3. Les sabirs
Les sabirs sont des systèmes linguistiques réduits
à quelques règles de combinaison et au
vocabulaire d'un champ lexical déterminé, ce sont
des langues composites (formées d'éléments très
différents) nées de contact de deux ou plusieurs
communautés linguistiques différentes qui n'ont aucun autre moyen
de se comprendre dans les transactions commerciales. Les sabirs sont des
langues ayant une structure grammaticale mal caractérisée et un
lexique pauvre limité aux besoins qui les ont fait naître et qui
assure leur survie.
3. Les langues
créoles
On appelle traditionnellement "créoles" des
langues nées au cours des XVIIe-XVIIIe siècles des colonisations
européennes, lors des contacts entre maîtres et esclaves,
amenés à communiquer alors qu'au départ ils n'avaient
aucune langue commune. Dans les pays où l'on pratique des langues
créoles, elles sont surtout utilisées à l'oral, et
fonctionnent en alternance, parfois même selon une distribution à
peu près complémentaire avec des variétés
contemporaines des langues européennes qui se sont maintenues, voire qui
ont été survalorisées aux dépends des
créoles, langues quotidiennes, langues des relations personnelles,
langues de l'affectivité, alors que les langues européennes en
usage sont plus souvent langues de l'administration, langues de l'école,
langues de la littérature écrite. On parle de langues
créoles historiques, à base française, portugaise,
anglaise, néerlandaise, etc.
4.La variété
Selon Fishman, la sociolinguistique recourt au terme de
variété au lieu de langue sans en donner une définition
concise. Le mot langue possède une signification supérieure et
surtout parce que ce mot comporte de nombreux jugements de valeur, il manifeste
une opinion, il suscite une émotion (langue maternelle) et
révèle une prise de position, il a un aspect officiel et un
statut politique. Alors que la variation est plus ou moins neutre. Cependant
quand, comment et par qui, une variété est-elle
considérée comme une autre langue. Exemple, le berbère qui
devient langue nationale. Le terme de variété contrairement au
dialecte ne désigne pas seulement une position linguistique
particulière mais désigne aussi des différences par
rapport à d'autres variétés. (Sociolinguistique, Dr
BenazouzNadjida, 2009 ; P6-7)
II. Les méthodes
comparées
A. La méthode
quantitative à partir de questionnaires
1 - Les objectifs
L'enquête quantitative permet de mesurer des
opinions ou des comportements. Elle permet également de
décrire les caractéristiques d'une
populationayant une opinion ou un comportement particulier.
L'enquête quantitative se rattache à une vision
strictement positive et empiriste, inspirée des sciences de la nature.
Au-delà du simple décompte d'individus émettant une
opinion ou faisant état d'un comportement, elle vise à tester des
hypothèses et à illustrer des théories par la mise en
évidence de corrélations entre des variables. Elle mesure, sur
les variables du questionnaire, des inégalités de distribution et
les corrélés avec d'autres distributions. Trois séries de
variables doivent, par ailleurs, servir d'indicateurs des déterminants
sociaux. « Les variables dont les indicateurs renvoient directement
à une désignation biologique (le sexe, l'âge) ; les
variables servant à approcher le montant des capitaux, sociaux,
culturels et économiques des individus interrogés ; les variables
indiquant le mode d'organisation de la vie privée dans laquelle les
personnes sont insérées. »
2 - Le recueil
Le recueil de données peut être
réalisé soit par téléphone, soit en face à
face, soit par voie postale. Un même questionnaire est utilisé
afin de disposer d'une grille identique pour chaque enquêté. Le
recueil repose sur l'élaboration de données chiffrées,
portant sur une population bien définie (champ de l'enquête).
Cette population n'est pas enquêtée en totalité, mais
seulement sur un sous-ensemble représentatif (échantillon). La
théorie des sondages assure la représentativité
statistique des résultats, l'échantillon ayant une relation au
champ étudié.
La méthode la plus couramment utilisée est
celle des quotas. L'hypothèse sous-jacente est la suivante : si un
échantillon est représentatif sur quelques grandes variables
sociodémographiques, alors il sera représentatif sur les
variables que l'on veut étudier. Les variables retenues sont celles dont
la distribution dans la population est connue, parce qu'elles sont faciles
à obtenir et parce qu'elles sont effectivement corrélées,
soit avec les comportements que l'on veut étudier, soit avec d'autres
facteurs qui interviennent dans les hypothèses. Les variables
sociodémographiques couramment choisies pour construire
l'échantillon sont : la région, le type d'unité urbaine,
l'âge, le sexe, la profession et la catégorie sociale. Un
débat existe aujourd'hui sur leur pertinence au regard d'autres
critères (modes de vie, étapes de vie...). Les « quotas
» sont imposés aux enquêteurs qui peuvent, à part
cette contrainte et éventuellement quelques autres portant sur les lieux
et les moments des enquêtes, librement choisir les personnes à
interroger. La théorie des sondages permet le calcul d'intervalles de
confiance indiquant la précision de la mesure. Celle-ci dépend de
la taille de l'échantillon. On ne s'intéresse pas uniquement
à l'estimation de paramètres sur l'ensemble de
l'échantillon. On cherche souvent à estimer la valeur de ces
paramètres sur des sous-échantillons plus ou moins restreints. Il
faut donc déterminer la taille de l'échantillon total de
façon telle que les estimations effectuées à partir de ces
sous-échantillons soient acceptables. Comme on ne connaît pas
à l'avance l'importance des relations dont on veut vérifier
l'existence, opter pour un échantillon plus important permet d'obtenir
un meilleur intervalle de confiance.
Les données sont recueillies en sollicitant des
réponses à des questions au moyen de questionnaires
standardisés. C'est la rationalité du chercheur associée
à la connaissance qu'il a du sujet d'enquête qui guide la
réalisation des questionnaires, tant en ce qui concerne les indicateurs
et les thèmes choisis que la formulation et l'ordre des questions
posées ou la liste des items proposés.
Le fait que les questionnaires soient standardisés permet
d'en déléguer la réalisation à des enquêteurs
autres que le responsable du projet. La standardisation permet également
de contrôler, sinon de diminuer l'effet qu'a sur les réponses de
l'enquêté la perception que celui- ci a de l'enquêteur. Les
questionnaires font l'objet de tests préalables. Il s'agit de
questionnaires pilotes permettant de vérifier la bonne
compréhension des questions pour les enquêtés. Il ne peut y
avoir d'évolution du questionnement au cours de l'enquête ni dans
sa structure, ni dans le libellé précis des questions ou des
items proposés en réponses.
Les mêmes questions sont ainsi posées à
toutes les personnes interrogées. Il est cependant possible d'orienter
les personnes sur des parties différentes en fonction de leurs
caractéristiques grâce à des questions filtres.
Les questions sont le plus souvent fermées. Dans ce cas,
l'enquêteur lit l'intitulé de la question et propose une liste de
réponses possibles. Celle-ci peut consister en la possibilité de
répondre par « oui » ou par « non ». Les questions
fermées de ce type sont adaptées à l'observation
d'indicateurs simples, bien définis, concrets tels que les questions
formelles et les questions factuelles. Elles sont d'un emploi plus
délicat lorsqu'il s'agit de questions subjectives.
Les questions fermées peuvent également proposer un
éventail de propositions types ou d'items en réponse à la
question. Celles-ci sont particulièrement adaptées à
l'étude des opinions et des motivations. L'éventail d'items
permet en effet de proposer des formulations plus nuancées et de
présenter à l'enquêté un ensemble de propositions
variées. La liste des items doit être complète, c'est
à dire qu'elle doit couvrir l'ensemble des propositions faisant partie
de l'univers logique. Elle doit être appropriée, c'est à
dire semblable au registre de réponses présent dans la population
parente. Une telle liste permet à chaque personne interrogée de
trouver un item qui exprime son point de vue. Si tel n'est pas le cas, les
enquêtés ne se retrouvant pas dans les items proposés
risquent de ne pas répondre ou de se retourner vers la proposition la
moins éloignée de leur opinion ou de leur comportement.
Les questions posées dans un questionnaire peuvent
également être semi-ouvertes. L'enquêteur ne doit pas
suggérer de réponses, il écoute la réponse de
l'enquêté et code celle-ci dans une liste.
Enfin, le questionnaire peut inclure des questions ouvertes,
mieux adaptées à l'étude de variables complexes. Elles
permettent également, en l'absence de données nécessaires
à l'élaboration d'une question en éventail, d'obtenir une
grande diversité de réponses. Dans ce cas, l'enquêteur
recueille alors une réponse libre qui sera soumise à une
méthode d'analyse de contenu thématique. Le recours à des
questions ouvertes se heurte néanmoins à plusieurs
écueils. Alors que l'un des intérêts du questionnaire est
de standardiser et de neutraliser l'effet enquêteur, celui-ci
apparaît dans le cas de questions ouvertes. En effet, l'enquêteur,
malgré les consignes, reste libre de noter tout ou partie du discours de
l'enquêté. Il risque, également, de
réinterpréter la réponse de l'enquêté avec
ses propres mots. D'autre part, les questions ouvertes font l'objet d'une
post-codification très souvent réductrice et sujette à
l'interprétation subjective des codificateurs. (Agathe COUVREUR et Frank
LEHUEDE, Essai de comparaison de méthodes quantitatives et
qualitatives, 2002 : p1-10)
3 - L'analyse
Une fois l'enquête achevée sur le terrain, les
questionnaires font l'objet d'un codage des questions ouvertes et d'une saisie
informatique. Des traitements statistiques sont alors envisageables qu'il
s'agisse de tris à plat, de tableaux croisés ou d'analyse des
données.
La statistique permet d'établir, avec méthode et de
façon rigoureuse, l'importance réelle des
phénomènes sociaux. Elle permet également de saisir des
évolutions grâce à des séries temporelles donnant
une vision dynamique et évolutive des phénomènes sociaux.
Elle permet aussi de préciser les catégories de personnes ayant
plutôt tel ou tel type d'opinion ou de comportement. Les traitements
statistiques constituent un instrument explicatif essentiel puisqu'ils
permettent de croiser des variables et de rechercher d'éventuelles
corrélations entre elles. L'analyse des données offre même
la possibilité d'évaluer les liaisons entre les variables et de
les hiérarchiser.
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