I.2.2.2. Origine de la fatigue musculaire
Le but ici n'est pas de décrire
précisément la physiologie du muscle squelettique
maisd'éclaircir les origines de la fatigue musculaire. Une
épreuve physique implique la répétition de contractions
musculaires, qui elles-mêmes nécessitent le recrutement (par
l'intermédiaire des unités motrices) de fibres musculaires de
type I ou de type II. Chaque fibre possède des milliers de
sarcomères, et c'est l'hydrolyse de l'adénosine triphosphate
(ATP) qui permet le glissement des filaments d'actine sur les filaments de
myosine, impliquant le raccourcissement du sarcomère et la contraction
concentrique à l'échelle du muscle (Marieb, 2005). Etant
donné que l'ATP est la seule source d'énergie qui alimente
directement la contraction, ildoit être
régénéré au fur et à mesure qu'il est
utilisé afin que la contraction puisse se poursuivre. La réserve
emmagasinée dans le muscle permet de tenir une contraction maximum 4
à 6 secondes.
Il existe 3 voies de régénération de
l'ATP, qui seront mises en place en fonction de l'intensité et de la
durée de la contraction :
- Voie anaérobie alactique (créatine phosphate +
ADP= ATP + créatine) ;
- Voie anaérobie lactique (source d'énergie
glucose et production ATP et acide lactique) ;
- Voie aérobique (source énergie : glucose,
acide pyruvique, acide gras, acides aminés et oxygène).
La consommation des substrats et l'apparition des produits du
catabolisme lors des filières de restauration impliquent des changements
de l'homéostasie musculaire. Couplé aux contraintes
mécaniques de l'exercice, des signes de fatigues vont apparaitre par les
phénomènes tel que :
· L'acidose qui est une diminution du pH physiologique en
dessous de 7,38 (norme entre 7,38 et 7,42). Abaissement du pH dû à
la présence excessive de lactate et d'ions H+ ;
· Des microlésions qui peuvent être
d'origine métabolique (activation protéase etphospholypase par
insuffisance de respiration mitochondriale) ou d'origine mécanique
(exercice excentrique par exemple), ces microlésions vont apporter des
médiateurs de l'inflammation (bradykinine, prostaglandine, etc), et
engendrer une élévation de la température et un
oedème provoquant une augmentation de la pression intramusculaire. Ces
phénomènes inflammatoires sont à l'origine des douleurs
« d'apparition retardée » appelées aussi DOMS (Delayed
Onset Muscle Soreness) ou « courbatures » dans le langage courant.
I.2.2.3. Intérêt de
la récupération
La seconde partie du XXème siècle a vu
naître de nombreuses publications de travaux sur les effets de charge
mais également sur la fatigue, le surentrainement et les méthodes
de récupération. Pavlov a été le premier à
souligner dès 1927 que « travail et repos font partie d'une
même unité d'entrainement ». La charge et la
récupération sont imbriquées, l'une ne va pas sans
l'autre. Michel Dufour parle d'un immense puzzle où toutes les
pièces doivent être présentes, peu importe la taille ou la
disposition de la pièce, elle aura son importance dans la performance
finale « La qualité et la quantité de celle-ci dictent la
cinétique du progrès » (Dufour, 2011). Hausswirth, directeur
de recherche à l'INSEP, explique que l'amélioration de la
récupération permet une adaptation plus facile aux charges
d'entrainements, diminution de risque de surcharges, réduction des
risques de blessures et une amélioration de la répétition
des performances (Hausswirth, 2010).
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