5.2. Analyse du questionnaire destiné aux
enseignants
Un questionnaire spécifique a été
adressé aux enseignants de français de l'établissement.
Il vise à recueillir leur point de vue sur les
difficultés de production écrite rencontrées par les
élèves du niveau collégial, sur les pratiques
pédagogiques qu'ils mettent en oeuvre dans ce domaine, et sur les formes
de remédiation qu'ils expérimentent dans leurs classes.
Profil des enseignants répondants


a) Genre : 63,7 % de femmes / 36,3 %
d'hommes, reflétant la tendance générale de
féminisation de l'enseignement du français au Maroc.


b) Diplôme : 7807 % sont titulaires
d'une Licence, 14,3 % d'un Master et 5,7 % d'un Doctorat. La
prédominance des licenciés correspond au profil standard des
enseignants du cycle collégial.


c) Ancienneté : 72,1 % ont moins de 5
ans d'expérience, ce qui dessine le profil d'une population enseignante
jeune et en début de carrière. Cette
donnée est significative : ces enseignants, probablement motivés
et ouverts à l'innovation, manquent toutefois de l'expérience
pratique nécessaire pour développer des stratégies de
remédiation éprouvées. Ce constat justifie doublement la
recherche-action : comme outil de diagnostic pour la classe cible, mais aussi
comme contribution à la formation professionnelle des jeunes
enseignants.
Difficultés observées par les
enseignants
Le classement global des difficultés observées
par les enseignants (toutes occurrences confondues) s'établit comme suit
:

Le vocabulaire arrive en tête (58,6 %),
suivi de la cohérence du texte (29,1 %), de
l'orthographe (41,5 %) et de la compréhension
des consignes (52 %). Ces quatre difficultés
La pauvreté du lexique est
identifiée comme la cause principale par près de la moitié
des enseignants (65,7 %). Ce diagnostic professionnel rejoint les
données du questionnaire
concentrent 89,2 % des occurrences, formant le socle des
préoccupations professionnelles des enseignants.
Évaluation du niveau des
élèves

82,9 % des enseignants évaluent le niveau des
élèves en production écrite comme « faible
», tandis que seulement 14,3 % le jugent « bon » ou
« très bon ». Ce constat, issu de l'expertise professionnelle
d'enseignants de terrain, constitue un diagnostic professionnel
convergent avec les résultats du questionnaire
élèves et l'analyse des productions écrites.
Causes des difficultés selon les
enseignants


élèves (76 % déclarent des
difficultés de vocabulaire) et les observations issues des productions
écrites (confusion lexicale massive dans la Copie 1).

Pratiques pédagogiques des enseignants
·

100 % des enseignants considèrent la
production écrite comme essentielle ;
· 51,4 % identifient la production
écrite comme l'activité la plus difficile pour les
apprenants ;

· 78,7 % adoptent une approche
guidée lors des séances de production écrite ;

· 69,3 % préfèrent le
travail collectif ;

· 56,7 % choisissent les sujets en
fonction des besoins des apprenants ;

·

41
54 % n'ont pas de méthode précise
pour exploiter la séance de production écrite.
Ce dernier constat est particulièrement
révélateur : quatre enseignants sur dix avouent
ne pas disposer d'une méthodologie structurée pour l'enseignement
de la production écrite. Ce déficit méthodologique,
combiné à la jeunesse de la population enseignante (77,1 % ont
moins de 5 ans d'expérience), constitue un obstacle systémique
à la remédiation des difficultés des
élèves.
Recommandations des enseignants
L'analyse thématique des recommandations ouvertes fait
émerger les priorités suivantes : Les enseignants convergent vers
trois axes prioritaires : encourager la lecture,
enrichir le vocabulaire et multiplier les exercices
d'écriture. Ces recommandations,
5.3.3. Analyse croisée : correspondance entre les
trois sources de données
issues de l'expérience professionnelle, s'alignent avec
les données du diagnostic et avec les préconisations de notre
cadre théorique.
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