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Déterminants sociaux des pratiques alimentaires des travailleurs de la commune du Plateau

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par Aké Anicet Elvis AHOU
Université de Cocody-Abidjan - Diplome d'études approfondies  2008
  

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CONCLUSION ........................................................................................57

BIBLIOGRAPHIE ....................................................................................59

TABLE DES MATIERES ...........................................................................63

ANNEXES ..............................................................................................67

PREMIERE PARTIE

CADRE THEORIQUE

ET

METHODOLOGIQUE

I- CADRE THEORIQUE

I-1 Problématique

Dans le contexte social urbain, les valeurs ethniques, traditionnelles et les valeurs modernes interagissent, se rencontrent, se conjuguent pour finalement remodeler les comportements des individus. La ville, avec son double aspect physique et humain, est le lieu par excellence des processus de transformation des habitus primaires, secondaires, dans les rapports à l'esthétique, aux activités de loisir, à la sexualité, et à la restauration.

C'est à juste titre que CHEYNS EMMANUELLE affirme en ces termes : « l'implantation en ville permet aux habitants d'élargir la gamme des produits et des plats consommés. Cet élargissement s'opère tant à travers des apports occidentaux que des apports des pays africains côtiers ou des régions spécifiques du Burkina, ou encore à travers des innovations réalisées par des ménages ou les restauratrices de la ville. L'analyse des pratiques et des plats consommés permet de rendre compte à la diversité des produits consommés» 1(*)

La restauration hors foyer s'est considérablement développée au cours des dernières années dans tous les quartiers d'Abidjan. Le nombre sans cesse croissant des lieux de restauration est surtout perceptible à travers les espaces de restauration à caractères informel ou populaire. Cette floraison de lieu de restauration est aussi visible dans les secteurs de la restauration collective, principalement dans les hôpitaux et les cités universitaires. Notons aussi que la restauration sur les lieux de travail connaît une évolution plus fluctuante suivant les conditions socio-économiques comme ce fut le cas de la commune du Plateau. En effet, Plateau considéré comme le centre des affaires couvre aujourd'hui plusieurs espaces de restauration en général et en particulier ceux du secteur informel alimentaire appelé communément maquis. Le secteur informel englobe les établissements-restaurants et les restaurants sur tables mobiles qui ravitaillent la quasi-totalité des travailleurs.

A la différence des repas à la maison, dont la composition dépend d'une décision familiale, la restauration hors foyer déplace le choix alimentaire du groupe social vers l'individu. Chacun est libre de choisir ce qu'il va manger, quel que soit le choix des autres convives. Mais cette liberté n'est jamais totale car l'offre est organisée en fonction de ce que les acteurs de la restauration considèrent comme l'attente du client.

Une enquête exploratoire réalisée du 8 Décembre au 12 Décembre 2008 dans la commune du plateau nous donne droit de repartir les espaces de restauration fréquenté selon deux grands groupes qui sont le secteur informel alimentaire ou restauration populaire ( maquis ) selon le sens commun soumis aux taxes communales par opposition aux restaurants modernes intégrant aussi bien les restaurants de standing que les hôtels soumis à des obligations déclaratives , fiscales et sociales sous le contrôle du ministère du commerce. Les seconds éliminent de leur clientèle une part importante de la population à cause de la cherté des repas et de la non correspondance entre les menus présentés et les habitus alimentaires locaux. La restauration populaire a le mérite de ne pas faire cette ségrégation et tend à intégrer dans sa clientèle des individus issus des différentes couches sociales visant différents objectifs : quête d'une bonne cuisine africaine, nécessité de manger hors de chez soi, soucis de paraître avec des amis, rapport qualité prix.

En effet, la hiérarchie des lieux de consommation correspondant, reflète la diversité des situations historiques et socioéconomique. A partir d'une étude réalisée par AKINDES Francis sur le secteur informel à Abidjan, en 1987, nous distinguons cinq types de lieux de consommation qui se complètent et font concurrence en matière d'offres alimentaires : les restaurants en établissement fixes, les restaurants sur tables mobiles, des espaces restaurants improvisés, les restaurants spontanés et les restaurants ambulants2(*).

L'espace de restauration est en effet, un lieu de rencontre et de synthèse du biologique, de l'économie, du social, du politique et du culturel vécus par le groupe ou l'individu. Il révèle la participation des groupes à la société globale. Les plats consommés dans les lieux de restauration sont par ailleurs, soumis au passé individuel et collectif et fortement contrainte par l'ensemble des systèmes de production et de consommation mise en oeuvre par les groupes ethniques3(*).

« Le modèle de consommation alimentaire caractérise une société dans les modalités matérielles de sa consommation et l'ensemble des règles socio culturelles accompagnant l'acte de manger. La pratique alimentaire est dépendante de la manière de penser, de sentir et d'agir des groupes socio culturels d'appartenance et de leurs façons de gérer les contacts avec les autres groupes »4(*).

En effet, le repas est un moment de communication signifiant les compositions sociales des groupes, ainsi que les hiérarchies ou codes à intégrer et à respecter dans le groupe. Le repas est tout d'abord un pouvoir d'intégration, pour dire comme F. KINDA « le simple fait de manger en groupe dans le même plat crée des opportunités de réintégration du groupe ». A la suite de KINDA nous pouvons aussi dire que le simple fait de manger dans un espace de restauration crée des opportunités de réintégration dans la vie sociale des travailleurs. En d'autres termes, la fréquentation des espaces de restauration révèle non seulement l'identité socio-culturelle des travailleurs, mais aussi leurs permet de se positionner à l'intérieur de la vie sociale et professionnelle tout en gardant une harmonie et une collaboration franche avec le groupe d'appartenance.

Les modèles alimentaires, c'est-à-dire l'ensemble des règles sociales et culturelles alimentaire, sont le résultat d'une série de processus d'adaptation du milieu et de constitution sociale.

Donc les travailleurs ne mangent pas seulement pour se faire plaisir mais c'est aussi pour se positionner à l'intérieur d'un espace social et culturel. Tout comme le maquis, comme pouvait dire Kouakou N'Guessan dans les maquis d'Abidjan ,le restaurant est aussi un forum politique car si l'on considère le concept de politique au sens large comme la chose de la cité, on peut affirmer que le restaurant est non seulement politisé mais qu'il est militant, en tant que pôle de convergence de groupes sociaux amenés à débattre des problèmes qui les concernent où dans lesquels sont impliqués aux différents échelons de la vie familiale, professionnelle et nationale5(*)

La présente étude repose sur les formes de rationalité dans la fréquentation des espaces de restauration et la dynamique des comportements alimentaires chez les travailleurs.

Le quartier de Plateau a particulièrement retenu notre attention parce que non seulement il est le centre des affaires concentrant une forte densité de travailleurs mais aussi regroupant une pluralité d'espace de restauration, ce qui permet ainsi à chaque travailleur de faire un choix selon sa convenance et selon ses moyens.

Plateau a ouvert ces premières portes à la restauration avant 1960 dans le but de permettre aux expatriés blancs de pouvoir s'offrir des plats Européens. Ces restaurants faisaient uniquement des plats Européens. Il a fallu attendre les années 19806(*) pour voir installer les premiers maquis pour permettre aux travailleurs de ne plus se rendre à la maison les midis ou pendant les heures de pause. La confection de ces mets africains a commencé pour la première fois au marché du Plateau avant de s'étendre sur toute la commune. Les maquis se sont développés à cause du nombre sans cesse croissant des travailleurs et aussi de la pauvreté grandissante de la population. En effet, des particuliers cèdent leurs terrains aux femmes du groupe culturel Akan et les femmes Sénégalaises venus par petits groupes sur Abidjan en quête de refuge contre les contraintes du milieu rural à la recherche de l'indépendance économique. Avant la guerre du 19 Septembre 2002 qu'a connu la Côte d'Ivoire c'est-à-dire de 1980 à 2002, Plateau comptait 56 espaces de restauration. La commune du Plateau compte à ce jour 40 espaces de restauration dont 28 restaurants et 12 maquis.

Ces caractéristiques que présente la commune de Plateau nous invitent donc aux réflexions suivantes :

- Quelles sont les représentations que les acteurs se font de l'alimentation?

- Quelles sont les fonctions sociales de l'alimentation et des espaces socio-alimentaires ?

- Quels sont les facteurs socio-économiques qui motivent les travailleurs à porter un choix sur un type de restauration ?

- Comment l'alimentation influence le choix de l'espace social de restauration des acteurs ?

* 1 CHEYNS, EMANNUELLE : Identification et construction de la qualité de produits alimentaires : le cas de l'alimentation urbaine du Burkina Faso. Thèse de doctorat 3ème cycle en économie du développement agricole.

* 2 AKINDES (F), Secteur informel alimentaire et changement des habitudes à la consommation à Abidjan, rapport CEE-ORSTOM, Abidjan, 1987, 15p.

* 3 KOUAKOU N'GUESSAN (F), Les ''maquis'' d' Abidjan: nourritures du terroir et fraternité citadine ou la conscience de la classe autour d'un foutou d'igname, in cahier ORSTOM, Série Sciences Humaines, France, 1983, volume XIX, N° 4,P 545- 550.

* 4 COURADE et ALLI, Évaluation des habitudes à la consommation des produits alimentaires en Côte d'Ivoire, ORSTOM, Paris, 1988, 86p.

* 5 KOUAKOU N'GUESSAN (F), Les ''maquis'' d' Abidjan: nourritures du terroir et fraternité citadine ou la conscience de la classe autour d'un foutou d'igname, in cahier ORSTOM, Série Sciences Humaines, France, 1983, volume XIX, N° 4,P 545- 550.

* 6 Source Mairie du Plateau

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