WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

Contribution du suivi de la faune sauvage à l'aménagement du Parc National de la Bénoué et au développement des riverains des zones d'intérêt cynégétique à cogestion (N° 1 & 4) au Nord-Cameroun


par Samuel Christian TSAKEM
Université de Liège (Belgique) - Diplôme d'Etude Spécialisée Interuniversitaire en Gestion des Ressources Animales et Végétales en Milieux tropicaux 2005
Dans la categorie: Droit et Sciences Politiques > Droit de l'Environnement
   
Télécharger le fichier original

précédent sommaire suivant

4.6.1 Besoins des riverains en protéines animales

Il ressort des travaux de Djankoua (2001) que près de 80 % des ménages de la zone reconnaissent la présence de viande de gibier dans leur alimentation. Le niveau de chasse et de consommation de la viande de brousse dépend prioritairement de l'ethnie, les Mbaya étant considérés comme d'excellents chasseurs (Hassan, 1998). Le taux de consommation de protéines animales provenant du braconnage est estimé pour toute la zone à plus

de 65 %. Ce taux de consommation dénote d'une consommation certaine et permanente des produits du braconnage par les ménages ruraux. Ce taux de consommation de la viande de gibier se justifie au niveau des ménages par le fait que la disponibilité en protéines d'élevage est faible, à cause de leur coût élevé comparé au coût jugé très accessible de la viande de brousse et du poisson pêché dans différents cours d'eau.

4.6.2 Retombées de la conservation rétrocédées aux riverains

L'Etat partage à 50% les retombées avec les communautés et les communes riveraines dans les zones amodiées. Cette rétrocession ne concerne que les taxes d'affermage ou de location, qui d'ailleurs ne varient presque pas d'une année à l'autre, soit 15% des recettes de toutes ces activités de conservation. Ce montant, bien qu'insuffisant pour satisfaire tous les besoins des populations permet déjà de réaliser quelques oeuvres sociales dans les localités concernées. Ce qui signifie que près de 85% des retombées des activités de conservation vont dans le trésor public. Ce rapport semble très faible aux yeux de ces populations qui considèrent la présence des aires protégées comme moteur de développement, ceci est un handicap pour une gestion qui se veut durable et impliquant la participation des riverains. Il est souhaitable d'inclure les autres taxes (la taxe d'abattage, l'autorisation de pêche, les frais de dossiers, les transactions, la vente aux enchères, les droits de licence, la taxe de capture, taxe d'armes, droit de timbre), ou de motiver autrement les populations pour les impliquer davantage.

4.6.3 Situation économique de la chasse sportive

Le tourisme cynégétique contribue annuellement pour près de 500 millions de FCFA à l'économie du Nord Cameroun. Le tourisme de vision dans les parcs nationaux de la Bénoué et de Bouba Ndjidah génère aussi annuellement près de 2 millions de FCFA, le parc national du Faro n'accueille pas de touristes à cause de son inaccessibilité (MINEF, 2004). Le braconnage représente une perte en potentiel faunique de l'ordre de 1600 animaux par an (Djankoua, 2001), contre près de 800 animaux prélevés officiellement à travers la chasse sportive dans toutes les ZIC. Le manque à gagner dû à la non exploitation de ces animaux dans le cadre du tourisme cynégétique s'élève à près de 400 millions de FCFA par an. D'après les travaux de Djankoua (2001), l'action du braconnage de la faune est comparable à celle de 5 zones d'intérêt cynégétiques pendant douze saisons de chasse sportive.

Comme proposé au paragraphe (§. 4.5.3), l'exploitation de la faune dans ces deux zones à cogestion devra concerner 13 espèces animales. Suivant la loi de finance en cours, le prélèvement de ces espèces devra générer comme taxe d'abattage près 35 millions de FCFA, cela suppose que près de 17 millions seront rétrocédés aux riverains dans ce contexte de cogestion. La structure de gestion est dirigée au niveau de la ZIC par le comité de gestion des ZIC (COZIC) et au niveau du village, par le comité villageois de la faune (CVF). Les membres du COZIC comprennent les représentants de l'administration, des populations et des partenaires de la conservation. Ils reversent annuellement à chaque village le montant qui lui revient, après avoir prélevé les 50% au trésor public. Chaque comité villageois est obligé de réaliser les oeuvres sociales et de rendre compte au COZIC qui a tout de même le droit de contrôle sur la gestion de ce fond.

précédent sommaire suivant