II. 4.1. Niveau psycho-physiologique
Au niveau psycho-physiologique, quand on fait des travaux durs
au Burundi, on aime souvent travailler tout en chantant. On dit que c'est une
animation. Autrement dit, les chansons sont agréables et plaisantes
même quand on est dans la situation de fatigue ou de stress. De
même, les apprenants peuvent se servir des chansons et des comptines pour
plusieurs activités comme par exemple dans l'exercice de prononciation,
de nasalisation et dans le sport.
Les chansons jouent un rôle fondamental dans la
formation de la mémoire à long terme. Cela est très
important car les apprenants ont besoin d'enregistrer des mots, des expressions
couramment utilisés dans la communication. La synchronisation des gestes
avec les paroles et le rythme permet le développement des notions
numériques et temporelles. On pourra d'ailleurs les utiliser afin de
rythmer la journée, la semaine, le mois et ainsi de donner des
repères à l'écolier. En guise d'exemple, nous pouvons
prendre une comptine qui relate les différentes périodes à
savoir l'année, le mois, la semaine, etc. C'est une comptine de Monique
CAYROL et Michèle PAJEAN (1997 : 25), « Dans une année,
il y a quoi ? ». le contenu de cette dernière se trouve dans
le corpus des comptines au numéro 11.
Il faut également connaître que les comptines
peuvent être mimées. Les écoliers peuvent même
associer des gestes précis à chaque mot ou son. Grâce
à ces genres de comptines contenant les gestes, nous comprenons que les
apprenants trouvent l'occasion d'apprendre comment se comporter surtout quand
ils sont en train de communiquer avec leurs condisciples ou autres personnes.
Ils se rappellent effectivement des gestes effectués lors de
l'apprentissage des chansons et comptines françaises. En analysant
l'extrait d'une chanson de Marie-Claire BRULEY (2016 :7), « Mes
petites mains bougent», nous trouvons que les apprenants ont la
tâche de gesticuler en tapant bien sûr les mains tout en respectant
le lieu parlé dans cette comptine, c'est-à-dire en haut, en bas,
etc. Le contenu de cette comptine se trouve dans le corpus des comptines
numéro 12.
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II. 4.2. Niveau langagier
Au niveau langagier, les apprenants qui ont
déjà acquis ce comportement de chanter en classe, c'est
agréable pour eux de parler les mots qu'ils utilisent souvent dans leurs
chansons. Ils les répètent aisément sans
hésitation. Ils essayent de respecter également les expressions
se trouvant dans leurs chansons et comptines. Ces dernières permettent
aux apprenants de mémoriser le plus rapidement possible (les
vocabulaires, les expressions etc.), de jouer des jeux de rôle en classe,
de continuer à étudier même en dehors de la classe car pour
plusieurs personnes, chanter c'est se distraire. En chantant, les
écoliers améliorent la façon de dire, d'articuler et de
faire l'intonation de la langue. Nous ne pouvons pas oublier de dire que les
chansons et les comptines développent la voix de l'écolier. Ce
qu'il lui permet de s'estimer avec les camarades de classes et à
maîtriser sa parole.Elles permettent également aux très
jeunes apprenants (premier cycle de l'école fondamentale) d'être
sensibles aux rythmes et aux sons de la langue enseignée. Elles leur
permettent d'améliorer la prononciation et l'articulation, par exemple
dans des suites de consonnes qui se ressemblent beaucoup. Les chansons et les
comptines par leur caractère rythmé ou leur drôlerie
permettent cette prise de conscience. L'organisation rythmique des rimes aide
au traitement cognitif du langage. Ces activités servent à faire
entendre à l'apprenant que dans le flux de parole, il y a des coupures,
des oppositions, etc.
En guise d'exemple, nous trouvons qu'il y a beaucoup de
facilités de mémoriser les jours de la semaine lorsqu'on a mis
les -di à la fin des phrases sauf dimanche qui termine
par - che et cela ne cause pas de problème, et
d'ailleurs ce jour se situe à la fin de la semaine.
Voilà une comptine proposée par Ministère
de l'enseignement primaire et secondaire, qui le montre bien. « Bonjour
madame Lundi » (1989 : 81). Le contenu de comptine se situe dans le corpus
des chansons et des comptines au numéro 13.
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II.4.3. Niveau socio-affectif
Au niveau socio-affectif, les apprenants forment un groupe
social au moment où ils chantent. Ils forment ces groupes car il y a des
chansons qui nécessitent d'être chantées étant
ensemble avec les autres apprenants surtout pour faire une harmonie des voix.
Les apprenants se sentent à l'aise comme s'ils sont chez eux. Ils
développent l'esprit de travailler étant en équipe.
Au début de l'année, pour les écoliers
timides, c'est très difficile de suivre une leçon. Mais les
chansons peuvent faciliter la tâche de l'enseignant dans le but de
socialiser tous les apprenants. Petit à petit, les écoliers se
connaissent, les écoliers qui sont peureux deviennent meilleurs. A
propos de cela, Céline CABRÉ (2011:10) écrit ceci : «
Les cours se veulent ludiques et dynamiques ; l'enfant est actif et
totalement impliqué. Il utilise toutes ses ressources : voix, langage,
chant, corps, expression corporelle. Le travail à partir de comptines ou
de poésies permet de mettre en évidence l'aspect sonore et
expressif des mots. L'écoute musicale est active (jeu, association de
geste..) et permet de travailler la différenciation des
paramètres du son. » Les chansons et comptines peuvent
permettre des moments de plaisir partagé entre les apprenants et
d'attention conjointe entre les apprenants et l'enseignant. Elles
présentent également un aspect très sécurisant car
elles sont courtes et donc faciles à apprendre et parce qu'elles sont
souvent transmises par une personne à laquelle l'enfant est
attaché.
On constate aussi un rôle socialisant car elles fixent
des règles suivies par tous et facilement applicables. Ce qui permet une
intégration rapide et simplifiée aux apprenants. Voilà,
par exemple cette comptine de Dino GONCALVES et Marianne LAMBERT (2007 : 4),
« Un Cerf » se trouvant au numéro 14 dans le corpus
des comptines.
Enfin, les comptines présentent de nombreux
intérêts auxquels on peut ajouter le fait qu'elles
développent la créativité. De plus, leur caractère
ludique en fait un support particulièrement intéressant pour
l'éducation des apprenants.
En introduisant une chanson dans une classe où les
apprenants parlent une autre langue que la langue enseignée, les
écoliers s'amusent en chantant cette langue. Plus ils chantent, plus ils
s'améliorent linguistiquement et culturement. Personne ne peut dire
qu'il connaît une langue alors qu'elle ignore la culture que
véhicule cette langue.
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Sihem BOUNDAOUI et Dyhia BOUNOUAR expliquent cela dans ces
termes (2017 : 21)
« Apprendre une langue ne se limite pas aujourd'hui
aux méthodes et moyens traditionnels, par exemple les textes des grands
auteurs classiques. On recourt aujourd'hui à d'autres supports comme
(...) les chansons, etc. C'est un document authentique, c'est-à-dire non
conçu à l'origine pour l'enseignement/apprentissage. Si on
l'exploite en classe de langue aujourd'hui, c'est parce que justement il permet
d'établir un lien avec la culture de l'autre dans toute sa
diversité, comme nous l'avons souligné. La chanson est mieux
recommandée pour jouer ce rôle. »
Grâce à cette idée, nous pouvons
déduire que les chansons et les comptines peuvent contribuer non pas
pour se distraire ou lutter contre les stress mais plutôt apprendre
à l'écolier comment se comporter dans une situation quelconque.
Il y a plusieurs types des chansons et des comptines comme nous avons vu dans
le premier chapitre.
Chaque chanson ou comptine aborde un thème
donné. Cela dit que celui qui chante doit s'efforcer de vivre la
situation. En effectuant des gestes qui conviennent. S'il le fait comme il
faut, c'est déjà un atout dans sa communication.
Nous pouvons aussi souligner l'importance des chansons et des
comptines dans le développement de l'écoute. Les écoliers
ont l'obligation d'abord d'écouter l'enseignant lorsqu'il commence
à chanter et après, c'est leurs tours. Sandrine BELLOT (2001 : 9)
s'exprime en disant : « Écouter, c'est comparer. L'enfant peut,
lors d'une écoute ou d'une réécoute, comparer la
production du maître avec la sienne et se corriger. Le rôle du
maître et de la qualité de sa prononciation jouent donc un
rôle primordial. Il faut souligner la difficulté pour les
enseignants de chanter seul devant la classe. Le magnétophone peut
être un excellent instrument de transition. »
Les écoliers font le tout possible pour imiter
l'enseignant qui est considéré comme modèle. Ils vont
également écouter les camarades de classe pour juste se comparer.
S'ils trouvent qu'il y a des problèmes, ils doivent fournir d'efforts
pour se rattraper. Les apprenants doivent aussi écouter leurs voix. Ce
qui augmente leur niveau d'estime et leur permet découvrir qu'ils sont
semblables.
Nous venons de voir les avantages des chansons et des
comptines dans l'enseignement du français surtout au
psycho-physiologique, langagier et socio-affectif. Tout n'est pas parfait,
alors nous allons voir les différents obstacles.
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II.5. Les obstacles de l'utilisation des chansons et
des comptines à l'école fondamentale Après avoir
observé les manuels scolaires du 1?? cycle de l'ECOFO publique et
privée au Burundi, nous constatons que c'est uniquement dans la
première année de l'école fondamentale publique où
les concepteurs ont mentionnée la méthodologie à utiliser
pour enseigner les chansons et les comptines. Cependant, il y a des
méthodes et des stratégies d'enseigner d'autres matières
se trouvant dans ces mêmes manuels surtout les manuels de
l'enseignant.
L'apprentissage des chansons et des comptines connaît
plusieurs obstacles. Nous pouvons citer trois catégories, d'abord les
obstacles du côté des matériels didactiques, ensuite du
côté de l'élève et enfin du côté de
l'enseignant.
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