CONCLUSION PARTIELLE
Le présent chapitre nous a servi de cadre pour
présenter nos assises théoriques et méthodologiques. Il a
été l'objet d'un parcours définitionnel des concepts de
base indispensables à la compréhension de la suite de notre
travail. Le concept théorique a alimenté nos analyses, en ce sens
qu'il a donné un éclaircissement sur les différents
concepts ayant constitué l'essentiel de tout le travail.
Nous y avons traité les notions portant sur la
sociolinguistique, la méthode quantitative et qualitative, la
méthode du corpus et d'enquête, le langage SMS,
l'énoncé et l'énonciation, l'alternance codique, le
bilinguisme etc. C'est seulement après que nous avons
présenté le cadre théorique du fait linguistique
dicté par la théorie en question. C'est par leur entremise que
nous avons analysé et interprété notre corpus. Une
brève présentation du schéma de communication de Jackobson
a clôturé cette partie du travail.
CHAPITRE DEUXIEME :
PARLER DES JEUNES ETUDIANTS
I.INTRODUCTION
Cette variété langagière que les jeunes ont
adoptée porte diverses appellations dans le monde entier, connue sous le
nom de : parler des jeunes, le parler populaire, le parler
branché,...etc. Elle s'est développée par l'influence de
la mondialisation et aussi avec la propagation des médias,
particulièrement les nouveaux moyens de communication : les SMS,
l'internet. Ainsi, Plusieurs termes et expressions finissent par entrer dans le
français standard pas seulement par les chansons, les bandes
dessinées ou le cinéma mais aussi bien par les dictionnaires
usuels : On lit dans le Petit Robert, Édition 1996, des termes qui
appartiennent aux jeunes tels que : « meuf », « keuf »,
« flipper », etc.
Les jeunes développent parmi-eux un parler particulier,
certains mots de ce parler sont éphémères, d'autres
restent dans le milieu jeune, opaques, flous et incompréhensibles pour
les adultes et d'autres franchissent les barrières
générationnelles pour exprimer leur identité : il vise
à se distinguer. Au même titre que la façon de s'habiller,
la façon de parler est une marque de distinction. De ce fait, lorsque
certaines expressions se diffusent largement et deviennent courantes, elles
sont remplacées par d'autres. Ils veulent une identité
séparée de celle de la génération
précédente. Selon T. BULOT il ne s'agit qu' « un
dialecte socio-générationnel » qui peut devenir une
langue ? (2004 :p7-15)
Pour le sociologue français A. DEGENNE (2004 :p298),
sa recherche porte essentiellement sur - les réseaux sociaux- c'est :
« un ensemble d'individus entre lesquels fonctionnent certains
codes,certaines règles, des symboles, des représentations, plus
généralement un système d'interreconnaissance ; les
membres de ce cercle social se reconnaissent à travers des
comportements, des pratiques qui manifestent leur appartenance à ce
cercle ».
En effet, « le parler est une forme de la langue
utilisée dans un groupe social déterminé ou comme signe de
l'appartenance ou de la volonté d'appartenir à ce groupe social :
le parler patois est rural et s'utilise pour des activités campagnardes
; le parler courant est neutre et peut s'employer en toutes circonstances ; le
parler cultivé est le signe d'un certain niveau d'instruction ou de
culture, contrairement au parler populaire. Chacun de ces parlers (pour ne
signaler que les principaux) a des vocables et des règles syntaxiques
qui lui sont particuliers et beaucoup d'autres qui sont communs à
plusieurs parlers de la langue ou même à tous
»(.A.DEGENNE et MICHEL FORSE , Les réseaux
sociaux : une analyse structurale en sociologie, 1994 P622-624 )
Manifesté comme un phénomène linguistique et
social , le parler des jeunes peut être défini aussi, comme
étant toute pratique langagière, orale ou écrite
spécifique aux jeunes issus de différents milieux sociaux ;
utilisé pour communiquer de manière codée basée sur
des concepts parfois qu'un non initié n'arrive pas à
décrypter. C'est la langue de communication de tous les jeunes qui
cherchent une légitimité linguistique par le biais d'une
création d'un mode d'expression particulier caractérisé
par des particularités dans l'articulation de certaines voyelles et
consonnes, un changement tonique des phrases, l'utilisation massive de
l'emprunt, la créativité lexicale et enfin par l'usage de
techniques anciennes. Le parler des jeunes amuse et fascine par son
inventivité, c'est un espace dans lequel la créativité et
les identités multiples sont estimés. Les jeunes prennent des
mots, les verbalisent, ou bien leur donnent de nouvelles déterminations,
empruntent des mots d'autres langues, reconstruisent ce qui est une phrase
normale ou grammaticalement correcte.
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