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L'ONU et la résolution des crises en Afrique centrale: le cas de la crise socio-politique centrafricaine de 2013


par Alban Paul GAZELE LEMBY
Université de Dschang - Master  2020
  

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B- L'accompagnement des forces armées centrafricaines dans les zones sous contrôles des groupes armés

La MINUSCA dans l'optique de restaurer l'autorité de l'État centrafricain a favorisé le déploiement des forces de défense dans les zones contrôlées par les groupes armés. Ce déploiement a été effectué de façon progressive avec l'appui des forces onusiennes mais aussi des instructeurs russes. En effet, il faut savoir que les événements qui se sont déroulées au cours de l'année 2013 en RCA ont mis une fois de plus en évidence les faiblesses et la désorganisation des forces de défense et de sécurité. Mal équipées, et mal entraînées, les FACA ont été incapables d'assurer un minimum de sécurité dans le pays et de faire face à la menace venant du nord-est. Elles se sont effondrées lors de l'arrivée de la Séléka. Elles étaient dispersées, invisibles, et dénuées de toute capacité opérationnelle du fait de la dispersion de leurs personnels, et de la disparition ou destruction de la quasi-totalité de leurs équipements et matériels.

Avec l'appui de la MINUSCA, les membres des FACA qui ont été formés ont progressivement été redéployés à Obo, Paoua, Sibut et Bangassou, parfois accompagnés d'instructeurs russes. Ce redéploiement est accompagné de l'équipement des forces de défense. Même si les partenaires internationaux sont plutôt satisfaits des résultats des FACA dans ces zones85(*), il convient de souligner que les forces ne peuvent pas mener d'opérations sans l'appui opérationnel constant de la MINUSCA et/ou des instructeurs russes, car elles ne disposent ni des capacités ni du soutien logistique requis. Ainsi, entre le 26 janvier et le 7 février 2018, dans le cadre de la coopération militaire entre le Gouvernement russe et le Gouvernement centrafricain et comme les y autorisait une dérogation accordée par le Comité des sanctions du Conseil de Sécurité le 15 décembre 2017, neuf avions transportant des armes et des munitions se sont posés à l'aéroport international M'Poko de Bangui. Les armes et les munitions russes sont progressivement distribuées aux forces de défense et de sécurité nationales déployées à Bangui et au-delà après leur formation. Des membres de la Garde présidentielle, des FACA, de la police, de la gendarmerie et du Ministère de la justice en ont reçu.

Il est à noter que ce déploiement n'a pas été facile c'est ainsi que le 10 juin 2018, des combattants de l'UPC ont attaqué des éléments des FACA accompagnés d'instructeurs russes alors qu'ils traversaient Bambari pour se rendre à Bangassou, blessant deux soldats des FACA et un instructeur russe85(*). La MINUSCA a dû faciliter l'organisation d'une rencontre entre la délégation russe et le chef de l'UPC, Ali Darassa, à Bokolbo le 17 juin, afin d'obtenir des garanties pour le passage du convoi des FACA en toute sécurité.Cet épisode illustre le fait que certains groupes armés peuvent perturber le déploiement des FACA et l'extension de l'autorité de l'État. Le déploiement des forces armées ouvre la voie à la restauration de l'autorité politico-administrative de l'État centrafricain.

* 85LeRapport confidentiel sur la rencontre avec les conseillers russes pour les questions de sécurité à Bangui, le 14 juin 2018, p. 28.

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