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La place des chansons et des comptines dans l'apprentissage du français parlé au premier cycle de l'école fondamentale au Burundi


par Prosper NSHIMIRIMANA
Université du Burundi - Master en Didactique du FLE 2020
  

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CHAPITRE IV. LES RÉSULTATS DE L'ENQUÊTE, ANALYSE ET INTERPÉTATION

45

IV.1. Identification de l'enquêté 45

IV.2. Observation sur les manuels scolaires du 1?? cycle de l'école fondamentale 48

IV.3. L'apprentissage du français à base des chansons et des comptines françaises 51

IV.4. Didactisation des chansons et des comptines dans l'enseignement du français à

l'école fondamentale 56

CONCLUSION GÉNÉRALE 70

ANNEXES 80

1

INTRODUCTION GÉNÉRALE

1. Contexte et intérêt du sujet

L'être humain communique essentiellement par le biais du langage. Ce dernier désigne la faculté que nous avons d'échanger les idées entre nous et d'exprimer nos pensées d'une manière réciproque au moyen de la parole. Cet échange peut être réalisé dans une langue donnée, soit en langue maternelle, soit en langue seconde ou soit encore en langue étrangère en fonction de degré de maîtrise de l'outil langagier. La maîtrise de cet outil est conditionnée par la manière dont la langue de communication (le français) est enseignée / apprise. L'analyse des manuels de l'école fondamentale et post-fondamentale révèle des éléments que les concepteurs de ces manuels ont déconsidérés alors qu'ils sont importants dans l'enseignement-apprentissage du français comme langue parlée. Nous pouvons citer entre autres les bandes dessinées, les récitations, les poèmes, les chansons et les comptines. Parmi ces éléments, nous avons choisi les chansons et les comptines françaises pour en faire l'objet de notre travail de fin de mastère parce qu'elles permettent aux apprenants de faire les enchaînements des mots, d'améliorer leurs prononciations, leurs articulations, de maîtriser l'intonation en langue française, etc. Nous

partageons l'idée avec Jean Pierre NGENDANZI et Denis MINANI qui dit
(1999 :7) :« L'éducation musicale ainsi comprise vise non seulement à donner à l'enfant des compétences techniques et des connaissances, mais aussi à éveiller et à forger sa propre personnalité en enrichissant sa capacité à s'exprimer, à communiquer par le son, à recevoir, à réagir de façon autonome et personnelle».

Les chansons et les comptines relèvent des aspects ludiques et sont à ce titre de nature à augmenter la motivation des élèves. Elles permettent aux apprenants de mémoriser des mots nouveaux, des expressions et des phrases couramment utilisés dans la communication orale ou écrite. C'est la raison pour laquelle elles aident les élèves à acquerir des compétences langagières.

2

Le Burundi a élaboré un nouveau système éducatif, il a décidé à travers un communiqué de presse de la réunion du conseil des ministres du mercredi 12 décembre 2018, (2018:3) que :

« En première année, seront enseignés le Kirundi à l'écrit et le Français à l'oral,

· Le Français sera enseigné avec recours à l'écrit à partir de la deuxième année,

· L'Anglais sera intégré à partir de la troisième année d'abord à l'oral puis à l'écrit à partir de la cinquième année,

· Le Kiswahili sera introduit en cinquième année à l'oral avant une intégration de l'écrit sixième année,

· Une transition linguistique de l'enseignement du Kirundi au Français dans les disciplines des Mathématiques et des Sciences et Technologies va commencer à partir de la quatrième année pour préparer l'enfant à l'enseignement en Français à partir de la cinquième année. »

Pour donner plus d'éclaircissement sur l'enseignement des langues, «Le kirundi et le français sont des langues enseignées à partir de la première année de l'enseignement fondamental tout en respectant les spécificités de l'apprentissage de chaque langue» (selon Decret N° 100/078 du 22 Mai 2019 portant la fixition des langues d'enseignement et échelonnement des langues enseignées à l'école fondamentale, Article 6 :2). Pour donner plus de précisions, le même source ajoute que (Article 5 : 2): « Le français est la langue d'enseignement à partir du troisième cycle du fondamental sauf pour l'Entrepreneuriat, Sciences humaines, Arts et EPS qui sont enseignés en Kirundi.» Alors, pour que l'apprentissage du français en 1?? cycle de l'école fondamentale au Burundi soit réalisé efficacement, l'enseignant doit recourir à tous les moyens susceptibles de favoriser les élèves pour ainsi arriver aux objectifs préétablis. Ces moyes sont les dessins animés, les images, les jeux, les poèmes y compris les chansons et les comptines. D'une manière générale, les chansons et les comptines ont un apport linguistique important. Nous pouvons le regarder dans les différents points de vue : elles peuvent être utilisées pour développer les quatre compétences langagières, à savoir la compréhension orale, l'expression orale, la compréhension écrite et expression écrite.

Les chansons et les comptines peuvent être exploitées de nombreuses manières : l'enseignant peut entraîner les apprenants en grammaire, en phonétique, en syntaxe, en vocabulaire étant donné que les chansons sont des documents authentiques que nous utilisons dans la vie de tous les jours.

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L'utilisation des chansons et des comptines comme support d'apprentissage du français présente un effet bénéfique à la mémoire de l'apprenant, en particulier à la mémorisation des structures grammaticales, des formes verbales, des prépositions ou par exemple des genres de mots (féminin, masculin). Aussi le vocabulaire est évidemment beaucoup plus facile à mémoriser avec les chansons et les comptines qu'avec une simple liste des expressions.

Comme chaque écoute, les chansons et comptines permettent de découvrir les expressions présentées dans le contexte authentique, ce qui aide à leur compréhension, à la fixation et ensuite à leur utilisation dans la phrase.

Le sujet des chansons et des comptines françaises est sujet bien traité par plusieurs chercheurs de certains pays francophones. Nous citons par exemple un mémoire intutilé « La comptine comme support pédagogique pour l'amélioration de la prononciation du son [y] dans l'enseignement /apprentissage du FLE. Cas des apprenants de la 3ème année primaire École de Bakri Lakhdhar-Ouled Derradj- M'sila »de BAKRI Aicha. En effet, l'auteur nous montre comment les comptines peuvent aider les écoliers à bien prononcer le son [y].

Autre mémoire est intitulé « La chanson pour enseigner le français au collège » de Boundaoui Sihem de et Bounouar Dyhia. Ces dernières montrent que les chansons sont des documents authentiques efficaces dans le développement des quatre compétences langagières.

Cela nous a poussé d'effectuer des recherches dans les différentes bibliothèques de l'Université du Burundi et de celle d'École Normale Supérieure pour voir qu'il y a des recherches pareilles déjà effectuées, mais nous n'avons pas pu trouver au moins un mémoire qui a été mené sur le sujet des chansons et des comptines dans l'enseignement apprentissage du français au Burundi. Cela nous a poussé de continuer notre travail.

2. Objectif de la recherche

L'objectif de cette recherche est de mettre en évidence l'intérêt de l'utilisation des chansons et des comptines françaises comme support d'apprentissage du français au 1er cycle de l'école fondamentale au Burundi.

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3. Délimitation du sujet

Au Burundi, l'école fondamentale est subdivisée en quatre cycles. Cela peut être lu dans la Loi N°1/19 septembre 2013 portant sur l'organisation de l'enseignement de base et secondaire (2013:3) qui nous dit que,

« L'enseignement fondamental (...) qui est organisé sur neuf ans et comportant quatre cycles répartis comme suit :

Le premier cycle (1?? et 2? année)

Le deuxième cycle (3? et 4? année)

Le troisième cycle (5? et 6? année)

Le quatrième cycle (7?, 8? et 9? année). »

Il est très important de connaître que dans le système éducatif burundais, certains élèves peuvent débuter l'enseignement formel à l'école maternelle ou à l'école fondamentale. La première catégorie d'élèves est beaucoup observable dans les écoles privées. La seconde catégorie d'élèves débute leurs études dans la première année de l'école fondamentale surtout dans les écoles publiques. Loin de nous est l'idée d'apporter une distinction entre l'école privée et l'école publique. Mais ce dont nous sommes convaincu, c'est qu'une bonne maîtrise du français dès le premier cycle de l'école fondamentale est le templin de la réussite dans l'enseignement-apprentissage du français car le français est la matière et/ ou langue d'enseignement dans le système éducatif burundais d'une manière générale. Autrement dit les écoliers du premier cycle ont besoin d'une attention particulière pour s'habituer à bien parler la langue française. Cela nous amène à penser à la littérature et à la didactique du français. En se focalisant sur l'idée de Jean-Michel PERRONNET (2005 : 427) «L'espace littéraire est également un espace de plaisir et de liberté qui invite à l'épanchement de l`affectivité, de la sensibilité, et au déploiment de l'imaginaire ». La littérature permet donc aux apprenants de mieux penser, de s'exprimer et d'être actifs et créatifs pendant l'apprentissage du français. Nous évoquons ici un sujet de littérature car elle est l'ensemble des oeuvres écrites ou orales d'une nationalité donnée. Or nous allons utiliser les chansons et les comptines écrites de la langue française. Ces dernières vont permettre aux apprenants d'acquérir des savoirs et de savoir-faire sur le langage, sur la langue et sur la communication.

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S'agissant de la didactique du français, c'est une discipline scientifique qui suit la méthodologie, les principes et les méthodes qui régissent l'enseignement du français. Selon Jean-François Halte (2000:15), « L'objet de la didactique du français est l'ensemble des problèmes que pose la transmission et appropriation des savoirs et savoir-faire de la matière française ».

La didactique du français mène des recherches et des innovations qui doivent justement influencer la formation des enseignants et permettre de mieux comprendre les difficultés des apprenants. C'est une discipline scientifique qui permet la discussion sur la méthodologie, les théories, les principes et les méthodes qui régissent l'enseignement et apprentissage du français. Il faut savoir que la didactique du français englobe plusieurs domaine à savoir la didactique du français langue maternelle (DFLM), la didactique du français langue seconde (DFLS) et enfin la didactique du français langue étrangère (DFLE).

Premièrement, une discipline qui s'occupe de l'enseignement du français en tant que langue maternelle est appelée la didactique du français langue maternelle. C'est à travers les pratiques de la langue ; en l'écoutant, en la lisant, en la parlant, et en l'écrivant que les enfants apprennent pour la première fois une langue de son entourage. Là, nous convergeons sur une même idée avec Cuq et Gruca (2002 : 92) qui disent que « La diversité des pratiques sociales autorise à appeler langue maternelle, la langue de la mère, du père, de la famille... bref du premier groupe social dans lequel l'enfant développe ses capacités langagières ».

Il faut alors comprendre que le français est une langue maternelle pour les personnes qui l'acquièrent en premier lieu avant les autres langues.

Il faut noter qu'un apprenant peut avoir une langue maternelle différente de celle de ses parents surtout quand il vit séparément avec ses parents ou dans une communauté qui parle une langue différente de celle de ses parents. Cela est fréquent dans la ville de Bujumbura car il y a plusieurs langues parlées à savoir le kirundi, le kiswahili, le français, etc.

Deuxièmement, une langue est dite seconde quand elle n'est pas maternelle. C'est une langue apprise surtout à l'école ou dans une formation. Elle sert de moyen de communication en plus de langue maternelle. MUSANJI Ngalasso-Mwatha (1992 : 30-31) a écrit que « le français est considéré comme une langue seconde partout où, bien que langue étrangère, il est langue officielle et utilisée, à ce titre de façon privilégiée».

Nous pouvons alors dire que les apprenants qui sont concernés par la didactique du français langue seconde sont généralement en situation de pluralité des langues et le plus souvent issus de sociétés dans lesquels ne sont qu'exceptionnellement confrontés à l'écrit.

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Troisièmement et dernièrement, le français peut être défini comme une langue étrangère, à la lumière de (Cuq &Gruca, 2003) cités par Rémy NDIKUMAGENGE (2015 : 9) : «Le français est une langue étrangère pour tous ceux qui, ne le reconnaissant pas comme langue maternelle, entrent dans un processus plus ou moins volontaire d'appropriation et pour tous ceux qui, qu'ils le reconnaissent ou non comme langue maternelle, en font l'objet d'un enseignement à des parleurs non natifs ».

Grâce à ces définitions, nous constatons que pas mal des écoliers de l'école fondamentale sont dans une situation où le français est à la fois langue étrangère et seconde. Nous disons tout cela car le kirundi est une langue parlée partout dans notre pays sauf quelques exceptions, au moment où le français est une langue parlée uniquement par les gens instruits. Le moyen le plus rapide pour connaître cette langue pour les écoliers du 1er cycle de l'école fondamentale, c'est l'utilisation des techniques adéquates. Or grâce à une analyse des manuels scolaires que nous avons effectué dans enseignement-apprentissage du français à l'école fondamentale et post-fondamentale dans le cadre du cours intitulé Théories didactiques et analyse de manuels, nous avons constaté qu'il y a la carence des supports favorisant la compréhension orale et expression orale. C'est pourquoi nous nous sommes intéressés par le premier cycle de l'école fondamentale, c'est-à-dire la première et la deuxième année. Nous allons faire une enquête dans la Direction Communale de l'Éducation de NTAHANGWA pour deux raisons. Premièrement, c'est la question des moyens. Comme le master en didactique du français langue ètrangère est organisé par l'Université du Burundi et l'École Normale Supérieure situées dans la ville de Bujumbura, cela nous a obligé d'habiter dans l'une des communes de Bujumbura-mairie (Ntahangwa). Comme dans la Direction Communale de l'Éducation de NTAHANGWA il y a des institutions publiques et privées, de l'école maternelle jusqu'à l'Université, alors nous avons décidé d'y effectuer l'enquête car il est possible d'y trouver une population à enquêter. Le profit est d'utiliser le minimum de moyen possible. Deuxièmement et dernièrement, c'est une question du temps. En effet, nous avons commencé à rédiger notre mémoire dépuis la première année de notre master.

Cela pour dire qu'il étais question de suivre les autres cours et de rédiger en même temps. Alors pour ne pas gaspiller du temps en allant faire des recherches et l'enquête dans les provinces, nous avons décidé de le faire dans la Direction Communale de l'Éducation la plus proche possible. Ces deux raisons nous ont empêché d'avoir autre choix. Ce qui est très importent, c'est d'arriver aux résultats escomptés.

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4. Problématique

Au Burundi, l'utilisation de la langue française dans la communication n'est pas évidente chez les apprenants de l'école fondamentale en général, et chez les élèves de la 1?? et de la 2e année en particulier. La cause de cet état de fait n'est pas le manque de volonté de la part des écoliers mais elle est liée à une série de facteurs dont la mauvaise prononciation, le bagage lexical insuffisant, l'intonation qui laisse à désirer à quoi s'ajoute le degré bas de mémorisation. Dans ces conditions, beaucoup d'élèves suivent passivement les leçons portant sur le français qui est dispensé en classe. Nous avons donc réfléchi sur la manière que l'enseignant utilise pour enseigner le français au 1er cycle de l'ECOFO , qui se base essentiellement sur la pratique de l'oral par stimulation et répétition, l'enseignant est en situation qui lui permette de choisir des activités, à fonction récréative et ludique, autour des supports oraux, comme les chansons et les comptines, qui ont une place importante dans l'apprentissage du français parlé. Avant l'entrée à l'école, les chansons et les comptines créent un lien privilégié entre la mère et son enfant et ce lien se poursuit dans le cadre scolaire entre l'enseignant et l'écolier.

Elles plaisent parleur caractère ludique mais elles sont aussi un moyen pour les enfants, d'entrer dans le cadre de la mémorisation et l'apprentissage grâce à leurs caractéristiques: les sons, les rimes et le rythme musical. C'est dans cette optique que nous axons notre réflexion sur les questions de recherche formulées de la manière suivante :

1. L'utilisation des chansons et des comptines françaises favoriserait-elle l'apprentissage du français parlé chez les écoliers du 1er cycle de l'ECOFO ?

2. Est-ce que les chansons et les comptines françaises sont des supports convenables pour stimuler le développement langagier de l'écolier du1er cycle de l'ECOFO ?

5. Hypothèses

Partant du principe que l'apprentissage d'une langue nécessite généralement de prérequis, nous formulons les hypothèses suivantes :

1. Il est aisé, pour un élève du 1?? cycle de l'école fondamentale, d'apprendre le français sur la base des chansons et des comptines françaises.

2. Les chansons et les comptines françaises sont des catalyseurs du développement de la compétence expressive en français chez les écoliers 1er cycle de l'école fondamentale.

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6. Méthode de la recherche

Pour rédiger un travail scientifique, le chercheur doit se baser sur les recheches déjà faites. Il doit utiliser certaines méthodes utilisées par ses prédecesseurs si ces méthodes cadrent bien à son travail. ANTOINE Léon donne son avis en disant que (1977 : 38): « Le choix des téchniques dans la collecte des données est étroitement lié au phénomène étudié». C'est pour cette raison que nous allons consulter les ouvrages, les mémoires, les documents officiels, les dictionnaires, les encyclopédies, les sites internets (...) dans le but de trouver toutes les informations utiles pour notre recherche. Enfin, nous allons également effectuer une enquête pour collecter les données sur le terrain. Nous savons que les techniques que nous pouvons utiliser sont nombreuses mais elles ne sont pas profitables à même temps. Mais nous sommes obligé de choisir au moins une être elles qui va nous permettre de découvrir la place des chansons et des comptines dans l'apprentissage du français parlé au premier cycle de l'ECOFO dans le DCE Ntahangwa.

7. Articulation

Notre mémoire de fin d'étude de Mastère II est constitué de trois chapitres. Le premier chapitre concerne l'élucidation, description et critique autour des chansons et des comptines françaises. Le deuxième chapitre traite de la place des chansons et des comptines dans le développement de l'expression orale. Le troisième chapitre se borne sur la méthodologie de la recherche. Le quatrième et le dernier chapitre se focalise sur les résultats de l'enquête, analyse et l'interprétation. L'enquête sera effectué dans la Direction Communale de l'Éducation Nationale de NTAHANGWA dans le premier cycle de l'école fondamentale.

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CHAPITRE.I. ÉLUCIDATION, DESCRIPTION ET CRITIQUE AUTOUR DES CHANSONS ET DES COMPTINES FRANÇAISES

Dans ce chapitre, nous élucidons, nous décrivons et nous critiquons les termes clés du sujet à savoir les chansons et les comptines françaises. Il est également question de montrer l'origine, les définitions et les caracteristiques de ces termes clés.

I.1. Les acceptions des chansons et des comptines françaises

Les chansons et les comptines françaises sont des conceptes presques similaires. Une chanson ou une comptine est une oeuvre musicale composée d'un texte et d'une mélodie destinée à être interprétée par la voix humaine. Cette interprétation peut se faire avec accompagnement instrumental ( guitare, piano, sifflet, tambour ou battement de mains), ou sans instruments musicaux autrement-dit a cappella. Elle peut être une voix d'une personne ou de plusieurs personnes comme dans une chorale. Cependant, les comptines sont des chansons ou des formulettes enfantines amusantes, toujours rythmées mais qui peuvent être soit parlées, soit chantées ou soit encore recitées.

I.1.1. Origine des chansons françaises

Le terme chanson est très connu dans l'histoire de la littérature française, il y a longtemps. Les chansons sont liées au contexte social et culturel. Nous pouvons donner l'exemple des chansons traditionnelles. Voilà par exemple une énumération de ces chansons dites traditionnelles établies par Michel POUGEOISE (2006 : 97)

« Les reverdies « qui chantent le retour du printemps, les pastourelles (qui évoquent dans un cadre bucolique les amours des chevaliers et des bergères), les malmariées (qui racontent le chagrin de jeunes épouses(...)) les aubes (chansons d'aube ou albas, qui déplorent l'arrivée de l'aube annonçant le départ de l'amant) et les sérénades (composées en principe pour être jouée en plein air et la nuit sous les fenêtres de la Dame) (...). Cantilène, chant polyphonique à trois voix. »

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Nous ne voulons pas développer ces différentes sortes de chansons dans le présent travail car elles ne concernent pas les écoliers du premier cycle de l'école fondamentale. Il existe aussi d'autres chansons classiques qui se sont marquées dans la littérature française. Il s'agit de chanson de Roland (cette chanson relate l'histoire de Roland qui est le héros dans cette chanson. Il est également le neveu de Charlemagne le roi de la France), chanson satirique, chansons de trouvères (c'est un art qui nous renseigne sur ce que pouvait être les chansons populaire de XV siècle), chansons de chevalerie (ce sont des chansons produites par des chevaliers pour montrer leurs loyautés, leurs vaillances, etc.), chanson de geste (Une chanson de geste est destinée à être chantée devant le public large, populaire ou noble vers la fin du XI siècle. L'auteur de cette chanson est anonyme), etc. Chacune de ces chansons avait sa signification selon son objectif. En guise d'exemple, voilà comment Jean de Grouchy cité par Michel POUGEOISE (2006 : 96), définit la chanson de geste.

« Nous appelons chanson de geste un chant dans lequel sont rapportées les actions des héros et des oeuvres de nos ancêtres, de même que la vie et le martyre des saints ou les souffrances endurées par les figures de l'histoire pour la défense de la foi et de vérité (...). Il faut faire entendre ce genre de chansons aux personnes âgées, aux travailleurs et aux gens de condition modeste(...) afin qu'en apprenant les misères et les calamités des autres, ils supportent plus facilement les leurs. »

La compréhension de ces chansons ci-haut citées demande une certaine maturité. D'où, nous ne voulons pas les développer car elles ne peuvent pas être l'objet d'apprentissage pour les apprenants du 1?? cycle de l'école fondamentale au Burundi. Autrement-dit, elles sont compliquées par rapport à la connaissance des apprenants qui débutent leurs études. Nous nous sommes intéressés aux chansons qui peuvent améliorer la maîtrise du français de ces écoliers. C'est juste pour montrer qu'il existe plusieurs sortes des chansons traditionnelles ou classiques qui se sont marquées dans l'histoire de la littérature française. BERBER Chahineze s'exprime à propos de l'histoire de chansons dans l'enseignement en disant que (2016 : 24): « L'histoire de la chanson en classe du français langue étrangère, commence à la fin des années 50. A l'époque, l'interprétation des écrits littéraires était encore en mode dans les cours de langue. »

C'est par après que les experts ont commencé à faire des recheches pour étudier l'importance des chansons dans l'enseignement du français langue étrangère. Et ils ont fini par les intégrer dans enseignement- apprentissage.

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I.1.2. Origine des comptines françaises

Il est tellement difficile de définir les comptines françaises. Ces dernières appartiennent au patrimoine oral. Auparavant, elles se transmettaient de bouche à l'oreille, de génération en génération et de parent à l'enfant. Ce dernier jouait un rôle remarquable dans la survie des comptines car il gardait jalousement les comptines chantées par ses parents ou ses ainés au moment où ils sont en train de le consoler. Devenu adulte, il les récitait à ses descendants, c'est les mères qui chantent pour calmer leurs enfants.

Auparavant, les comptines étaient donc utilisées comme des berceuses qui sont déstinées à consoler les enfants en train de pleurer ou voulant dormir. Les comptines ont été introduites dans l'enseignement petit à petit après avoir découvert leurs avantages.

Comme TAIBI Saida le dit (2019 : 7), « En France dans les années 1922, le mot comptine apparait dans le dictionnaire français, qui est défini comme formule primordiale dans l'enseignement maternel et primaire. Entre 1931 et 1932, les comptines apprises par les enfants ou leurs parents ou encore par leurs grands-parents, ont été collectées et copiées dans les manuels de l'enseignement public.»

La présence des comptines est observable même dans les manuels scolaires de l'école fondamentale au Burundi même si le nombre est minime.

I.1.3. Définition des chansons et des comptines françaises

Une chanson peut être définie comme un texte mis en musique. Elle est constituée par des couplets ou par des strophes. Elle peut avoir aussi un refrain. Plusieurs auteurs ont proposé des définitions mais retenons certains entre eux. BERBER Chahineze (2016 : 24), définit une chanson de cette manière, « La chanson est avant tout un genre mixte. Il s'agit d'un texte écrit destiné à être chanté et souvent intégré à une structure musicale. La chanson fait partie intégrante de la vie de tout un chacun. » Nous ne sommes pas satisfait avec cette définition c'est pourquoi nous voulons observer les propos des autres écrivains.

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Voilà Michel JARRETY (2001:124) définit la chanson de sa manière, lui le fait en trois définitions

« 1) chanson: air fixé par des paroles

2) air : composition musicale facilement fredonnable, donc doublement brève (limitée par la mémorisation et par la soufle)

3) chanson vivante ou organique: chanson interprétée, liée à l'air et à la vie, instantanée ou suite d'instantanés dans le temps mesuré. »

À la lumière de ces trois définitions, nous comprenons qu'une chanson est composée par les paroles et la musique. Une chanson est limitée dans le temps car elle peut durer quelques minutes.

Il y a également une différence entre les définitions déjà citées et la définition de Michel POUGEOISE (2006 : 95), pour lui, « Au sens le plus commun et le plus large, la chanson est un texte simple écrit dans un registre de langue populaire ou familier, mis en musique et, naturellement, destiné - comme son nom l'indique - à être chanté. »

À la lumière de cette définition, nous déduisons qu'une chanson est un document authentique qui parle de la vie quotidienne. En plus des connaissances livresques, les écoliers trouvent l'occasion de les mettre en pratique en chantant des chansons parlant d'autres réalités non apprises en classe.

Étymologiquement, le mot « comptine » vient du mot latin computare qui signifie compter. Elle est définie comme une chanson ou une formulette qui sert à dénombrer ou calculer pour les petits enfants. Il est tellement difficile que tous les auteurs convergent sur une même définition. Selon ISABELLE Jeuge-Maynart (2011 : 231), la comptine est définie comme une « Chanson que chantent les enfants pour désigner, en comptant les syllabes, celui qui devra sortir du jeu, courir après les autres, etc.» Une comptine est alors une particuralité d'une chanson. Mais il arrive que aussi qu'elles soient assimulées aux autres activités. Nous constatons par exemple qu'elles facilitent à l'enseignant d'attribuer certaines tâches aux apprenants. Cela est facile surtout s'il s'agit de compter les chiffres ou les syllables. Paul ROBERT (2010 : 492), définit une comptine en disant que c'est une « formule enfatine (chantée ou parlée) servant à désigner celui ou celle à qui sera attribué un rôle particulier dans un jeu. »

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Cette fois-ci, nous constatons une ressemblance entre les deux premières définitions données par Isabelle et Paul. Cette ressemblance concerne surtout le fait que les comptines sont déstinées aux enfants. Nous pouvons alors dire que les comptines sont des chansons enfatines. Après les deux auteurs, Michel POUGEOISE (2006 : 113) donne une autre définition qui montre qu'une comptine joue beaucoup d'importence sur les activités ludiques. Pour lui, une comptine est un : « Petit texte ludique récité par des enfants qui, en détachant chaque syllabe et en comptant (...), désigent celui d'entre eux qui devra quitter la ronde ou jouer un rôle déterminé dans leur jeu. L'énonce de ces déclamations n'a généralement pas de sens. Sa fonction est purement rythmique et le plaisir vient précisement de ce signifiant (répétitions phoniques sans significations), scandé comme par exemple, dans cette comptine très connue: am stram, gram, piké, piké, kollé, bouré, bouré, nattatam, am, stram, gram. »

Bref, une comptine est un mode de diction, un point de rencontre entre le langage verbal et le langage musical. Elle se dit ou se chante sur un rythme, souvent accompagné d'une mélodie ; chaque syllabe orale est prononcée. Après avoir donné les définitions des chansons et des comptines passons à la description de ces dernières.

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"Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit."   La Rochefoucault