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Analyse sociolinguistique de la messagerie des étudiants de l'ISP/Kaziba dans les réseaux sociaux. Vers un cryptage inédit: approche sociolinguistique


par Sterling ELIA LIKANGE
Institut Supérieur Pédagogique de Kaziba (ISP Kaziba) - Licence 2022
  

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5.6. Cas particulier du récit et du discours rapporté

Dans un dialogue (au théâtre, dans un roman...), à chaque nouvelle réplique, la situation d'énonciation change, puisque l'énonciateur et le destinataire changent aussi. Dans le récit, c'est un peu plus compliqué. Dans la dimension du récit (ou narration), l'énonciateur (plus précisément, l'auteur, puisque le plus souvent, un récit est écrit) devient le narrateur, c'est-à-dire celui qui raconte. Il peut participer à l'histoire qu'il raconte. Quelquefois, il se confond avec l'auteur, dans le cas d'un récit autobiographique par exemple. D'autres fois, au contraire, l'auteur fait son récit sous le nom d'un personnage, réel ou fictif : dans ce cas, il convient de distinguer l'auteur du narrateur.

Par exemple, le roman policier Le Meurtre de Roger Ackroyd a pour auteur Agatha Christie, mais c'est le docteur Sheppard, personnage fictif, qui en est le narrateur.

Habituellement, le narrateur fait parler les personnages de son récit en rapportant leurs paroles. Ce procédé, appelé précisément discours rapporté, permet de faire entendre une pluralité de voix (certains linguistes à ce propos, parlent même de polyphonie).

Le discours rapporté peut revêtir la forme directe ou indirecte. Le discours direct est la citation exacte (généralement entre guillemets) du discours prononcé par un tiers, tandis que le discours indirect est l'incorporation (avec transposition et sans guillemets) du discours d'un tiers dans la syntaxe du discours principal, celui du narrateur :

(1) Jacques m'informa : « Demain, je pars en vacances. » [Discours direct]

(2) Jacques m'informa que le lendemain, il partait en vacances. [Discours indirect]

On fera donc les remarques suivantes :

Dans le discours direct, il y a non seulement deux unités syntaxiques indépendantes, mais également, deux situations d'énonciation distinctes, et par conséquent, deux énonciateurs successifs (dans le premier exemple ci-dessus : le narrateur, puis, Jacques). Le narrateur reste cependant narrateur même si la situation d'énonciation change entre la partie narrative et la partie discursive.

Dans le discours indirect au contraire, il y a une seule unité syntaxique, une seule situation d'énonciation, et par conséquent, un seul énonciateur, c'est-à-dire, le narrateur. Le texte ne conserve que sa dimension narrative (deuxième exemple ci-dessus), et par conséquent, le discours cité perd toute autonomie syntaxique et énonciative.

Personnage réel ou fictif, l'énonciateur est toujours celui qui énonce (celui qui parle ou qui écrit, bref, celui qui adresse une parole, un discours), celui qui dit « je, nous, mon, mes, notre... ». Donc, dans le récit et dans le discours rapporté direct, à chaque plan de discours correspond une situation d'énonciation distincte avec un énonciateur distinct.

Prenons à titre d'exemple la fable de La Fontaine « Le Corbeau et le Renard » Du début à la fin de celle-ci, La Fontaine est à la fois auteur et narrateur. Au tout début du texte, La Fontaine est également énonciateur (« Maître Corbeau, sur un arbre, perché... »). Mais lorsque le renard dit : « Hé bonjour, Monsieur du Corbeau... », il s'agit d'une parole rapportée (au discours direct), et dans ce cas, l'énonciateur est bel et bien le personnage du renard et non plus l'auteur narrateur.

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