2. Le parler des jeunes «
Isparques »
La grande partie de la sociolinguistique urbaine
s'intéresse plus particulièrement à ce « parler jeune
» qui va aussi nous intéresser dans cette analyse que nous allons
faire sur les étudiants de l'Institut Supérieur
Pédagogique de Kaziba. à savoir les pratiques langagières
et les représentations linguistiques des jeunes, habitant le milieu
rural comme la chefferie de KAZIBA. Ces jeunes développent entre eux une
langue particulière, considérée comme moyen utilisé
pour exprimer leur identité spécifique car ils ont conscience de
parler différemment. Ils veulent une identité
séparée de celle de la génération
précédente.
· La question du « Langage(s) des jeunes »
:
Le langage qu'utilisent aujourd'hui les jeunes surprend souvent
les adultes, qui ont du mal à le comprendre. Ils s'emploient un langage
vraiment spécial et complètement codé pour les exclure de
leur univers. Le plus grand nombre de spécialistes se demandent s'il
existe un ou plusieurs types de langage(s) des jeunes. La majorité
plaiderait pour le pluriel. Marc SOURDOT, dans son article intitulé :
« La dynamique du langage des jeunes » (1997 ; P56), a
abordé la description de ce phénomène langagier et son
existence réelle, tout en complétant sa réflexion sur le
pluriel du concept « langage ». Il a écrit : « Ce qui
semble se dessiner depuis une douzaine d'années dansles usages
linguistiques des jeunes générations étudiantes, c'est un
mouvement quiva du centre vers la périphérie, un mouvement qui
fait la part belle aux marges de langue. »
À la fin de son article, Marc SOURDOT propose aux
pédagogues à intégrer ce parler jeune dans la classe en
disant que « Le moment de la jeunesse qui succèdeà
l'enfance, et au temps de l'apprentissage proprement dit, est aussi un moment
degrande instabilité pour la langue. Une vision dynamique de la
descriptionlinguistique se doit d'en rendre compte.»
Les linguistes ont commencé de décrire les
pratiques langagières des jeunes en se rendant mieux compte de la
diversité en fonction de groupes, et ça demande beaucoup de
temps. La plupart des recherches menées ont mis en évidence un
phénomène très connu : c'est celui d'emprunts lexicaux
surtout à l'arabe pour la langue française. Elle ajoute : «
[...] des observations semblables ont été faites surl'anglais
qui, lui, utilise des mots, en pendrai par exemple. C'est en fait le
mêmeprincipe puisque le français comme l'anglais empruntent aux
langues de lamigration.»
· Le langage des jeunes à l'écrit
:
Le développement rapide de l'informatique et le
téléphone portable a fait du monde un petit village : Il fait
naître des moyens de communications divers qui mettent en contact tout le
peuple du monde entier en ignorant souvent les frontières et les
distances qui les séparent. Cette magie de la technologie et de la
modernité est considérée comme un outil polyvalent et
omniprésent : un réseau à tout faire, capable de
régler tous les problèmes du quotidien ; ce qui a poussé
les jeunes à utiliser une nouvelle forme abrégée de la
communication écrite beaucoup plus brève et informelle. Cette
langue utilisée n'a pas la correcte structure grammaticale, elle
répond à un double souci d'économie linguistique et
financière. Les jeunes veulent renouveler, simplifier et
réécrire le français qui est né des mises en
situation pour s'amuser, badiner et « tuer le temps » en absence
totale de l'autorité parentale. Ce nouveau média a une influence
gigantesque sur la langue : il a pu provoquer des phénomènes
remarquables d'évolution linguistique. (TOUNSI L., Aspect des
parlers des jeunes, 1997, p109)
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