plus efficace et moins onéreux d'agir en prévention, plutôt qu'en réponse.

Enfin, la légitimité que l'OMR aurait dans l'élaboration des stratégies de relèvement lui accorderait la confiance des bailleurs, et permettrait un financement justement réparti entre les différents domaines d'intervention de l'aide internationale.

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