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Qualité de la démocratie et de la gouvernance au Burkina Faso

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par Daouda THIOYE
ENSAE-Sénégal - Ingénieur des travaux statistiques (3éme année) 2013
  

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II.2.2 Conditions de vie de la population :

Dans cette section, on s'intéressera principalement à l'étude des conditions de vie des Burkinabé selon leur milieu de résidence pour pouvoir appréhender l'état de pauvreté au niveau du pays. Il s'agira surtout de cerner leur avis par rapport à cette question.

Ci-dessous le tableau donnant l'opinion des Burkinabé sur leurs conditions de vie actuelles.

Tableau 5 : Opinion de la population sur leurs propres conditions de vie actuelles.

Conditions de vie actuelles

Milieu de résidence (en %)

Total (en %)

Urbain

Rural

Mal

47,03

49,32

48,71

Bien

31,03

37,87

36,05

Ni bien ni mal

21,00

12,02

14,40

Ne sais pas

0,94

0,79

0,84

Total

100,00

100,00

100,00

Source : Afrobaromètre, Round 4, Burkina Faso, calcul de l'auteur

Interrogés sur leurs conditions de vie actuelles, un peu moins de la moitié des individus (environ 49%) les décrit comme mauvaises, alors que 36% expriment le contraire. Cette fois, on constate que cette opinion reste sensiblement égale en milieux rural et urbain (respectivement 49% et 47%).Mais l'on constate toujours que les habitants de la zone rurale ont une attitude davantage plus positive que ceux du milieu urbain (38% en milieu rural contre 31 % en milieu urbain).

Comparant cette situation par rapport à l'année dernière à la même période(voir Tableau25 en annexe),environ 49% de la population jugent ses propres conditions de vie comme meilleures, cependant 31% les trouvent pires et 18% déclarent qu'elles ont demeurés identiques.Ainsi,en milieu rural, les répondants décrivent leurs conditions beaucoup plus meilleures que ceux de la zone urbaine(52% contre 41% respectivement).L'effet inverse est noté en milieu urbain où 40% des personnes affirment le contraire,contre 28% en milieu rural. Toutefois la proportion de ceux qui ne trouvent aucun changement concernant leurs propres conditions de vie restent sensiblement égales en milieux urbain et rural (exactement 18,2% et 17,7%).

Se prononçant sur leurs futurs conditions de vie (voir Tableau26 en annexe), la majeure partie de la population, environ 63%, semblent plus optimistes et espèrent qu'ils deviendront encore plus meilleures ; uniquement 8% des individus affirment le contraire. Cependant les individus de la zone urbaine soutiennent davantagecette opinion que ceux du milieu rural (68% et 61%).

Les graphiques ci-après illustrent ce qui précédent.

Graphique7 :Conditions de vie actuelles des Burkinabé comparées à celles de l'année dernière.

Graphique 8 : Conditions de vie des Burkinabé dans 12 mois.

ü Qu'en est-il de l'avis des chefs de ménage sur leurs propres conditions de vie ?

Dans les sociétés africaines, le chef de ménage reste un élément clé en ce qui concerne les caractéristiques des ménages. De plus, son niveau de vie est déterminant dans celui du ménage. C'est pourquoi recueillir leurs opinions par rapport à leurs propres conditions de vie s'avère être capitale pour mieux confirmer les propos précédents.

Le tableau ci-dessous nous donne quelques informations à ce propos.

Tableau 6 : Avis des chefs de ménages sur leurs propres conditions de vie actuelles.

Conditions de vie actuelles

Chefs de ménages déclarés(en %)

Mauvaise

48,64

Bien

35,91

Ni bien ni Mauvaise

14,77

Ne sais pas

0,68

Total

100,00

Source : Afrobaromètre, Round 4, Burkina Faso, calcul de l'auteur

Les résultats fournis par ce tableau viennent confirmer ce qui était soutenu sur cette question.En effet, il nous est permis de constater que, parmi les chefs de ménage déclarés, près de la moitié (environ 49%) affirment que leurs conditions de vie actuelles sont encore mauvaises, alors que 36% soutiennent que celles-ci demeurent encore bonnes. Aussi, 15% de ces chefs de ménages déclarent que leurs conditions de vie n'ont point changé. Toutefois, il est important de constater que les résultats obtenus avec l'ensemble de la population sont sensiblement identiques avec ceux enregistrés avec la population des chefs de ménage.

En outre, on peut noter que les conditions de vie actuelles de la population, même si elles sont relativement meilleures par rapport à l'année passée, demeurent toutefois mauvaises et inquiétantes. Cependant, les Burkinabé gardent encore espoir sur des conditions de vie meilleures dans les années à venir.

Le fait qu'on note à peu près les mêmes propos concernant la situation économique actuelle du pays et les conditions de vie actuelles de la population pourrait sans doute être expliqué par l'existence d'une liaison entre ces deux variables. En effet, le test de khi deux détecte une liaison moyenne (V de Cramer = 0,379) entre ces deux variables, et de ce fait on peut dire que la situation économique actuelle du pays détermine en quelque sorte les conditions de vie de la population.

ü Face à cette situation, quelles sont leurs préférences en matière de politiques économiques ?

Pour ce qui est de leurs préférences en matière de politique économiques,la majeure partie des Burkinabé (62%) affirme qu'il est nécessaire d'accepter des conditions de vie difficiles maintenantpour une amélioration de l'économie dans le futur.Cette attitude témoigne en partie de l'engagement des citoyens à faire des sacrifices pour améliorer l'économie du pays et leurs conditions de vie qu'ils jugent mauvaises. Cependant 30% d'entre eux jugent que les réformes économiques entrepris par legouvernement sont très coûteuses et quece dernier devrait les abandonner et essayer de répondre aux exigences de la population. Cet avis est davantage partagé en campagne (32%) qu'en ville (26%).

Cependant, même s'ils jugent nécessaire d'accepter les dures conditions de vie, ils reconnaissent en à60% que les politiques économiques du gouvernement ont nui à la plupart des gens, et que seuls quelques-uns en ont profité ; ce qui est rejeté par 32% des citoyens qui affirment le contraire.Aussi l'on peut remarquer que les habitants du milieu rural partagent davantage que les urbains l'idée selon laquellele gouvernement, à travers ses politiques économiques, a aidé la majeure partie de la population (33% contre 26% en milieu urbain).

Les graphiques ci-dessous illustrent ce qui précède. Les affirmations citées dans les graphiques sont les suivantes :

-Graphique 9: (Affirmation 1 :Le gouvernement devrait abandonner ses politiques économiques. Affirmation 2 :On devrait accepter les conditions de vie difficiles maintenant.)

-Graphique 10 : (Affirmation 1 :Les politiques économiques du Gouvernement ont aidé la majorité de la population; seule une minorité en a souffert.Affirmation 2 :Les politiques économiques du Gouvernement ont nui à la plupart des gens,seuls quelques-uns en ont profité.)

Graphique9 : Attitudes économiques de la population : abandonner les politiques économiques ou accepter des conditions de vie difficiles maintenant ?

Graphique10 :Politiques économiques du gouvernement :

ont-ils aidé la majorité de la population ou n'ont profité

qu'à une minorité ?

II.2.3 La satisfaction des besoins fondamentaux :

Le droit à l'alimentation étant l'un des droits fondamentaux de la personne humaine, la question de savoir si au cours des derniers mois les enquêtés ont été confrontés à des problèmes de nourriture revêt donc toute sa pertinence.

Sur ce point, la situation n'est pas très inquiétante puisque uniquement 8% de la population affirment avoir toujours des problèmes pour manger à leur faim. Toutefois, l'accès à la nourriture n'est pas toujours facile pour une bonne partie de la population. En effet, l'on constate que 23% d'entre eux affirment avoir été confronté plusieurs fois à ce problème et une même proportion pour quelques fois seulement. De ce fait, plus de la moitié des Burkinabé (environ 60%) a donc déjà été confrontée au moins une fois au problème de la faim. Par contre, les 40% restants déclarent n'avoir jamais été confronté à ce problème. La question de l'accès à une nourriture suffisante semble se poser davantage en milieu rural qu'en milieu urbain dans la mesure où uniquement 35%d'entre eux affirment n'avoir jamais été confronté à cette difficulté alors que la majorité des urbains (53%) est à l'abri de ce besoin. D'ailleurs, ceux qui ne mangent jamais à leur faim en milieu rural sont deux fois plus nombreux qu'en milieu urbain (8% contre 4%).

Tableau 7 : Fréquence des problèmes liés à l'alimentation :

Milieu de résidence(en %)

Total(en %)

UrbainRural

Problèmes de nourriture rencontrés

Jamais

52,9834,6939,55

Juste une ou deux fois

7,847,037,24

Quelques fois

19,4424,1522,90

Plusieurs fois

15,9925,0622,65

Toujours

3,768,967,58

Ne sais pas

-0,110,08Total100,00100,00100,00

Source : Afrobaromètre, Round 4, Burkina Faso, calcul de l'auteur.

Concernant les régions, l'on constate que les plus touchés par ce manque de nourriture sont la Boucle du Mouhoun, le Centre-Est, le Centre-Sud et le Sahel. En effet les proportions des individus qui rencontrent toujours des problèmes pour manger à leur faim semblent assez importantes (14% dans la Boucle du Mouhoun, 22% au niveau du Centre-Est, 12% au Sahel). De plus ceux qui n'ont connu aucune difficulté pour manger à leur faim ne dépassent pas 30% au niveau de celles-ci (22% dans le Centre-Est et Centre-Sud, 26% dans la Boucle du Mouhoun et 30% au Sahel).Ceci n'est surprenante compte tenu du fait que la pauvreté touche davantage ces régions.

 
 
 

D'autre part, pour ce qui concerne l'eau potable et les médicaments, on note à peu près les mêmes phénomènes. Ce sont respectivement 45% et 38% qui déclarent n'avoir jamais été confrontés à ce manque alors que 14% et 11% affirment respectivement avoir des problèmes d'eau potable et de médicaments. Toutefois nous pouvons signaler que la situation est davantage meilleure en ville qu'en campagne puisque 70% et 50% des individus de la zone urbaine déclarent respectivementavoir toujours l'accès à l'eau potable et aux médicaments contre 36% et 33% en milieu rural. Par ailleurs, qu'il s'agisse de l'eau potable ou des soins médicaux, les répondants qui rencontrent toujours des problèmes sont deux fois plus nombreux en milieu rural qu'en milieu urbain. Ce qui confirme que la pauvreté touche davantage les campagnes que les villes.

Concernant l'accès à l'eau potable, l'on peut constater que les régions des Cascades, du Centre-Est, de l'Est et du Sud-Ouest sont les plus défavorisées avec des proportions respectives de 18%, 19%, 35% et 33% qui affirment rencontrer toujours des difficultés pour obtenir de l'eau potable.

La difficulté de trouver des médicaments pour des soins médicaux est davantage notée dans les régions du Boucle du Mouhoun, du Centre-Est, du Centre-Sud, du Sahel où respectivement 14%, 23%, 16% et 16% disent n'avoir pas régulièrement accès aux soins médicaux. D'ailleurs au niveau des régions de la Boucle du Mouhoun et du Centre-Sud, ceux qui ont toujours accès aux soins médicaux quand ils en ont besoin ne dépassent pas 20% (respectivement 19% et 14%).

Toutefois ces manques ne touchent apparemment pas les régions du Centre et des Hauts Bassins puisque dans chaque situation l'on constate que la majorité des populations de ces régions affirment ne jamais être confronté à ces manques cités,et de plus ceux qui en sont concernés ne dépassent jamais les 6%.

Pour ce qui est de la pauvreté monétaire, on peut constater que les revenus de la population sont relativement faibles. En effet, 31% d'entre déclarent avoir toujours des problèmes d'argent et uniquement 9% disent ne pas être confrontés à ce manque d'argent.

Les graphiques ci-après illustrent ce qui précédent.

Graphique11 : Difficultés liées à la nourriture.

Graphique12 : Problèmes d'accès à l'eau potable.

Graphique13 :L'accès aux soins médicaux.

Graphique14 : Problèmes liés au manque d'argent.

En outre, on peut dire que le niveau de pauvreté du Burkina est inquiétant. Une bonne partie de la population risque l'insécurité alimentaire, a un accès limité à l'eau potable et ne bénéficie pas régulièrement de soins médicaux. Ceci confirme en partie les statistiques du PNUD en 2007 qui montrent qu'environ 46% de sa population vivent au-dessous du seuil de pauvreté. De plus le revenu national brut par habitant est estimé à moins de 430 dollars.

Deuxième Partie

DEMOCRATIE ET GOUVERNANCE AU BURKINA FASO

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