CHAPITRE IV. LES RÉSULTATS DE L'ENQUÊTE,
ANALYSE ET INTERPÉTATION
45
IV.1. Identification de l'enquêté
45
IV.2. Observation sur les manuels scolaires du 1??
cycle de l'école fondamentale 48
IV.3. L'apprentissage du français à
base des chansons et des comptines françaises 51
IV.4. Didactisation des chansons et des comptines
dans l'enseignement du français à
l'école fondamentale 56
CONCLUSION GÉNÉRALE 70
ANNEXES 80
1
INTRODUCTION GÉNÉRALE
1. Contexte et intérêt du
sujet
L'être humain communique essentiellement par le biais du
langage. Ce dernier désigne la faculté que nous avons
d'échanger les idées entre nous et d'exprimer nos pensées
d'une manière réciproque au moyen de la parole. Cet
échange peut être réalisé dans une langue
donnée, soit en langue maternelle, soit en langue seconde ou soit encore
en langue étrangère en fonction de degré de maîtrise
de l'outil langagier. La maîtrise de cet outil est conditionnée
par la manière dont la langue de communication (le français) est
enseignée / apprise. L'analyse des manuels de l'école
fondamentale et post-fondamentale révèle des
éléments que les concepteurs de ces manuels ont
déconsidérés alors qu'ils sont importants dans
l'enseignement-apprentissage du français comme langue parlée.
Nous pouvons citer entre autres les bandes dessinées, les
récitations, les poèmes, les chansons et les comptines. Parmi ces
éléments, nous avons choisi les chansons et les comptines
françaises pour en faire l'objet de notre travail de fin de
mastère parce qu'elles permettent aux apprenants de faire les
enchaînements des mots, d'améliorer leurs prononciations, leurs
articulations, de maîtriser l'intonation en langue française, etc.
Nous
partageons l'idée avec Jean Pierre NGENDANZI et Denis
MINANI qui dit (1999 :7) :« L'éducation musicale ainsi
comprise vise non seulement à donner à l'enfant des
compétences techniques et des connaissances, mais aussi à
éveiller et à forger sa propre personnalité en
enrichissant sa capacité à s'exprimer, à communiquer par
le son, à recevoir, à réagir de façon autonome et
personnelle».
Les chansons et les comptines relèvent des aspects
ludiques et sont à ce titre de nature à augmenter la motivation
des élèves. Elles permettent aux apprenants de mémoriser
des mots nouveaux, des expressions et des phrases couramment utilisés
dans la communication orale ou écrite. C'est la raison pour laquelle
elles aident les élèves à acquerir des compétences
langagières.
2
Le Burundi a élaboré un nouveau système
éducatif, il a décidé à travers un
communiqué de presse de la réunion du conseil des ministres du
mercredi 12 décembre 2018, (2018:3) que :
« En première année, seront
enseignés le Kirundi à l'écrit et le Français
à l'oral,
· Le Français sera enseigné avec recours
à l'écrit à partir de la deuxième
année,
· L'Anglais sera intégré à
partir de la troisième année d'abord à l'oral puis
à l'écrit à partir de la cinquième
année,
· Le Kiswahili sera introduit en cinquième
année à l'oral avant une intégration de l'écrit
sixième année,
· Une transition linguistique de l'enseignement du
Kirundi au Français dans les disciplines des Mathématiques et des
Sciences et Technologies va commencer à partir de la quatrième
année pour préparer l'enfant à l'enseignement en
Français à partir de la cinquième année.
»
Pour donner plus d'éclaircissement sur l'enseignement
des langues, «Le kirundi et le français sont des langues
enseignées à partir de la première année de
l'enseignement fondamental tout en respectant les spécificités de
l'apprentissage de chaque langue» (selon Decret N° 100/078 du 22 Mai
2019 portant la fixition des langues d'enseignement et échelonnement des
langues enseignées à l'école fondamentale, Article 6 :2).
Pour donner plus de précisions, le même source ajoute que (Article
5 : 2): « Le français est la langue d'enseignement à
partir du troisième cycle du fondamental sauf pour l'Entrepreneuriat,
Sciences humaines, Arts et EPS qui sont enseignés en Kirundi.»
Alors, pour que l'apprentissage du français en 1?? cycle de
l'école fondamentale au Burundi soit réalisé efficacement,
l'enseignant doit recourir à tous les moyens susceptibles de favoriser
les élèves pour ainsi arriver aux objectifs
préétablis. Ces moyes sont les dessins animés, les images,
les jeux, les poèmes y compris les chansons et les comptines. D'une
manière générale, les chansons et les comptines ont un
apport linguistique important. Nous pouvons le regarder dans les
différents points de vue : elles peuvent être utilisées
pour développer les quatre compétences langagières,
à savoir la compréhension orale, l'expression orale, la
compréhension écrite et expression écrite.
Les chansons et les comptines peuvent être
exploitées de nombreuses manières : l'enseignant peut
entraîner les apprenants en grammaire, en phonétique, en syntaxe,
en vocabulaire étant donné que les chansons sont des documents
authentiques que nous utilisons dans la vie de tous les jours.
3
L'utilisation des chansons et des comptines comme support
d'apprentissage du français présente un effet
bénéfique à la mémoire de l'apprenant, en
particulier à la mémorisation des structures grammaticales, des
formes verbales, des prépositions ou par exemple des genres de mots
(féminin, masculin). Aussi le vocabulaire est évidemment beaucoup
plus facile à mémoriser avec les chansons et les comptines
qu'avec une simple liste des expressions.
Comme chaque écoute, les chansons et comptines
permettent de découvrir les expressions présentées dans le
contexte authentique, ce qui aide à leur compréhension, à
la fixation et ensuite à leur utilisation dans la phrase.
Le sujet des chansons et des comptines françaises est
sujet bien traité par plusieurs chercheurs de certains pays
francophones. Nous citons par exemple un mémoire intutilé
« La comptine comme support pédagogique pour
l'amélioration de la prononciation du son [y] dans l'enseignement
/apprentissage du FLE. Cas des apprenants de la 3ème année
primaire École de Bakri Lakhdhar-Ouled Derradj- M'sila »de
BAKRI Aicha. En effet, l'auteur nous montre comment les comptines peuvent aider
les écoliers à bien prononcer le son [y].
Autre mémoire est intitulé « La chanson
pour enseigner le français au collège » de Boundaoui
Sihem de et Bounouar Dyhia. Ces dernières montrent que les chansons sont
des documents authentiques efficaces dans le développement des quatre
compétences langagières.
Cela nous a poussé d'effectuer des recherches dans les
différentes bibliothèques de l'Université du Burundi et de
celle d'École Normale Supérieure pour voir qu'il y a des
recherches pareilles déjà effectuées, mais nous n'avons
pas pu trouver au moins un mémoire qui a été mené
sur le sujet des chansons et des comptines dans l'enseignement apprentissage du
français au Burundi. Cela nous a poussé de continuer notre
travail.
2. Objectif de la recherche
L'objectif de cette recherche est de mettre en évidence
l'intérêt de l'utilisation des chansons et des comptines
françaises comme support d'apprentissage du français au
1er cycle de l'école fondamentale au Burundi.
4
3. Délimitation du sujet
Au Burundi, l'école fondamentale est subdivisée
en quatre cycles. Cela peut être lu dans la Loi N°1/19 septembre
2013 portant sur l'organisation de l'enseignement de base et secondaire
(2013:3) qui nous dit que,
« L'enseignement fondamental (...) qui est
organisé sur neuf ans et comportant quatre cycles répartis comme
suit :
Le premier cycle (1?? et 2? année)
Le deuxième cycle (3? et 4? année)
Le troisième cycle (5? et 6? année)
Le quatrième cycle (7?, 8? et 9? année).
»
Il est très important de connaître que dans le
système éducatif burundais, certains élèves peuvent
débuter l'enseignement formel à l'école maternelle ou
à l'école fondamentale. La première catégorie
d'élèves est beaucoup observable dans les écoles
privées. La seconde catégorie d'élèves
débute leurs études dans la première année de
l'école fondamentale surtout dans les écoles publiques. Loin de
nous est l'idée d'apporter une distinction entre l'école
privée et l'école publique. Mais ce dont nous sommes convaincu,
c'est qu'une bonne maîtrise du français dès le premier
cycle de l'école fondamentale est le templin de la réussite dans
l'enseignement-apprentissage du français car le français est la
matière et/ ou langue d'enseignement dans le système
éducatif burundais d'une manière générale.
Autrement dit les écoliers du premier cycle ont besoin d'une attention
particulière pour s'habituer à bien parler la langue
française. Cela nous amène à penser à la
littérature et à la didactique du français. En se
focalisant sur l'idée de Jean-Michel PERRONNET (2005 : 427)
«L'espace littéraire est également un espace de plaisir
et de liberté qui invite à l'épanchement de
l`affectivité, de la sensibilité, et au déploiment de
l'imaginaire ». La littérature permet donc aux apprenants de
mieux penser, de s'exprimer et d'être actifs et créatifs pendant
l'apprentissage du français. Nous évoquons ici un sujet de
littérature car elle est l'ensemble des oeuvres écrites ou orales
d'une nationalité donnée. Or nous allons utiliser les chansons et
les comptines écrites de la langue française. Ces
dernières vont permettre aux apprenants d'acquérir des savoirs et
de savoir-faire sur le langage, sur la langue et sur la communication.
5
S'agissant de la didactique du français, c'est une
discipline scientifique qui suit la méthodologie, les principes et les
méthodes qui régissent l'enseignement du français. Selon
Jean-François Halte (2000:15), « L'objet de la didactique du
français est l'ensemble des problèmes que pose la transmission et
appropriation des savoirs et savoir-faire de la matière française
».
La didactique du français mène des recherches et
des innovations qui doivent justement influencer la formation des enseignants
et permettre de mieux comprendre les difficultés des apprenants. C'est
une discipline scientifique qui permet la discussion sur la
méthodologie, les théories, les principes et les méthodes
qui régissent l'enseignement et apprentissage du français. Il
faut savoir que la didactique du français englobe plusieurs domaine
à savoir la didactique du français langue maternelle (DFLM), la
didactique du français langue seconde (DFLS) et enfin la didactique du
français langue étrangère (DFLE).
Premièrement, une discipline qui s'occupe de
l'enseignement du français en tant que langue maternelle est
appelée la didactique du français langue maternelle. C'est
à travers les pratiques de la langue ; en l'écoutant, en la
lisant, en la parlant, et en l'écrivant que les enfants apprennent pour
la première fois une langue de son entourage. Là, nous
convergeons sur une même idée avec Cuq et Gruca (2002 : 92) qui
disent que « La diversité des pratiques sociales autorise
à appeler langue maternelle, la langue de la mère, du
père, de la famille... bref du premier groupe social dans lequel
l'enfant développe ses capacités langagières
».
Il faut alors comprendre que le français est une langue
maternelle pour les personnes qui l'acquièrent en premier lieu avant les
autres langues.
Il faut noter qu'un apprenant peut avoir une langue maternelle
différente de celle de ses parents surtout quand il vit
séparément avec ses parents ou dans une communauté qui
parle une langue différente de celle de ses parents. Cela est
fréquent dans la ville de Bujumbura car il y a plusieurs langues
parlées à savoir le kirundi, le kiswahili, le français,
etc.
Deuxièmement, une langue est dite seconde quand elle
n'est pas maternelle. C'est une langue apprise surtout à l'école
ou dans une formation. Elle sert de moyen de communication en plus de langue
maternelle. MUSANJI Ngalasso-Mwatha (1992 : 30-31) a écrit que
« le français est considéré comme une langue
seconde partout où, bien que langue étrangère, il est
langue officielle et utilisée, à ce titre de façon
privilégiée».
Nous pouvons alors dire que les apprenants qui sont
concernés par la didactique du français langue seconde sont
généralement en situation de pluralité des langues et le
plus souvent issus de sociétés dans lesquels ne sont
qu'exceptionnellement confrontés à l'écrit.
6
Troisièmement et dernièrement, le
français peut être défini comme une langue
étrangère, à la lumière de (Cuq &Gruca, 2003)
cités par Rémy NDIKUMAGENGE (2015 : 9) : «Le
français est une langue étrangère pour tous ceux qui, ne
le reconnaissant pas comme langue maternelle, entrent dans un processus plus ou
moins volontaire d'appropriation et pour tous ceux qui, qu'ils le reconnaissent
ou non comme langue maternelle, en font l'objet d'un enseignement à des
parleurs non natifs ».
Grâce à ces définitions, nous constatons
que pas mal des écoliers de l'école fondamentale sont dans une
situation où le français est à la fois langue
étrangère et seconde. Nous disons tout cela car le kirundi est
une langue parlée partout dans notre pays sauf quelques exceptions, au
moment où le français est une langue parlée uniquement par
les gens instruits. Le moyen le plus rapide pour connaître cette langue
pour les écoliers du 1er cycle de l'école
fondamentale, c'est l'utilisation des techniques adéquates. Or
grâce à une analyse des manuels scolaires que nous avons
effectué dans enseignement-apprentissage du français à
l'école fondamentale et post-fondamentale dans le cadre du cours
intitulé Théories didactiques et analyse de manuels,
nous avons constaté qu'il y a la carence des supports favorisant la
compréhension orale et expression orale. C'est pourquoi nous nous sommes
intéressés par le premier cycle de l'école fondamentale,
c'est-à-dire la première et la deuxième année. Nous
allons faire une enquête dans la Direction Communale de
l'Éducation de NTAHANGWA pour deux raisons. Premièrement, c'est
la question des moyens. Comme le master en didactique du français langue
ètrangère est organisé par l'Université du Burundi
et l'École Normale Supérieure situées dans la ville de
Bujumbura, cela nous a obligé d'habiter dans l'une des communes de
Bujumbura-mairie (Ntahangwa). Comme dans la Direction Communale de
l'Éducation de NTAHANGWA il y a des institutions publiques et
privées, de l'école maternelle jusqu'à
l'Université, alors nous avons décidé d'y effectuer
l'enquête car il est possible d'y trouver une population à
enquêter. Le profit est d'utiliser le minimum de moyen possible.
Deuxièmement et dernièrement, c'est une question du temps. En
effet, nous avons commencé à rédiger notre mémoire
dépuis la première année de notre master.
Cela pour dire qu'il étais question de suivre les
autres cours et de rédiger en même temps. Alors pour ne pas
gaspiller du temps en allant faire des recherches et l'enquête dans les
provinces, nous avons décidé de le faire dans la Direction
Communale de l'Éducation la plus proche possible. Ces deux raisons nous
ont empêché d'avoir autre choix. Ce qui est très importent,
c'est d'arriver aux résultats escomptés.
7
4. Problématique
Au Burundi, l'utilisation de la langue française dans
la communication n'est pas évidente chez les apprenants de
l'école fondamentale en général, et chez les
élèves de la 1?? et de la 2e année en
particulier. La cause de cet état de fait n'est pas le manque de
volonté de la part des écoliers mais elle est liée
à une série de facteurs dont la mauvaise prononciation, le bagage
lexical insuffisant, l'intonation qui laisse à désirer à
quoi s'ajoute le degré bas de mémorisation. Dans ces conditions,
beaucoup d'élèves suivent passivement les leçons portant
sur le français qui est dispensé en classe. Nous avons donc
réfléchi sur la manière que l'enseignant utilise pour
enseigner le français au 1er cycle de l'ECOFO , qui se base
essentiellement sur la pratique de l'oral par stimulation et
répétition, l'enseignant est en situation qui lui permette de
choisir des activités, à fonction récréative et
ludique, autour des supports oraux, comme les chansons et les comptines, qui
ont une place importante dans l'apprentissage du français parlé.
Avant l'entrée à l'école, les chansons et les comptines
créent un lien privilégié entre la mère et son
enfant et ce lien se poursuit dans le cadre scolaire entre l'enseignant et
l'écolier.
Elles plaisent parleur caractère ludique mais elles
sont aussi un moyen pour les enfants, d'entrer dans le cadre de la
mémorisation et l'apprentissage grâce à leurs
caractéristiques: les sons, les rimes et le rythme musical. C'est dans
cette optique que nous axons notre réflexion sur les questions de
recherche formulées de la manière suivante :
1. L'utilisation des chansons et des comptines
françaises favoriserait-elle l'apprentissage du français
parlé chez les écoliers du 1er cycle de l'ECOFO ?
2. Est-ce que les chansons et les comptines françaises
sont des supports convenables pour stimuler le développement langagier
de l'écolier du1er cycle de l'ECOFO ?
5. Hypothèses
Partant du principe que l'apprentissage d'une langue
nécessite généralement de prérequis, nous formulons
les hypothèses suivantes :
1. Il est aisé, pour un élève du 1??
cycle de l'école fondamentale, d'apprendre le français sur la
base des chansons et des comptines françaises.
2. Les chansons et les comptines françaises sont des
catalyseurs du développement de la compétence expressive en
français chez les écoliers 1er cycle de l'école
fondamentale.
8
6. Méthode de la recherche
Pour rédiger un travail scientifique, le chercheur
doit se baser sur les recheches déjà faites. Il doit utiliser
certaines méthodes utilisées par ses prédecesseurs si ces
méthodes cadrent bien à son travail. ANTOINE Léon donne
son avis en disant que (1977 : 38): « Le choix des téchniques
dans la collecte des données est étroitement lié au
phénomène étudié». C'est pour cette
raison que nous allons consulter les ouvrages, les mémoires, les
documents officiels, les dictionnaires, les encyclopédies, les sites
internets (...) dans le but de trouver toutes les informations utiles pour
notre recherche. Enfin, nous allons également effectuer une
enquête pour collecter les données sur le terrain. Nous savons que
les techniques que nous pouvons utiliser sont nombreuses mais elles ne sont pas
profitables à même temps. Mais nous sommes obligé de
choisir au moins une être elles qui va nous permettre de découvrir
la place des chansons et des comptines dans l'apprentissage du français
parlé au premier cycle de l'ECOFO dans le DCE Ntahangwa.
7. Articulation
Notre mémoire de fin d'étude de Mastère
II est constitué de trois chapitres. Le premier chapitre concerne
l'élucidation, description et critique autour des chansons et des
comptines françaises. Le deuxième chapitre traite de la place des
chansons et des comptines dans le développement de l'expression orale.
Le troisième chapitre se borne sur la méthodologie de la
recherche. Le quatrième et le dernier chapitre se focalise sur les
résultats de l'enquête, analyse et l'interprétation.
L'enquête sera effectué dans la Direction Communale de
l'Éducation Nationale de NTAHANGWA dans le premier cycle de
l'école fondamentale.
9
CHAPITRE.I. ÉLUCIDATION, DESCRIPTION ET
CRITIQUE AUTOUR DES CHANSONS ET DES COMPTINES FRANÇAISES
Dans ce chapitre, nous élucidons, nous décrivons
et nous critiquons les termes clés du sujet à savoir les chansons
et les comptines françaises. Il est également question de montrer
l'origine, les définitions et les caracteristiques de ces termes
clés.
I.1. Les acceptions des chansons et des comptines
françaises
Les chansons et les comptines françaises sont des
conceptes presques similaires. Une chanson ou une comptine est une oeuvre
musicale composée d'un texte et d'une mélodie destinée
à être interprétée par la voix humaine. Cette
interprétation peut se faire avec accompagnement instrumental ( guitare,
piano, sifflet, tambour ou battement de mains), ou sans instruments musicaux
autrement-dit a cappella. Elle peut être une voix d'une personne ou de
plusieurs personnes comme dans une chorale. Cependant, les comptines sont des
chansons ou des formulettes enfantines amusantes, toujours rythmées mais
qui peuvent être soit parlées, soit chantées ou soit encore
recitées.
I.1.1. Origine des chansons françaises
Le terme chanson est très connu dans l'histoire de la
littérature française, il y a longtemps. Les chansons sont
liées au contexte social et culturel. Nous pouvons donner l'exemple des
chansons traditionnelles. Voilà par exemple une
énumération de ces chansons dites traditionnelles établies
par Michel POUGEOISE (2006 : 97)
« Les reverdies « qui chantent
le retour du printemps, les pastourelles (qui évoquent
dans un cadre bucolique les amours des chevaliers et des bergères), les
malmariées (qui racontent le chagrin de jeunes
épouses(...)) les aubes (chansons d'aube ou albas, qui
déplorent l'arrivée de l'aube annonçant le départ
de l'amant) et les sérénades (composées
en principe pour être jouée en plein air et la nuit sous les
fenêtres de la Dame) (...). Cantilène, chant
polyphonique à trois voix. »
10
Nous ne voulons pas développer ces différentes
sortes de chansons dans le présent travail car elles ne concernent pas
les écoliers du premier cycle de l'école fondamentale. Il existe
aussi d'autres chansons classiques qui se sont marquées dans la
littérature française. Il s'agit de chanson de Roland (cette
chanson relate l'histoire de Roland qui est le héros dans cette chanson.
Il est également le neveu de Charlemagne le roi de la France), chanson
satirique, chansons de trouvères (c'est un art qui nous renseigne sur ce
que pouvait être les chansons populaire de XV siècle), chansons de
chevalerie (ce sont des chansons produites par des chevaliers pour montrer
leurs loyautés, leurs vaillances, etc.), chanson de geste (Une chanson
de geste est destinée à être chantée devant le
public large, populaire ou noble vers la fin du XI siècle. L'auteur de
cette chanson est anonyme), etc. Chacune de ces chansons avait sa signification
selon son objectif. En guise d'exemple, voilà comment Jean de Grouchy
cité par Michel POUGEOISE (2006 : 96), définit la chanson de
geste.
« Nous appelons chanson de geste un chant dans lequel
sont rapportées les actions des héros et des oeuvres de nos
ancêtres, de même que la vie et le martyre des saints ou les
souffrances endurées par les figures de l'histoire pour la
défense de la foi et de vérité (...). Il faut faire
entendre ce genre de chansons aux personnes âgées, aux
travailleurs et aux gens de condition modeste(...) afin qu'en apprenant les
misères et les calamités des autres, ils supportent plus
facilement les leurs. »
La compréhension de ces chansons ci-haut citées
demande une certaine maturité. D'où, nous ne voulons pas les
développer car elles ne peuvent pas être l'objet d'apprentissage
pour les apprenants du 1?? cycle de l'école fondamentale au Burundi.
Autrement-dit, elles sont compliquées par rapport à la
connaissance des apprenants qui débutent leurs études. Nous nous
sommes intéressés aux chansons qui peuvent améliorer la
maîtrise du français de ces écoliers. C'est juste pour
montrer qu'il existe plusieurs sortes des chansons traditionnelles ou
classiques qui se sont marquées dans l'histoire de la littérature
française. BERBER Chahineze s'exprime à propos de l'histoire de
chansons dans l'enseignement en disant que (2016 : 24): « L'histoire
de la chanson en classe du français langue étrangère,
commence à la fin des années 50. A l'époque,
l'interprétation des écrits littéraires était
encore en mode dans les cours de langue. »
C'est par après que les experts ont commencé
à faire des recheches pour étudier l'importance des chansons dans
l'enseignement du français langue étrangère. Et ils ont
fini par les intégrer dans enseignement- apprentissage.
11
I.1.2. Origine des comptines
françaises
Il est tellement difficile de définir les comptines
françaises. Ces dernières appartiennent au patrimoine oral.
Auparavant, elles se transmettaient de bouche à l'oreille, de
génération en génération et de parent à
l'enfant. Ce dernier jouait un rôle remarquable dans la survie des
comptines car il gardait jalousement les comptines chantées par ses
parents ou ses ainés au moment où ils sont en train de le
consoler. Devenu adulte, il les récitait à ses descendants, c'est
les mères qui chantent pour calmer leurs enfants.
Auparavant, les comptines étaient donc utilisées
comme des berceuses qui sont déstinées à consoler les
enfants en train de pleurer ou voulant dormir. Les comptines ont
été introduites dans l'enseignement petit à petit
après avoir découvert leurs avantages.
Comme TAIBI Saida le dit (2019 : 7), « En France dans
les années 1922, le mot comptine apparait dans le dictionnaire
français, qui est défini comme formule primordiale dans
l'enseignement maternel et primaire. Entre 1931 et 1932, les comptines apprises
par les enfants ou leurs parents ou encore par leurs grands-parents, ont
été collectées et copiées dans les manuels de
l'enseignement public.»
La présence des comptines est observable même
dans les manuels scolaires de l'école fondamentale au Burundi même
si le nombre est minime.
I.1.3. Définition des chansons et des comptines
françaises
Une chanson peut être définie comme un texte mis
en musique. Elle est constituée par des couplets ou par des strophes.
Elle peut avoir aussi un refrain. Plusieurs auteurs ont proposé des
définitions mais retenons certains entre eux. BERBER Chahineze (2016 :
24), définit une chanson de cette manière, « La chanson
est avant tout un genre mixte. Il s'agit d'un texte écrit destiné
à être chanté et souvent intégré à une
structure musicale. La chanson fait partie intégrante de la vie de tout
un chacun. » Nous ne sommes pas satisfait avec cette
définition c'est pourquoi nous voulons observer les propos des autres
écrivains.
12
Voilà Michel JARRETY (2001:124) définit la
chanson de sa manière, lui le fait en trois définitions
« 1) chanson: air fixé par des paroles
2) air : composition musicale facilement fredonnable,
donc doublement brève (limitée par la mémorisation et par
la soufle)
3) chanson vivante ou organique: chanson
interprétée, liée à l'air et à la vie,
instantanée ou suite d'instantanés dans le temps mesuré.
»
À la lumière de ces trois définitions,
nous comprenons qu'une chanson est composée par les paroles et la
musique. Une chanson est limitée dans le temps car elle peut durer
quelques minutes.
Il y a également une différence entre les
définitions déjà citées et la définition de
Michel POUGEOISE (2006 : 95), pour lui, « Au sens le plus
commun et le plus large, la chanson est un texte simple écrit dans un
registre de langue populaire ou familier, mis en musique et, naturellement,
destiné - comme son nom l'indique - à être chanté.
»
À la lumière de cette définition, nous
déduisons qu'une chanson est un document authentique qui parle de la vie
quotidienne. En plus des connaissances livresques, les écoliers trouvent
l'occasion de les mettre en pratique en chantant des chansons parlant d'autres
réalités non apprises en classe.
Étymologiquement, le mot « comptine » vient
du mot latin computare qui signifie compter. Elle est définie
comme une chanson ou une formulette qui sert à dénombrer ou
calculer pour les petits enfants. Il est tellement difficile que tous les
auteurs convergent sur une même définition. Selon ISABELLE
Jeuge-Maynart (2011 : 231), la comptine est définie comme une «
Chanson que chantent les enfants pour désigner, en comptant les
syllabes, celui qui devra sortir du jeu, courir après les autres,
etc.» Une comptine est alors une particuralité d'une chanson. Mais
il arrive que aussi qu'elles soient assimulées aux autres
activités. Nous constatons par exemple qu'elles facilitent à
l'enseignant d'attribuer certaines tâches aux apprenants. Cela est facile
surtout s'il s'agit de compter les chiffres ou les syllables. Paul ROBERT (2010
: 492), définit une comptine en disant que c'est une « formule
enfatine (chantée ou parlée) servant à désigner
celui ou celle à qui sera attribué un rôle particulier dans
un jeu. »
13
Cette fois-ci, nous constatons une ressemblance entre les deux
premières définitions données par Isabelle et Paul. Cette
ressemblance concerne surtout le fait que les comptines sont
déstinées aux enfants. Nous pouvons alors dire que les comptines
sont des chansons enfatines. Après les deux auteurs, Michel POUGEOISE
(2006 : 113) donne une autre définition qui montre qu'une comptine joue
beaucoup d'importence sur les activités ludiques. Pour lui, une comptine
est un : « Petit texte ludique récité par des enfants
qui, en détachant chaque syllabe et en comptant (...), désigent
celui d'entre eux qui devra quitter la ronde ou jouer un rôle
déterminé dans leur jeu. L'énonce de ces
déclamations n'a généralement pas de sens. Sa fonction est
purement rythmique et le plaisir vient précisement de ce signifiant
(répétitions phoniques sans significations), scandé comme
par exemple, dans cette comptine très connue: am stram, gram,
piké, piké, kollé, bouré, bouré, nattatam,
am, stram, gram. »
Bref, une comptine est un mode de diction, un point de
rencontre entre le langage verbal et le langage musical. Elle se dit ou se
chante sur un rythme, souvent accompagné d'une mélodie ; chaque
syllabe orale est prononcée. Après avoir donné les
définitions des chansons et des comptines passons à la
description de ces dernières.
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