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Les difficultes de la production ecrite chez les eleves de la troisieme annee du college: diagnostic et pistes de remediation dans une classe de français


par Hamza Mangla
CRMEF El Jadida -  2026
  

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4.2. Les étapes de la recherche

La recherche s'est déroulée selon une progression logique selon les étapes suivantes :

Observation du terrain ; pendant le stage repérage des difficultés récurrentes en production écrite chez les élèves de 3ème A.S.C.

Formulation de la problématique : Délimitation de l'objet de recherche autour des difficultés rédactionnelles en FLE.

Élaboration et administration des outils : Conception et passation du questionnaire élèves, diffusion du questionnaire enseignants, recueil de productions écrites.

Analyse des données recueillies : Dépouillement, traitement statistique simple, analyse qualitative des copies et triangulation des résultats.

Conception d'un dispositif de remédiation : Élaboration d'un atelier d'écriture adapté aux besoins diagnostiqués.

Mise en oeuvre et évaluation : Réalisation de la séance de remédiation et observation de ses effets.

5. Analyse des donnés

5.1. Analyse du questionnaire destiné aux élèves

Le questionnaire destiné aux élèves a été administré le 12 avril 2026, sur support papier,

en classe. Il s'agit d'un questionnaire semi-fermé composé de 10 questions et rempli en 30 minutes. Les élèves ont répondu avec accompagnement partiel, dans la mesure où les questions leur ont été expliquées oralement afin de faciliter leur compréhension.

Ce questionnaire visait à recueillir des informations sur leur profil, leur rapport au français, leur perception de la production écrite, les difficultés qu'ils déclarent rencontrer, leurs habitudes de lecture et d'exposition au français ainsi que les solutions qu'ils jugent utiles pour progresser.

31

Profil des répondants

34 Denzin, N. K. et Lincoln, V. S. (2005). The Sage handbook of qualitative research (3e éd.). Thousand Oaks, CA : Sage, p. 5.

a) Répartition selon le sexe

La classe est composée de 13 garçons (52 %) et 12 filles (48 %), soit une répartition quasi équilibrée qui garantit l'absence de biais lié au genre dans l'analyse des résultats. Cette homogénéité permet, le cas échéant, d'envisager des comparaisons selon le sexe, même si la taille réduite de l'échantillon invite à la prudence dans ce type d'analyse.

b) Répartition selon l'âge

Âge

Effectif

Pourcentage

Interprétation

13 ans

0

0 %

Aucun élève

14 ans

3

12 %

Minorité, parcours scolaire régulier

15 ans

9

36 %

Âge correspondant à la norme

Plus de 15

13

52 %

Majorité, possibles redoublements

Total

25

100 %

88 % ont 15 ans ou plus

La prédominance des élèves de 15 ans et plus (88 %) confirme le profil d'une classe dont la majorité des apprenants est en âge normal ou légèrement en retard par rapport aux normes du système éducatif marocain. La proportion élevée d'élèves de plus de 15 ans (52 %) peut être mise en relation avec des parcours scolaires ponctués de difficultés, voire de redoublements, ce qui constitue un facteur aggravant dans l'accumulation de lacunes en français.

Rapport à la langue française

a) Attitude envers le français (Q3)

Réponse

Effectif

Pourcentage

Oui

20

80 %

Non

5

20 %

Total

25

100 %

Une majorité significative (80 %) déclare aimer la langue française. Ce résultat, loin d'être anodin, revêt une importance capitale pour notre recherche-action : il signifie que les difficultés observées en production écrite ne sont pas la conséquence d'un rejet affectif de la langue, mais relèvent d'obstacles d'ordre linguistique, méthodologique ou cognitif. La motivation intrinsèque de ces élèves constitue un levier pédagogique précieux sur lequel le dispositif de remédiation peut s'appuyer.

Les 5 élèves (20 %) déclarant ne pas aimer le français forment un sous-groupe à risque. L'examen des données individuelles (cf. Annexe 1) révèle que ces élèves cumulent systématiquement un auto-positionnement « Faible », une absence totale de lecture extrascolaire et un recours prioritaire à la traduction. Ce profil convergent suggère un cercle vicieux où le désamour pour la langue renforce les difficultés, lesquelles alimentent à leur tour le désintérêt.

b) Activité préférée en français (Q4)

Activité

Effectif

Pourcentage

Lecture

5

20 %

Production écrite

3

12 %

Langue (grammaire)

2

8 %

Expression orale

2

8 %

Non réponse / Incohérent

13

52 %

Total

25

100 %

La lecture apparaît comme l'activité la plus appréciée (20 %), ce qui est encourageant dans la perspective de notre remédiation : les activités de lecture peuvent servir de passerelle vers l'écriture. La production écrite, en revanche, ne recueille que 12 % des préférences, confirmant le constat théorique selon lequel l'écrit est souvent perçu comme l'activité la plus astreignante et la moins attrayante.

Le taux de non-réponses ou de réponses incohérentes (52 %) constitue une limite méthodologique qu'il convient de signaler. Plusieurs hypothèses peuvent l'expliquer : difficulté de compréhension de la question malgré les explications orales, hésitation entre plusieurs réponses, ou absence de préférence marquée. Ce constat invite à la prudence dans l'exploitation de cette question et suggère que, pour une future recherche, la formulation pourrait être simplifiée ou accompagnée d'exemples concrets.

Perception de la production écrite

a) Importance de la production écrite (Q5)

Réponse

Effectif

Pourcentage

Oui

22

88 %

Non

3

12 %

Total

25

100 %

Ce résultat confirme et renforce le constat précédent : la quasi-totalité des élèves (88 %) reconnaît l'importance de la production écrite dans leur apprentissage. Le croisement avec la Q4 met en lumière un paradoxe pédagogique fondamental : les élèves savent que l'écrit est important mais ne l'apprécient pas. Ce décalage entre importance perçue et plaisir éprouvé constitue un enjeu central de notre remédiation, qui devra viser non seulement l'amélioration des compétences, mais aussi la réconciliation de l'apprenant avec l'acte d'écrire.

b) Auto-évaluation du niveau (Q6)

Niveau

Effectif

Pourcentage

Très bon

3

12 %

Bon

8

32 %

Moyen

10

40 %

Faible

4

16 %

Total

25

100 %

L'auto-évaluation dessine un tableau contrasté : si 44 % des élèves s'estiment « bons » ou « très bons », 56 % se positionnent au niveau « moyen » ou « faible ». Le niveau « moyen » domine (40 %), formant un groupe pivot qui pourrait basculer positivement ou négativement selon la qualité de l'accompagnement pédagogique.

Ce résultat, mis en regard du jugement des enseignants (62,9 % évaluent le niveau comme « faible »), révèle un décalage de perception significatif : les élèves tendent à surévaluer leurs compétences. Ce phénomène, bien documenté dans la littérature (effet Dunning-Kruger), souligne la nécessité de développer les capacités d'auto-évaluation chez les apprenants, ce que notre dispositif intégrera à travers l'utilisation de grilles d'auto-évaluation.

a) Lecture en français hors de l'école (Q8)

Fréquence

Effectif

Pourcentage

Régulièrement

3

12 %

Parfois

 

4

16 %

Rarement

9

36 %

Jamais

9

36 %

Total

25

100 %

Ce résultat est alarmant : 72 % des élèves lisent rarement ou jamais en français en dehors de l'école. L'exposition à la langue écrite se trouve ainsi cantonnée aux seules heures de cours, ce qui est notoirement insuffisant pour développer les compétences lexicales, syntaxiques et orthographiques nécessaires à la production écrite. L'absence de bibliothèque au sein de l'établissement aggrave cette situation en privant les élèves d'un point d'accès potentiel aux ouvrages en français.

Les conséquences de cette sous-exposition à l'écrit sont multiples et documentées dans la littérature didactique :

· Pauvreté lexicale : les élèves acquièrent moins de vocabulaire par imprégnation ;

· Faible maîtrise syntaxique : ils s'exposent moins aux structures phrastiques du français

· Difficultés orthographiques : l'absence d'imprégnation visuelle des mots entrave la

mémorisation ;

· Manque de modèles d'écriture : ils ne disposent pas de références textuelles pour

structurer leurs propres productions.

Le croisement avec les données individuelles confirme que les 3 élèves lecteurs réguliers s'auto-évaluent tous à un niveau « Bon » ou « Très bon », tandis que les 9 élèves ne lisant jamais se positionnent majoritairement au niveau « Faible ». Cette corrélation, bien que portant sur un petit échantillon, conforte le lien entre lecture et compétence rédactionnelle.

B) Solutions proposées par les élèves (Q10)

Les solutions proposées par les élèves révèlent une conscience

métacognitive encourageante : ils identifient des stratégies pertinentes et les relient intuitivement à leurs difficultés. La traduction en tête (64 %) traduit un besoin de sécurisation linguistique face à l'insécurité ressentie. Les corrections expliquées (60 %) expriment une demande de feedback formatif. Les lectures (56 %) et les exercices (52 %) manifestent une volonté de pratique et d'exposition accrues.

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