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La protection civile des actionnaires dans l'espace OHADA

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par Narcisse Ekwelle Ekane
Université de Dschang-Cameroun - D.E.A. (Diplôme d'Etudes Approfondies) 2008
  

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CONCLUSION DEUXIÈME PARTIE

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La protection des actionnaires contre les actes de gestion des administrateurs et ceux de contrôle des commissaires aux comptes met en exergue des moyens de détection précoce des difficultés auxquelles ces derniers peuvent faire face, ainsi que ceux consécutifs aux investigations opérées dans le cadre de la surveillance de la gestion.

Nombre des ces mesures permettent ainsi aux actionnaires de défendre avec plus ou moins d'efficacité leurs intérêts une fois que ceux-ci sont menacés. Mais, l'étude de ces mécanismes, aura révélé combien il est en réalité périlleux de parvenir à des résultats efficients. D'ailleurs, pour certains actionnaires, c'est un véritable périple que de pouvoir engager des actions en justice contre les pourfendeurs de leurs droits, soit parce qu'ils n'en n'ont pas les moyens, soit parce qu'il leur est matériellement impossible de rapporter la preuve du préjudice par eux subi. De la même manière que, une fois engagée, l'issue de l'action en justice reste incertaine. De plus, même lorsque la décision de justice leur est favorable, le rétablissement dans leurs droits se trouve compromis par l'insolvabilité des personnes condamnées.

C'est la raison pour laquelle, à notre sens, des mesures telles que, l'admission d'une responsabilité sans faute, l'obligation de souscription d'une assurance professionnelle par certains acteurs sociaux, et bien d'autres, seraient de nature à renforcer cette protection.

CONCLUSION GÉNÉRALE

A l'issue de notre analyse, force est de constater que sécuriser effectivement et efficacement les intérêts des investisseurs des sociétés commerciales, notamment ceux des actionnaires dans l'espace OHADA, est un objectif déclaré. Mais le législateur OHADA, pouvait-il seulement agir autrement, à un moment où l'Afrique se trouve confrontée aux impératifs économiques mondiaux et qui, pour y faire face, doit agir de concert par le truchement des regroupements régionaux, ultime solution et réaction au phénomène inévitable et irréversible de la mondialisation économique ou globalisation financière306, la mondialisation de l'économie exigeant l'harmonisation des droits et des pratiques du droit307 ?

En effet, la succession des crises financières et les incertitudes que reflète le débat récurrent sur la pertinence des normes comptables, mais surtout la recherche du mode idéal de gouvernance des sociétés, placent la protection de l'actionnaire au centre d'un débat économique et juridique fondamental. L'actionnaire dans une société cotée, est en effet, en droit de savoir de quelles protections il dispose lorsqu'il investit. Ce qui n'est pas toujours le cas, compte tenu de la complexité croissante du droit applicable.

A ce titre et au terme de notre analyse, on a pu retrouver cette volonté protectionniste du législateur communautaire africain à travers la consécration d'un important arsenal juridique dans différents Actes uniformes mais principalement dans celui relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d'intérêt économique. Ainsi, de la sauvegarde des droits des actionnaires au sein des assemblées générales, à savoir l'exercice des droits politiques et la garantie des droits financiers assortis de sanctions telles l'annulation des actes passés en violation de ces

306 Il faut dire que la mondialisation économique ou globalisation financière a pour principal effet de favoriser la liberté de commerce, notamment la conduite des transactions commerciales au-delà des frontières nationales et internationales en exigeant la levée des barrières douanières et tarifaires, sinon leur amoindrissement selon les termes et exigences même de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

307 M. Aregba Polo, Secrétaire permanent de l'OHADA, au cours d'un exposé au Séminaire de sensibilisation au droit harmonisé, Niamey, les 9 et 10 juin 1999.

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droits sans préjudice d'action en responsabilité tributaire d'un abus à une protection contre les actes de gestion sociaux fautifs, le dessein du législateur est fort clair et louable.

Seulement, il faut dire qu'entre cet objectif déclaré et une protection réelle, beaucoup reste à parfaire. En effet, cette étude nous aura permis de constater que l'entreprise du législateur de sécurisation des investissements est inachevée, ou tout au moins n'est pas exempte de reproches. Aussi, les intérêts des actionnaires sont sans cesse en proie à de nombreuses difficultés et imperfections nonobstant les mesures sécuritaires en place: difficultés de déclenchement d'une action en justice, isolement des actionnaires, absence de détermination de certaines responsabilités, insolvabilité des personnes condamnées à dédommager leurs victimes... Bref, les obstacles sont considérables.

Face à ces lacunes, on ne peut s'empêcher de signaler l'action importante que mène actuellement la jurisprudence africaine dans ses efforts de création du droit, par son oeuvre d'interprétation et d'application du droit là où subsistent des points d'ombre. En effet, à ce jour, nombre de juridictions des Etats parties au Traité OHADA ont eu à se prononcer au moins chacune sur les questions de désignation d'un expert comptable ou de nomination d'un administrateur provisoire308 ; de constatation d'un abus de majorité, de minorité ou d'une mésentente309; d'établissement de la responsabilité d'un dirigeant social310 ou d'un commissaire aux comptes ; admission de nullités avec la plus grande circonspection311 ; admission d'une association d'actionnaire312, etc.

Au total, la protection des actionnaires telle qu'organisée en droit OHADA nous semble satisfaisante. Mais une question nous vient à l'esprit : cette protection, garantit- elle à tous les actionnaires satisfaction totale ? C'est dans la négative et la recherche d'une modernisation achevée du droit des affaires en Afrique que nous nous sommes permis de formuler quelques suggestions. Conscients du déséquilibre qui prévaut dans les sociétés commerciales, une première mesure aura consisté à plaider pour le renforcement de la notion de gouvernement d'entreprises ou «corporate governance » ; l'effectivité du rôle de certains organismes sociaux, afin de permettre à tous les actionnaires de participer effectivement à la gestion de la chose sociale, au processus décisionnel et éviter des mésententes. Il nous a paru tout

308 Cour d'Appel de Cotonou, arrêt n° 256/2000 du 17 août 2000, RG N° 314/2000.

309 Cour d'Appel d'Abidjan, Chambre civile et commerciale, audience du vendredi 25 février 2000.

310 CCJA arrêt n° 015/ 2005 du 24 février 2005, Affaire ANGOUA KOFFI Maurice contre la Société WIN Sarl, Conditions : faute et préjudice, Droit à l'information.

311 Cour d'Appel d'Abidjan, n° 688 du 25 juin 2004.

312 Tribunal Régional Hors Classe de Dakar, Ordonnance des référés n° 235 du 1er mars 1998, club des actionnaires c/ la SONATEL.

aussi important de suggérer la consécration expresse des associations d'actionnaires face à une certaine passivité de ces derniers ; l'obligation de souscription d'une assurance par les dirigeants et les commissaires aux comptes et, l'évolution vers une responsabilité fondée sur le risque dans l'optique d'une indemnisation complète et intégrale en cas de préjudice subi par l'actionnaire.

Par ailleurs, la prise en compte en droit OHADA des nouvelles technologies de l'information et de la communication permettrait aux actionnaires de participer efficacement au processus décisionnel bien qu'étant physiquement absents.

A ce stade, la grande question que l'on est en droit de se poser est celle de savoir si une protection des actionnaires, aussi effective et efficace qu'elle puisse être, serait gage d'un accroissement d'investissements des étrangers, et partant, d'emplois. En d'autres termes, ne peut-on pas envisager un système de protection qui permettrait d'inciter les nationaux à plus d'investissements dans leur propre pays, tout en restant salariés, dans une entreprise dans laquelle ils seraient actionnaires ?

ANNEXES

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ANNEXE 1 : Jurisprudence OHADA - Cameroun

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"Je ne pense pas qu'un écrivain puisse avoir de profondes assises s'il n'a pas ressenti avec amertume les injustices de la société ou il vit"   Thomas Lanier dit Tennessie Williams