I.2.2.5. Les stratégies de
récupération
La récupération est la période suivant
l'activité et qui s'achève lorsque le sujet est capable
d'atteindre, voire dépasser, sa performance de référence
dans une activité particulière (Bishop etal., 2008).
Nous avons étudié les stratégies susceptibles
d'accélérer la récupération des sportifs de haut
niveau, c'est-à-dire les stratégies nutritionnelles, l'immersion
en eau froide, le sommeil, la récupération active, les
étirements, les bas de compression, les massages et
l'électrostimulation, les plantes médicinales
(Nédélec et al., 2013). Les stratégies
nutritionnelles, le sommeil et l'immersion en eau froide sont efficaces afin de
limiter les mécanismes de fatigue, et ainsi retrouver plus rapidement un
niveau de performance de référence ; par contre,
l'évidence scientifique des autres stratégies citées afin
d'accélérer le retour à un niveau de performance de
référence est limitée (Nédélec et
al., 2013). En utilisant une méthode initialement
créée pour la prescription de médicaments (Harbour et
Miller, 2001), et aujourd'hui adaptée aux sciences du sport (Ardern
et al., 2019 ; McCall et al., 2016), nous sommes en
mesure de recommander ces trois stratégies de récupération
sur la base du niveau d'évidence scientifique dans la
littérature, de la connaissance et de l'expérience issues du
terrain. Venter a montré, au sein d'un échantillon de 890 joueurs
de sports collectifs, que le sommeil est considéré comme une
stratégie de récupération importante par tous les joueurs,
indépendamment du sexe, du type de sport ou du niveau de pratique
(Venter, 2014). Le sommeil comme stratégie de récupération
efficace fait consensus chez les praticiens et chez les sportifs, quelle que
soit leur discipline.
I.2.2.6. Évaluation de l'endurance et de la
récupération
I.2.2.6.1. Tests d'évaluation indirecte du VO2 max
Compte tenu des différents inconvénients
liés à la mesure directe, de nombreux auteurs (Astrand et
Rhyming, 1954 ; Balke, 1960) ; Léger et Boucher,1980) ont
développé des techniques permettant de mesurer d'une
manière indirecte la puissance aérobie du sujet. Ces techniques
présentent les principaux avantages suivants : la durée du
test est généralement plus courte que celle des tests de mesure
directe ; les tests sont relativement peu coûteux, l'équipement
est simple, certains tests s'adaptent à des évaluations de
groupe.
Les prédictions du VO2max, à partir
d'épreuves indirectes, sont généralement basées sur
les interrelations existantes entre le VO2max et d'autres variables
plus aisément mesurables telles que la FC et la puissance de l'exercice.
Les épreuves destinées à l'estimation
indirecte du VO2max peuvent être subdivisées en
épreuves maximales et épreuves sous-maximales. Toutefois ces
épreuves possèdent, à des degrés divers, les
mêmes sources d'imprécision : l'incertitude sur le coût
énergétique individuel de l'exercice est la principale source
d'erreur, la participation plus ou moins importante du métabolisme
anaérobie est une deuxième source d'imprécision de la
prédiction de VO2 max dans les tests réalisés un exercice
maximal, l'incertitude sur la fréquence cardiaque maximale dans le cas
des tests sous-maximaux, l'incertitude sur le caractère maximal de
l'exercice chez des sujets peu motivés dans le cas des épreuves
indirectes maximales.
Ces épreuves peuvent être maximales et
présenter les limites et les risques d'administration, tels que ceux des
épreuves directes. Dans ce cas, l'estimation du VO2max se
base essentiellement sur la relation établie entre le VO2max
et la puissance maximale supportée par le sujet (Tornvall, 1963). Elles
peuvent être sous-maximales et utilisent la relation qui existe entre
VO2max et FC pour une charge donnée, ou entre
VO2max et puissance pour une fréquence cardiaque
donnée, ou utilisent l'extrapolation linéaire de
VO2max à partir de la relation VO2-FC,
jusqu'à la fréquence cardiaque maximale théorique. Chaque
type d'épreuve est accompagné de l'équation
établissant la liaison entre le VO2max et la FC ou charge de
travail, à défaut de l'existence d'un nomogramme de
prédiction du VO2max. Ces tests présentent l'avantage
d'être faciles. Davies (1968), Maritz et al. (1961), Rowell
et al. (1964), Wyndham (1967) revoient la théorie et les
suppositions sousjacentes des tests sous-maximaux. Ceux-ci comportent des
failles. L'erreur aléatoire de ces tests, de l'ordre de 10 à 20%,
et même l'erreur systématique de certains tests, les rendent plus
ou moins valides pour prédire le VO2max d'un individu.
Certains de ces tests (Astrand- Rhyming et Physitest) présentent
l'avantage d'offrir de nombreuses données normatives. Les
épreuves de Ruffier et Dickson, Schneider, Tuttle, Lian, Martin et
Master, sont en général basées sur des paramètres
de récupération après effort (fréquence cardiaque
ou pression sanguine). Ces tests sont très peu valides et peu
fidèles et ils sont désormais délaissés au profit
des tests dynamiques.
La puissance aérobie peut-être également
appréciée à partir de la puissance correspondant à
une fréquence cardiaque de 170 batt/min (Wahlund, 1948). En effet,
l'adaptation d'un sujet à un effort sous-maximal est souvent
évaluée par la recherche de la puissance de travail que peut
effectuer un sujet lorsque sa fréquence cardiaque est égale
à 170 batt/min. Cette puissance est appelée Physical Work
Capacity (PWC 170). La puissance développée pour une
fréquence cardiaque égale à 170 batt/min , peut être
un témoin de la puissance aérobie d'un sujet (Crielaard et
Pirnay, 1985), elle correspond à un pourcentage élevé de
la PMA, laquelle varie selon l'âge, le sexe, le niveau et le type de
pratique sportive (Âstrand et Rodahl , 1980).
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