WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La protection des consommateurs des services de communications électroniques au Cameroun

( Télécharger le fichier original )
par Dominique Armand LONG WELADJI
Université Catholique d'Afrique Centrale, Institut Catholique de Yaoundé - Master II Contentieux et Arbitrage des Affaires 2009
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

CONCLUSION DU SECOND CHAPITRE

En définitive, les consommateurs des services de téléphonie mobile et d'Internet sont quasiment désarmés face aux opérateurs et face à l'autorité publique. Tout semble paradoxal lorsqu'on analyse le rapport Etat-consommateur. L'Etat consacre des droits pour ses citoyens mais en fixe des mesures à tel point que ceux-ci n'ont de véritable importance pour les consommateurs que d'avoir été consacrés. Il donne de la main droite et reprend de la main gauche.

Les réformes légales et institutionnelles engagées par les lois du 21 décembre 2010 peuvent laisser présager de beaux jours pour les consommateurs, mais permettons-nous d'en douter tant que les intérêts de l'Etat et des opérateurs prélaveront sur ceux des consommateurs et qu'il n'existera pas des institutions indépendantes et fortes avec lesquels compter pour assurer la protection des intérêts des consommateurs.

CONCLUSION DE LA SECONDE PARTIE

La libéralisation du marché des communications électroniques a donné à celui-ci les allures d'une jungle où les consommateurs sont des proies fragiles et naïves à la merci de prédateurs économiques sans scrupules et avides de profit. L'effectivité des mécanismes de protection des consommateurs de services de communications électroniques est diluée par plusieurs facteurs d'insécurité liés à l'activité contractuelle et à la perméabilité des libertés individuelles face aux interceptions arbitraires des correspondances privées.

La responsabilité de cette insécurité est partagée entre les opérateurs qui s'affranchissent de leurs obligations contractuelles et rentabilisent l'ignorance et l'inculturation juridique des consommateurs au mépris de l'éthique et la déontologie professionnelle, le législateur qui se distingue par son laxisme dans la mise en place d'un cadre juridique permettant la mise en oeuvre des droits fondamentaux consacrés, l'autorité publique qui se refuse à toute émancipation des Autorités Nationales de Régulation et qui instrumentalise le no man's land législatif des interceptions de sécurité pour s'ingérer illicitement dans la vie privée des consommateurs, et enfin les consommateurs et les associations de consommateurs qui semblent incapables de faire contre poids contre les opérateurs, qui ne se forment pas, qui s'informent et s'activent peu voire mal et qui n'ont pas les moyens nécessaires pour jouer un rôle dans la régulation du marché et défendre efficacement leurs propres intérêts.

CONCLUSION GENERALE

A l'heure où la cybercriminalité, les interceptions intempestives des communications électroniques, la réception des messages téléphoniques indésirables et où les inquiétudes des utilisateurs des communications électroniques se font de plus en plus récurrentes, une réflexion sur les droits des consommateurs et, plus globalement, les mécanismes mis en place au Cameroun pour leur protection était souhaitable. En effet, le vent de libéralisation qui soufflait sur le marché des télécommunications et qui souffle encore aujourd'hui sur le marché des communications électroniques n'a eu de cesse d'imposer à l'Etat camerounais un défi, une mission, un devoir : protéger convenablement les consommateurs eu égard la diversité complexe des intérêts à concilier.

La préoccupation essentielle qui a suscité les précédents développements était simple. Il s'agissait d'interroger le droit camerounais afin de savoir si celui-ci protégeait convenablement les consommateurs des services de communications électroniques, et plus particulièrement les consommateurs des services d'Internet et de téléphonie mobile. A n'en point douter, dans le principe, cette protection est effective. Elle découle de la consécration législative des droits fondamentaux pour les consommateurs, et des garanties institutionnelles de leurs intérêts. Cependant, les avancées consacrées par le législateur sont purement et simplement remises en cause, telle que le laisse entrevoir la pratique des contrats et du contentieux. Bien plus, les mécanismes légaux sur lesquels est fondée la protection de la vie privée des consommateurs présentent des lacunes. En effet, l'autorité publique bénéficiant d'un no mans lands législatif en matière d'interceptions illicites, bafoue secrètement les libertés individuelles des consommateurs sous le couvert de motifs fallacieux ou non. Tous ces facteurs fragilisent la protection organisée par le législateur dans sa mise en oeuvre.

Cependant, l'ignorance, la pauvreté et le désintérêt des consommateurs vis-à-vis de leurs propres droits ne sont-ils pas les principaux freins de la protection mise en place par le législateur ? Que les droits et leurs garanties institutionnelles soient parfaits ou lacunaires, la protection des consommateurs n'a d'efficacité que si elle cohabite avec le développement social des consommateurs. Aussi, c'est un tort de ne compter que sur les A.N.R, bras séculiers de l'Etat, juges et parties, qui ne sont finalement que des gendarmes sourd-muet, au gourdin laxiste, veillant sur les poules aux oeufs d'or de l'Etat.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Entre deux mots il faut choisir le moindre"   Paul Valery