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Analyse critique de la loi électorale du 09 mars 2006,Congo : conditions d'éligibilités et modes de scrutin

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par François BAHININWA MAKYAMBE
Université Officielle de Bukavu - Licence de droit 2006
  

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CONCLUSION

Notre étude a porté sur l'analyse critique de la loi électorale du 9 Mars 2006 en RDC : conditions d'éligibilité et modes de scrutin.

Le travail a été divisé en trois chapitres : le premier présente sommairement la loi électorale qui organise les élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines, municipale et locales.

Le deuxième chapitre quant à lui a été consacré aux conditions d'éligibilité fixées par ladite loi tandis que le troisième et le dernier a rapport aux modes de scrutin.

Notre problématique a été axée au tour d'une série des questions formulées de manière à faire ressortir les véritables motifs qui ont gouverné à la levée de telle ou telle autre option en rapport avec les conditions d'éligibilité et les modes de scrutin.

En vue de donner des réponses provisoires à toutes ces questions, des hypothèses ont été émises de manière à être confirmées ou infirmées par la suite.

S'agissant des conditions d'éligibilité, un accent particulier a été mis sur la condition d'âge, sur le silence de la loi par rapport au niveau d'instruction, sur la méconnaissance de droit de vote des militaires et enfin sur la problématique autour de la caution non remboursable.

D'entrée de jeu, il sièd de reconnaître que certaines options ou mieux certaines conditions ont été taillées sur mesure. Tel est le cas de la condition d'âge du chef de l'Etat qui a été fixé à 30 ans non pas par souci de rajeunir la classe politique congolaise, mais dans le seul but de maintenir quelque potentiel candidat dans la course électorale.

C'est également et malheureusement le cas du silence de la loi sur le niveau d'instruction des candidats. Certains potentiels candidats n'ayant pas un certain niveau d'études ou la formation académique, certains députés et sénateurs de leur obédience se sont battus bec et ongle pour qu'aucune condition ne soit fixée aussi bien dans la constitution du 18 février 2006 que dans la loi électorale du 9 mars 2006.

Nous pensons que cette façon de voir la chose publique ou mieux de légiférer en tenant compte de certains personnages politiques doit être corrigée pour laisser la place à des lois effectivement générales, impersonnelles et élaborées dans le seul but de l'intérêt général de tout le peuple Congolais.

Concernant le droit de vote des militaires, l'option levée par le législateur nous a paru raisonnable. Il s'est avéré que le pays étant encore dans une situation post-conflit, l'armée Congolaise n'était pas encore véritablement formée et intégrée. Elle connaît encore plusieurs groupuscules par- ci par- là se proclamant protecteur de leurs groupes ethniques et de leur troupeau soit disant menacés par des autres. Cette situation ne permet pas de reconnaître du moins pour le moment le droit de vote aux militaires. Car les différentes sensibilités aussi bien ethniques et sociales au sein de l'armée risquent d'être exploitées par les acteurs politiques à l'occasion des compétitions électorales. Ainsi, l'armée doit être tenue à l'écart des compétitions électorales et partant du jeu politique jusqu'à nouvel ordre c'est-à-dire jusqu'à ce qu'on se rassure qu'elle est non seulement véritablement formée et intégrée mais aussi qu'elle a acquis une certaine maturité politique.

Quant à la question de la caution non remboursable que doivent payer les candidats, il a été démontré qu'elle présente un intérêt incontestable d'éviter les candidatures fantaisistes et de se rassurer que les candidats se présentent avec tout le sérieux possible. D'autre part, nous pensons que la caution à l'avantage indéniable de réduire tant soi peu les dépenses que l'Etat engage pour l'organisation des élections. C'est dans ce sens que nous suggérons qu'elle reste toujours non remboursable quel que soit le résultat qu'obtiendra le candidat.

S'agissant des modes de scrutin, nous devons noter que les options levées par le législateur sont tout à fait objectives, logiques et raisonnables. Le scrutin majoritaire à deux tours retenu par le législateur pour l'élection du Président de la République présente de nombreux avantages de telle sorte que le Président de la République élu pourra bénéficier d'une légitimité tout à fait totale car ayant été élu à la majorité absolue des électeurs.

La représentation proportionnelle avec application de la règle du plus fort reste est également avantageuse dans un pays post-conflit comme la République Démocratique du Congo car elle permet une réelle représentation politique de beaucoup de partis politiques grands ou petits en proportion des voix obtenues. Cela contrairement aux autres modes de scrutin notamment la règle de la plus forte moyenne et la règle dite d'Hondt qui sont favorables aux grandes formations politiques, lesquels modes risquent de créer des frustrations des autres acteurs politiques non ou sous représentés. Ainsi, pensons-nous, la représentation proportionnelle avec application de la règle du plus fort reste devra être maintenue pour les prochaines élections en RDC qui se trouve encore, rappelons- le dans une phase post-conflit où presque tous les anciens belligérants sont tentés de reprendre les armes en cas d'une exclusion.

En revanche, l'expérience des élections indirectes a été riche en leçons pour le législateur congolais. Les élections aussi bien des Gouverneurs que des sénateurs ont été émaillées de corruption dans presque toutes les provinces. Cela a conduit à des contestations qui ont été à la base de plusieurs morts et blessés ainsi que des dégâts matériels très importants dans la province du Bas-Congo. Ainsi, nous proposons que pour les prochaines élections, tous les scrutins indirects se passent au suffrage universel direct car il est facile pour les candidats de mobiliser à leur gré ou mieux de corrompre quelque 36 ou 48 députés provinciaux que de corrompre toute la population de la circonscription électorale.

Notre travail étant une oeuvre humaine qui ne peut jamais atteindre la perfection et qui ne peut se passer des critiques, nous pensons avoir dit l'essentiel et restons ouvert à toutes les critiques et remarques et laissons porte ouverte aux autres chercheurs de nous compléter.

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