I.2.2.6.2. Épreuves d'évaluation du VO2max sur
le terrain
L'inconvénient majeur des techniques de laboratoire est
qu'elles se déroulent dans des conditions plus ou moins
éloignées de la situation du terrain. De ce fait, les
informations qui en découlent ont un intérêt pratique
limité pour les entraîneurs et les athlètes. Elles peuvent
poser en outre, des problèmes d'interprétation technique ou de
communication avec les techniciens des laboratoires.
Le VO2max peut être déterminé
d'une manière indirecte sur le terrain, à partir de la vitesse de
course d'une certaine durée ou d'une certaine distance (Coleman, 1974,
Cooper, 1968). En effet, il est bien admis que la vitesse, dans les courses
d'une durée supérieure à 3 minutes, est limitée en
grande partie par le VO2max. Plus le VO2max du sujet est
élevé, plus ses performances sur ces distances sont importantes
et vice-versa (Davies et Thompson, 1979 ; Kenney et Hodgson, 1985 ; Pollock,
Jackson et Pate, 1980 ; Coleman, 1974). Il est donc possible d'estimer le
VO2max sur le terrain à partir de la vitesse moyenne d'une
course, à condition que la durée du parcours soit suffisamment
grande pour permettre la mise en jeu effective des processus aérobies,
et de disposer de l'équation ou du nomogramme appropriés
permettant cette estimation.
Les épreuves d'évaluation du VO2max
sur le terrain présentent généralement les mêmes
caractéristiques que celles réalisées au laboratoire.
Elles peuvent comporter des paliers à vitesse progressivement
croissante, comme c'est le cas des épreuves mises au point à
l'Université de Montréal (Léger et Boucher, 1980 ;
Léger et Mercier, 1983 ; Mercier et Léger, 1982), ou elles
comportent un seul palier à la vitesse la plus élevée
possible dont la durée ou la distance varient selon les auteurs, tel le
cas de l'épreuve de Cooper (1968) et de celle de Coleman (1974).
L'inconvénient majeur des épreuves progressives de
l'Université de Montréal réside dans le fait qu'elles
requièrent une bande magnétique préenregistrée du
protocole, laquelle sollicite l'usage d'un magnétophone puissant ou une
sonorisation du stade dans lequel se déroule l'épreuve. La
validité de la formule de prédiction a été
vérifiée en comparant le VO2max prédit avec le
VO2max mesuré sur tapis roulant. Dans l'étude
originale (Léger, 1981), les valeurs moyennes des VO2max
prédits et mesurés étaient identiques. Dans d'autres
études (Lacour et al.,1989), il existe une surestimation
systématique. L'erreur-type de l'estimation était de 2.8
ml/kg/min, c'est-à-dire que 95% des sujets étaient estimés
avec une erreur à 5.6 ml/kg/min dans l'étude originale. Les
épreuves continues, tel que celles de Cooper (12 minutes) et de Coleman
(9 minutes), autorisent une alternance marche-course ; ceci entraîne une
certaine imprécision dans l'estimation du coût
énergétique de l'épreuve du fait que le rendement
énergétique de la course est différent de celui de la
marche (Bhambhani et Singh, 1985 ; Howley et Glover, 1974). D'autre part,
compte tenu de leur durée relativement importante, les résultats
risquent d'être influencés par des facteurs psychologiques, entre
autres, chez les sujets peu motivés. Ces différents
inconvénients ne sont pas en faveur d'une application massive de ces
épreuves pour prédire la consommation maximale
d'oxygène.
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