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Les dynamiques de changement en francophonie: sociologie des réformes institutionnelles de la francophonie de 1970 à 2018


par Constant FOMEKONG MOTSOU
Institut des Relations Internationales du Cameroun  - Master 2 2024
Dans la categorie: Arts, Philosophie et Sociologie > Sociologie
   
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B- Le conformisme social

Raymond ARON analyse les interactions entre les Etats en termes de conformisme à certaines règles implicites ou explicites167(*). Aron explique que le conformisme social peut être observé à travers la manière dont les Etats adoptent des normes internationales afin de maintenir un certain ordre mondial ou éviter les conflits168(*). Dans le contexte de la Francophonie, ce concept peut être expliqué par plusieurs facteurs sociaux et culturels qui ont freiné l'acceptation et la mise en place de nouvelles structures institutionnelles. Dans de nombreuses sociétés francophones, les normes établies jouent un rôle central dans la structuration de la vie collective.Le conformisme à ce niveau agit comme un moyen de préservation de l'identité culturelle, mais peut aussi réduire la flexibilité pour accepter des réformes institutionnelles modernes.

La pression exercée par un groupe constitue parfois à renforcer le conformisme social. Dans les sociétés où l'individu donne de la valeur à son appartenance à un groupe ou à une communauté, il est récurrent d'observer une résistance à tout ce qui pourrait mettre en péril cette appartenance notamment la mise en oeuvre des réformes favorables au changement. Les réformes institutionnelles bien qu'initiés dans le cadre de la coopération multilatérale, lorsqu'elles sont perçues comme imposées de l'extérieur ou comme au statu quo, sont parfois refoulées par crainte d'être exclu du groupe ou de perdre les avantages lié au secteur reformé. Cette valorisation du statu quo est une finalité de la pression des groupes francophones.

Dans certaines sociétés d'Afrique francophone, il existe une méfiance envers les élites politiques et les autorités, le fait de percevoir les réformes institutionnelles comme émanant du haut sans réelle concertation populaire rencontre une forte opposition de ces populations de l'espace francophone. Le conformisme social se perçoit par une forme de résistance passive où les individus préfèrent maintenir les anciennes pratiques plutôt que l'adoption de nouvelles règles considérées comme arbitraires ou non adaptées.Le changement institutionnel nécessite un accompagnement par voie de sensibilisation pour faciliter son adoption. Le conformisme social est donc renforcé par une absence d'information ou de compréhension des potentiels avantages des réformes. Sans un véritable travail d'explication et de vulgarisation, les populations peuvent être réticentes.

* 167 Raymond ARON, Paix et guerre entre les nations, Paris, Calmann-Lévy, 1956, 860p

* 168 Idem.

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